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TTIP – Fantasmes et réalités : ça continue !

TTIPLe titre de notre agr’iDébat du 24 mars « TTIP : Fantasmes et réalités » continue de se décliner : d’un côté, Julian Assange lance une très médiatique campagne de financement participatif et promet une récompense de 100 000 $ à qui révélera le texte du Partenariat Transatlantique de Commerce et d’Investissements (TTIP).

 

De l’autre côté, la Direction générale du Commerce de la Commission européenne poursuit son travail de transparence sur le contenu et les enjeux du Partenariat, diffusant un document en 15 langues différentes. Son titre en français est « Au cœur du TTIP – un tour d’horizon et un guide chapitre par chapitre, dans un langage clair », et il est organisé en trois parties : accès au marché, coopération réglementaire, et règles. Notons dans chaque chapitre un souci de pédagogie évident, avec des exemples précis de préoccupations sociétales et les réponses de la Commission, et un appel au dialogue avec la société ou les parties prenantes par exemple, avec les différents moyens de contacter l’équipe de la Commission chargée de la négociation : par téléphone, par courrier, sur le site internet, sur les réseaux sociaux (Twitter), en s’exprimant lors des consultations du public ou des réunions avec les parties prenantes, ou encore en contactant son député européen.

Sur les questions de sécurité alimentaire, santé animale et végétale, on peut lire dans ce document que l’objectif du TTIP est de « coopérer pour dynamiser les exportations de produits alimentaires tout en protégeant les normes strictes de l’UE ». Un exemple illustré dans ce chapitre précise que « l’UE maintiendra ses restrictions sur les hormones ou les activateurs de croissance dans l’élevage, tout comme les Etats-Unis garderont leurs règles sur les contaminants microbiens ».

Sur les droits de propriété intellectuelle, le document de la Commission indique que le domaine des indications géographiques est l’un de ceux dans lesquels elle souhaite particulièrement aller de l’avant. Comme le droit américain permet aux producteurs de protéger les appellations d’origine européennes en tant que marques mais pas en tant qu’indications géographiques, il arrive que l’on trouve en magasin, aux Etats-Unis, des produits qui portent une appellation d’origine de l’UE alors qu’ils n’y ont pas été produits, induisant le consommateur américain en erreur. La Commission indique que « les importations utilisant abusivement des appellations protégées ne pourront jamais se retrouver sur le marché de l’UE ».

Sciences et Avenir : impacts du changement climatique et leviers technologiques d’adaptation

Sciences et Avenir-juillet 2015Le numéro de juillet 2015 du magazine de vulgarisation scientifique Sciences et Avenir consacre un dossier de 18 pages aux impacts du changement climatique dans l’Hexagone, prévus pour 2050. Il met en avant quelques chiffres clé : hausse des températures de 0,6°C à 1,3°C en moyenne nationale, baisse du niveau de l’eau des rivières de 20 à 40%, élévation du niveau de la mer de 17 à 31 cm, éclosion des premiers bourgeons 10 jours plus tôt, et 5 jours supplémentaires de vague de chaleur par an.

Ce numéro fait la part belle aux impacts du changement climatique sur la production viticole. Selon le magazine « les notions de terroir et d’appellation d’origine, telles qu’elles existent actuellement, pourraient perdre leur pertinence », considérant qu’avec une augmentation de 1 à 2°C, les viticulteurs sauront s’adapter dans toutes les régions grâce à de nouveaux cépages et de nouvelles méthodes de vinification, mais qu’en revanche « une augmentation de 4 à 5°C fera éclater la carte française viticole ». Ainsi, la Bretagne deviendrait une zone plus favorable à la production de vin de Bordeaux et l’Alsace à la production de vin de Champagne….

Enfin, Sciences et Avenir propose un article de quatre pages en partenariat avec Arvalis-Institut du Végétal intitulé « agriculture et climat : comment prévoir l’imprévisible ? – vers une agriculture plus intelligente ». Il se concentre sur les différents leviers de hautes technologies dont nous disposons pour adapter la culture des céréales aux dérèglements climatiques à venir. En premier lieu, la génétique : en blé, le progrès génétique a permis de limiter l’impact négatif du changement climatique depuis 1990, et on s’oriente à présent vers des plantes capables de tolérer des grands écarts de température, de résister à la sécheresse, et de survivre aux attaques de divers pathogènes, en particulier des champignons. En maïs, les critères de sélection sont les suivants : précocité de semis, résistance aux basses températures, tolérance à la sécheresse (voir les documents liés à l’agr’iDay Semences : une pépite française du 24 juin 2015).

Le second levier identifié dans cet article est « l’agriculture 3.0 », agriculture de précision qui utilise le numérique, les outils d’aide à la décision, les plateformes logicielles, la télédétection, le GPS. Dernier levier : la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Cela est possible en captant l’azote et en stockant le carbone : limitation des apports d’engrais azotés de synthèse, utilisation des sources d’azote organique, introduction des légumineuses dans la rotation des cultures, comme plantes compagnes stockant le carbone dans le sol, augmentation des rendements.