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Quels impacts des biotechnologies sur les filières semences?

Le 5ème colloque de l’Association Française des Biotechnologies Végétales (AFBV) s’est tenu le 6 octobre 2015, en partenariat avec notre think tank saf agr’iDées. Une partie des discussions ont repris des conclusions du colloque de 2014, qui s’était intéressé aux compatibilités entre les biotechnologies et l’agroécologie (voir notre analyse sur ce point), mais le colloque 2015 s’est plus largement focalisé sur les impacts des biotechnologies sur les  filières semences. Il s’est inscrit en complément de notre agr’iDay du 24 juin qui était intitulé “Les semences, une pépite française” comme l’a souligné Gérard Matheron, Administrateur de Saf agr’iDées, en ouvrant le colloque avec Georges Pelletier, président de l’AFBV. G. Matheron a ainsi rappelé certains messages clé de l’agr’iDay : les semences, richesse méconnue, concentré de valeurs, jouent un rôle primordial au service de la durabilité de l’agriculture. Les enjeux actuels nous imposent d’apporter réponse à des questions importantes : améliorer la productivité de l’agriculture, s’adapter aux changements climatiques, permettre des économies d’intrants répondre à la segmentation des filières de transformation sur l’ensemble de la chaîne de valeurs.

 

Parmi les nombreuses interventions composant ce colloque, retenons quelques phrases clé : “on peut faire de bonnes semences avec de mauvaises variétés et de mauvaises semences avec de bonnes variétés” selon Jean-Christophe Gouache, directeur des affaires internationales de Limagrain. Bernard Le Buanec, membre de l’Académie d’Agriculture de France, a rappelé que la création variétale est une activité onéreuse à laquelle les entreprises semencières consacrent 10 à 15% de leur chiffre d’affaires, selon les espèces. Pour sa part, André Gallais, professeur honoraire d’AgroParisTech, a avancé le concept intéressant de “diversité génétique utile” (pour les agriculteurs, les filières, l’environnement par exemple) : pour lui, « la diversité des ressources génétiques à la disposition du sélectionneur est encore assez importante au niveau mondial, ce qui permet d’assurer à la fois un maintien de la diversité des variétés et un progrès génétique sur les différents caractères d’intérêt pour l’agriculteur”.

 

Colloque sur le partage des données pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement

COcap-GWwAAuwZCLe 4 septembre, l’Institut Agronomique, Vétérinaire et Forestier de France (IAVFF, ex-Agreenium) a organisé un colloque scientifique intitulé « partage des données pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement – des opportunités pour innover et créer de la valeur ». Si les présentations sont souvent restées conceptuelles et ont malheureusement manqué de concret en associant insuffisamment les opérateurs privés qui auraient eu une approche plus opérationnelle, il ressort néanmoins de ce colloque des éléments très intéressants :

Le G8 a donné une feuille de route aux gouvernements dès 2012 pour travailler sur les données ouvertes en agriculture, ce qui explique que l’INRA travaille sur cette question : son conseil scientifique a rendu un rapport sur la gestion et le partage des données en 2012.

Peut-on vraiment parler de « big data » en agriculture, la masse de données générée dans ce secteur étant très importante mais bien moins que dans les sciences du climat par exemple ?

Le terme de « données ouvertes » ou « open data » contient la notion de mise à disposition des données brutes ou élaborées, et est chère à l’INRA, organisme de recherche publique, en lien avec le partage des données.

Pendant les trente dernières années, la donnée est passée du statut de produit de luxe à commodité. On s’interroge donc aujourd’hui sur sa valeur : matière première (qui ne s’épuise pas quand on la consomme, et dans la valeur dans sa réutilisation), levier, ou actif stratégique ?

Il existe un foisonnement d’initiatives et d’usages des données massives en agriculture : stockage du carbone dans les sols, agroécologie, biotechnologies, agriculture de précision. Ils remettent en question et modifient les métiers des conseillers agricoles auprès des agriculteurs.

La mission agriculture-innovation 2025 va prochainement remettre ses recommandations au ministre de l’agriculture. Parmi celles-ci, on trouvera très probablement la proposition d’un portail des données agricoles pour l’innovation ouverte, dont la gouvernance serait dominée par la profession agricole.

De nouvelles plantes pour répondre aux grands enjeux mondiaux

p 8 IMG_9547On assiste aujourd’hui à une diversification considérable des plantes mises au point par les biotechnologies afin de répondre à divers enjeux économiques, environnementaux et sociaux.

 

Retrouvez cet article à la page 8 du numéro 216 de la Revue Agriculteurs de France.

 

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