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Récolte mondiale record en blé – très bonne récolte en France

D’après les dernières estimations de FranceAgriMer, Arvalis et Terres Innovia, la production française de blé tendre atteindrait 40,4 millions de tonnes en, 2015, soit une augmentation de 8% par rapport à 2014, en raison d’une augmentation des surfaces et des rendements (78,3 q/ha). En termes de qualité, les taux de protéines moyens devraient se situer entre 10,5% et 11,5%, les poids spécifiques et Hagbergs sont satisfaisants. Le temps très chaud et sec de fin juin et début juillet n’a donc pas impacté les rendements, et devrait même avoir un effet positif sur la qualité des récoltes, dont les faibles taux d’humidité constituent un atout à l’exportation, notamment vers l’Egypte (selon Agritel, repris par Bloomberg).

Cette progression de la production française s’inscrit dans une baisse de 6% de la production européenne, avec des réductions enregistrées en Allemagne, au Royaume-Uni, en Pologne, en Roumanie et en Espagne, d’après l’association européenne des industriels des céréales et oléagineux (COCERAL). La récolte de l’UE devrait atteindre 139,4 millions de tonnes.

Les dernières estimations de l’USDA ont revu à la hausse les niveaux de récoltes russe (60 millions de tonnes) et ukrainienne (25,5 millions de tonnes), bénéficiant de bons rendements, et on parle là aussi de récoltes record (Irish Farmers Journal). Ces blés d’origine Mer Noire devraient entrer directement en concurrence avec les blés français sur les marchés d’exportation. Cependant, notons que les exportations de blé sont taxées en Russie depuis le 1er juillet et que le coût de transport par camion a été relevé en Russie depuis fin juillet (Reuters).

Au final, la récolte mondiale de blé devrait atteindre 726,5 millions de tonnes, un record, ce qui devrait peser sur les cours…

Blé : enjeux géopolitiques et diplomatie économique

FOND EMAILING« L’avenir de la production française de blé est aussi hors de nos frontières » a réaffirmé Matthias FEKL, secrétaire d’Etat en charge du commerce extérieur lors du colloque organisé par l’AGPB et l’IRIS le 18 juin 2015 sur le thème « Le blé – enjeux géopolitiques et diplomatie économique ». « Un tiers de nos exportations de blé partent vers le Bassin Méditerranéen et 1 hectare de blé français sur 5 est consommé dans une assiette au Magreb » a précisé Sébastien ABIS, chercheur à l’IRIS et administrateur au CIHEAM, en soulignant l’interdépendance entre ces deux zones.

En dépit d’une concurrence croissante sur un produit devenu une commodité et d’une demande en progression mais soucieuse de qualité, les céréaliers français entendent toutefois tenir leur rang parmi les grands exportateurs mondiaux. « Nous sommes contraints à être plus performants, à utiliser les innovations les plus récentes, à être les meilleurs » a souligné Philippe PINTA, président de l’AGPB.

Au-delà de la diplomatie économique, encouragée par Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, les opérateurs sur le marché du blé attendent aussi des leviers susceptibles d’améliorer la compétitivité du blé français, en plus de l’impact du change euro/dollar. Pour Jean-François LEPY, directeur de Soufflet Négoce, l’entretien du réseau capillaire des voies ferroviaires françaises permettrait de réduire le coût d’acheminement ferme-navire. Autre exemple, la mise en place d’un mécanisme de garantie financière accordée à un gouvernement permettrait de stabiliser les relations commerciales. La réactivation récente par les USA de la ligne de crédit PL-480 a d’ailleurs permis à l’Egypte d’acheter 290 000 t de blé américain en février dernier. Même si les enjeux politiques sont importants, le facteur financier reste déterminant sur le marché du blé, à un moment où la solvabilité des acheteurs est de plus en plus importante.