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COP21 – La contribution du secteur des terres ne se borne pas au stockage du carbone dans les sols !

invitationL’initiative du 4 pour 1000, annoncée par le ministre de l’agriculture le 17 mars à Montpellier lors de la conférence scientifique internationale sur l’agriculture climato-intelligente, défendue par la France dans l’enceinte de l’OCDE le 16 septembre, s’est internationalisée le 1er décembre à l’occasion de la COP21. Intitulée « 4 pour 1000 : les sols pour la sécurité alimentaire et le climat », elle a reçu le soutien de plus de 100 Etats et organisations (recherche, ONG, professionnelles, fonds privés).

C’est une belle reconnaissance de cette contribution efficace et spécifique à l’agriculture et à la forêt à atténuer le changement climatique en stockant le carbone, et ainsi éviter les émissions de CO2 dans l’atmosphère, grâce à cette ingénieuse pompe à carbone naturelle qu’est la photosynthèse. Une belle reconnaissance aussi des efforts des agriculteurs et des chercheurs qui ont mis en place des pratiques efficaces de stockage de carbone dans les sols en travaillant sur leur teneur en matière organique, les couverts végétaux, le travail du sols simplifié par exemple.

Et pourtant, limiter la contribution du secteur des terres au stockage du carbone dans les sols est très réducteur. C’est tout d’abord le cantonner au secteur primaire. C’est oublier que l’agriculture et forêt font parties intégrantes des chaînes de valeurs qui transforment les productions en produits alimentaires et non-alimentaires à partir de la biomasse, en énergies renouvelables, dans le système de la bioéconomie.

Comme l’ont montré notre agr’iDay du 18 novembre « agriculture et bioéconomie, des solutions pour le climat » et les Rencontres de Droit Rural du 26 novembre « Forêt : le réveil de la Belle Endormie ? », les rôles des secteurs agricoles et forestiers sont bien plus divers pour répondre au changement climatique : le stockage du carbone se fait non seulement dans les sols, mais également dans les végétaux « sur pied » (plantes cultivées et arbres) ; l’agriculture et la forêt sont sources d’énergies renouvelables : biocarburants de première et deuxième génération, électricité, biogaz et chaleur ; et enfin elles sont sources de valorisations innombrables par la bioéconomie avec la chimie du végétal permettant de « défossiliser » l’économie en y intégrant des produits biosourcés (biomatériaux, biomolécules, ingrédients par exemple).

Malheureusement, la conférence organisée à la COP21 dans l’Espace Générations Climat (ouvert au public) le 2 décembre et qui devait illustrer les efforts des entreprises du monde agricole, agroalimentaire et forestier français mobilisées face au changement climatique, s’est cantonné aux actions menées dans le cadre de l’agroécologie, donnant peu la parole aux entreprises privées, abordant à peine la valorisation de la biomasse et la bioéconomie, et pas du tout l’énergie.

Qu’est-il donc advenu de l’agriculture intelligente face au climat, concept bien plus large et interdisciplinaire (impliquant non seulement l’agroécologie et les sols, mais aussi la génétique, l’agronomie, ou la bioéconomie). Un concept multi-acteurs également, impliquant non seulement des Etats, des ONG, des organisations de recherche, et des entreprises…. Pourquoi se priver de ces dernières pour répondre efficacement aux enjeux climatiques ? Créatrices de valeurs, d’emplois, d’innovations technologiques, investissant dans la recherche… les enjeux climatiques sont trop graves pour se passer des solutions proposées par ces parties prenantes, dans les actions internationales sur le climat.

 

Pour suivre Marie-Cécile Damave sur twitter : @MarieCecile75

Miser sur les énergies renouvelables pour décarboner l’économie

L’énergie est au cœur des enjeux climatiques. Ce secteur est en effet responsable de 35% des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial, 33% dans l’Union européenne (UE), et 18% pour la France (un chiffre bien plus faible que les deux précédents en raison de la part du nucléaire dans le bouquet énergétique national). De nombreux acteurs économiques et politiques sont donc mobilisés pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de ce secteur en diminuant la dépendance aux énergies fossiles, en augmentant la part des énergies renouvelables, et améliorant l’efficacité énergétique. C’est dans ce contexte qu’a été officiellement lancée le 30 novembre à Paris, en marge de la COP21, l’initiative « Mission Innovation » qui vise à « accélérer la révolution vers une énergie propre », et où 20 pays sont impliqués, dont la France. Plusieurs partenaires privés dont le milliardaire Bill Gates lancent également la « Breakthrough Energy Coalition » (littéralement, « Coalition pour une énergie de rupture »), qui finance des transferts d’innovation pour la production d’énergies propres.

 

Le 23 novembre, à quelques jours de l’ouverture de la COP21, le décret définissant la stratégie nationale bas-carbone (SNBC) pour le climat de la France a été publié au journal officiel. Remarquons que la SNBC est en ligne avec la politique énergétique de l’UE, débattue le 24 novembre dernier au Parlement européen après publication de l’Etat de l’Union de l’énergie : un de ses piliers est la décarbonisation de l’économie. « La SNBC définit la marche à suivre pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Elle met en œuvre la transition vers une économie bas-carbone », indique le site du gouvernement. La SNBC fixe un objectif de réduction de l’empreinte carbone nationale et par secteur, et permet de mobiliser des financements publics et privés pour la transition énergétique. La SNBC a pour objectif une baisse de 12% des émissions entre 2013 et 2028 pour le secteur agricole « grâce à la mise en œuvre du projet agroécologique : méthanisation, couverture des sols, maintien des prairies, développement de l’agroforesterie et optimisation de l’usage des intrants » précise le document.

 

IMG_1851Ce sont précisément ces différents axes qui ont été développés lors de notre agr’iDay « agriculture et bioéconomie, des solutions pour le climat » du 18 novembre 2015, dans la table ronde intitulée « agriculture, des productions et des ressources » et dans la session « compatibilité entre productivité et enjeux climatiques ». Cependant, les contributions de l’agriculture à atténuer le changement climatique ne se bornent pas au champ. Le secteur des terres (agriculture et forêt) est en effet intégré dans la bioéconomie, qui permet de substituer au carbone fossile du carbone renouvelable, et ainsi « défossiliser » l’économie, grâce au carbone organique. C’était l’objet de la session « mobilisation des acteurs à travers le monde », et de la table ronde « valorisation du carbone biosourcé par la bioéconomie » de l’agr’iDay.

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infographie AGPB

 

 

 

 

 

 

Les céréales sont une formidable pompe à carbone, grâce à la photosynthèse : elles captent dans l’atmosphère des quantités de gaz carbonique 7 fois plus importantes qu’il en est émis pour les produire. « Ce phénomène les différencie, comme la forêt, des autres secteurs de production humaine » indique l’AGPB, qui dans la cadre de la COP21, lance une série d’infographies pour démontrer la contribution positive de son secteur.

#cereales #pompeacarbone #COP21

Retour en vidéos sur l’Agr’iDay du 18 novembre 2015 – Agriculture et bioéconomie, des solutions pour le climat

Notre think tank saf agr’iDées et la Fondation Jacques de Bohan ont organisé un événement labellisé COP21, plaçant l’agriculture et la bioéconomie au cœur des solutions pour répondre au changement climatique. Nous vous donnons la possibilité de voir ou de revoir cette journée de débats qui a accueilli 18 intervenants et une centaine de participants.

Retrouvez sur notre chaîne You Tube “En quelques mots”, le film vidéo du colloque et l’intégralité du colloque, séquence par séquence :

En quelques mots Agr'iDay "Agriculture et bioéconomie, des solutions pour le climat" -18/11/2015

Retour en quelques mots sur notre Agr'iDay "Agriculture et bioéconomie, des solutions pour le climat", organisé par Saf agr'iDées et la Fondation Jacques de Bohan le mercredi 18 novembre 2015.

Introduction de P. Ferrère -Agr'iDay "Agriculture et bioéconomie, des solutions pour le climat"

Introduction Patrick Ferrère, Délégué Général de Saf agr'iDées

"Agriculture et bioéconomie face aux enjeux du carbone"-C. Roy-Agr'iDay 18/11/2015

Intervention de Claude Roy, président du club des bioéconomistes

Table ronde "Agriculture : des productions et des ressources" -Agr'iDay 18/11/2015

Table ronde "Agriculture : des productions et des ressources" - Catherine Halbwachs, Déléguée Générale à la stratégie et prospective, CFE-CGC ; Olivier Compès, Directeur régional, ERDF ; Anthony Mazzenga, Délégué stratégie, GRDF ; Patrice Durand, Directeur, FNEDT; Alain Karsenty, Directeur de recherche, CIRAD

Compatibilité entre agriculture productive & climat--Agr'iDay 18/11/2015

"Compatibilité entre agriculture productive et enjeux climatiques" Jean-François Soussana, Directeur scientifique environnement, INRA ; Christian Rousseau, Président délégué en charge de l'agriculture et de l'innovation, Vivescia ; Maximin Charpentier, Président, Association "Agroressources et bioéconomie demain"

Mobilisation des acteurs dans le monde - Agr'iDay 18/11/2015

Mobilisation des acteurs dans le monde Marco Marzano de Marinis, Directeur Général, Organisation mondiale des agriculteurs (OMA) ; Dirk Carrez, Directeur exécutif, consortium des industries biosourcées (BIC)

Table ronde "Valorisation du carbone biosourcé"-Agr'iDay 18/11/2015

Table ronde " Valorisation du carbone biosourcé par la bioéconomie" - Philippe Lecouvey, Mission "Agriculture-Innovation 2025", Directeur, ACTA ; Julien Dugué, Chargé de mission bioéconomie, Ministère de l'Agriculture ; Christophe Rupp-Dahlem, Président, ACDV ; Thierry Stadler, Président, IAR ; Ian Hudson, Président, Dupont Europe

Conclusion de O. de Bohan-Agr'iDay "Agriculture et bioéconomie"

Conclusion d'Olivier de Bohan, Président de Cristal Union et de la Fondation Jacques de Bohan


 

 

 

Sur notre site internet la page dédiée à cet agr’iDay, nous vous donnons également accès aux points clés de la journée rédigés par Marie-Cécile Damave, Responsable Innovation et marchés à saf agr’iDées.

L’Initiative 4‰ : les sols pour la sécurité alimentaire et le climat

4pour1000Le 1er décembre 2015 à Paris.  Lancement officiel dans le cadre de la COP21, de l’Initiative « 4 pour 1 000 : les sols pour la sécurité alimentaire et le climat ». C’est un programme de recherche international sur la séquestration du carbone dans les sols, une des contributions de l’agriculture et de l’ensemble du secteur des terres, dont la forêt, à l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Plus d’informations : http://agriculture.gouv.fr/formulaires/index.php/659214

Colloque sur le partage des données pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement

COcap-GWwAAuwZCLe 4 septembre, l’Institut Agronomique, Vétérinaire et Forestier de France (IAVFF, ex-Agreenium) a organisé un colloque scientifique intitulé « partage des données pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement – des opportunités pour innover et créer de la valeur ». Si les présentations sont souvent restées conceptuelles et ont malheureusement manqué de concret en associant insuffisamment les opérateurs privés qui auraient eu une approche plus opérationnelle, il ressort néanmoins de ce colloque des éléments très intéressants :

Le G8 a donné une feuille de route aux gouvernements dès 2012 pour travailler sur les données ouvertes en agriculture, ce qui explique que l’INRA travaille sur cette question : son conseil scientifique a rendu un rapport sur la gestion et le partage des données en 2012.

Peut-on vraiment parler de « big data » en agriculture, la masse de données générée dans ce secteur étant très importante mais bien moins que dans les sciences du climat par exemple ?

Le terme de « données ouvertes » ou « open data » contient la notion de mise à disposition des données brutes ou élaborées, et est chère à l’INRA, organisme de recherche publique, en lien avec le partage des données.

Pendant les trente dernières années, la donnée est passée du statut de produit de luxe à commodité. On s’interroge donc aujourd’hui sur sa valeur : matière première (qui ne s’épuise pas quand on la consomme, et dans la valeur dans sa réutilisation), levier, ou actif stratégique ?

Il existe un foisonnement d’initiatives et d’usages des données massives en agriculture : stockage du carbone dans les sols, agroécologie, biotechnologies, agriculture de précision. Ils remettent en question et modifient les métiers des conseillers agricoles auprès des agriculteurs.

La mission agriculture-innovation 2025 va prochainement remettre ses recommandations au ministre de l’agriculture. Parmi celles-ci, on trouvera très probablement la proposition d’un portail des données agricoles pour l’innovation ouverte, dont la gouvernance serait dominée par la profession agricole.