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Rencontres parlementaires pour les énergies renouvelables

RP-EnRLes 7e rencontres parlementaires des énergies renouvelables se sont tenues le 24 mai à Paris, associant députés et sénateurs, parties prenantes, représentants de l’administration et le think tank La Fabrique Écologique. Cet événement se situait dans le contexte post-COP21 et a finalement tiré un bilan assez mitigé du développement des énergies renouvelables dans notre pays. Si les multiples actions nationales (loi pour la transition énergétique, Programme Investissement d’Avenir, …) et locales (territoires à énergie positive…) sont nombreuses et diverses, il reste comme un goût d’inachevé : les énergies renouvelables ne représentent aujourd’hui que 14% de la consommation énergétique en France, et l’engagement national de 23% d’ici 2020 risque de ne pas être atteint, comme l’a souligné la sénatrice du Bas-Rhin Fabienne Keller.

 

Explications de Guéraud Guibert, président du think tank La Fabrique Ecologique, qui vient de publier une note « La loi de 2015 sur la transition énergétique : des objectifs ambitieux, une mise en œuvre pour le moment décevante » : il s’agit de renforcer les efforts en matière de recherche et innovation, et de mieux mesurer le coût de l’application de la réglementation. D’autre part, le système de gouvernance en France demeure très centralisé alors que les enjeux se situent au niveau des territoires.

 

Le contexte de surabondance d’énergie fossile à bas prix, de surcapacité de production d’électricité en France, n’est évidemment pas favorable au développement des énergies renouvelables, tout comme un prix du carbone trop faible. Divers intervenants ont illustré le fait que les évolutions technologiques en cours permettaient à certaines énergies renouvelables de devenir de plus en plus compétitives. Pour Arnaud Chaperon, de la direction Energies nouvelles de Total, le solaire sera dans quelques années la source d’énergie la plus compétitive, puisque l’extension du parc installé s’accompagne de la baisse des coûts.

 

Sujet devenu quasiment tabou, les filières des biocarburants n’ont pas été évoquées. Elles se sont pourtant développées depuis une vingtaine d’années sur nos territoires, permettant à la France d’être un des principaux producteurs de biodiesel et de bioéthanol en Europe, avec l’Allemagne et les Pays-Bas. Regrettons qu’aucun représentant du monde agricole ne soit intervenu, et que nos secteurs n’aient été évoqués qu’à travers la méthanisation ou la biomasse source de chaleur et électricité. Pourtant, les exploitations agricoles sont au cœur de solutions diverses pour répondre aux enjeux énergétiques et climatiques, comme l’a montré notre agr’iDay du 18 novembre 2015 : « Agriculture et bioéconomie, des solutions pour le climat ».

Une grille de lecture de la COP21

L’association La Fabrique Ecologique a organisé le 10 décembre dans la partie ouverte au grand public de la COP21 (Espace Générations Climat) un atelier intitulé « quelle grille de lecture de la COP ? ».  Ces échanges ont mis en avant les conclusions d’une note préparée par La Fabrique Ecologique intitulée « Rendre utile la COP21 – De l’international au national : l’impact des négociations climatiques sur l’action publique », et ont fait le point sur l’état d’avancement des négociations à la COP21, qui arrivent dans leur phase finale.

C’est dans un esprit ouvert, constructif et international que les échanges se sont déroulés lors de cette réunion : les principales leçons tirées par la note étant que (1) le processus des COP a un intérêt en soi, obligeant les acteurs à se positionner chaque année et à formuler des propositions, (2) le concept des co-bénéfices prend de l’importance dans les négociations, en particulier en termes de développement économique et d’amélioration des conditions de vie, (3) le caractère juridiquement contraignant des engagements n’est pas la panacée et a finalement une importance relative, et (4) les effets d’entraînement sur la société civile sont positifs, le monde des entreprises, de la finance, et des collectivités locales notamment s’impliquant de manière significative. Cependant, La Fabrique Ecologique a également souligné le manque d’éléments de transparence et de lecture (la définition d’outils de mesure à utiliser par exemple) des négociations des COP.

Les participants à cette réunion ont relevé certains éléments importants des négociations en cours à la COP21 : il est important de ne pas considérer à l’avance les négociations comme un succès ou un échec, mais plutôt comme une dynamique ; il existe différents agendas internationaux qui doivent être cohérents (Objectifs de Développement Durable et COP en particulier) ; les pays négociateurs ont des positions très hétérogènes, certains ayant des ambitions élevées et d’autres faibles, selon leurs priorités politiques et leurs moyens ; il existe des engagements entre Etats (Chine et Etats-Unis par exemple) ; les collectivités locales peuvent jouer un rôle de locomotive pour relever les ambitions des Etats, et ne doivent donc pas être négligées (cas de la Californie pour les Etats-Unis et du Québec pour le Canada) ; les engagements pris en parallèle des négociations des Etats sont très importants (implication des entreprises ou de milliardaires dans les programmes d’énergie propres par exemple).

 

 

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COP21 – La contribution du secteur des terres ne se borne pas au stockage du carbone dans les sols !

invitationL’initiative du 4 pour 1000, annoncée par le ministre de l’agriculture le 17 mars à Montpellier lors de la conférence scientifique internationale sur l’agriculture climato-intelligente, défendue par la France dans l’enceinte de l’OCDE le 16 septembre, s’est internationalisée le 1er décembre à l’occasion de la COP21. Intitulée « 4 pour 1000 : les sols pour la sécurité alimentaire et le climat », elle a reçu le soutien de plus de 100 Etats et organisations (recherche, ONG, professionnelles, fonds privés).

C’est une belle reconnaissance de cette contribution efficace et spécifique à l’agriculture et à la forêt à atténuer le changement climatique en stockant le carbone, et ainsi éviter les émissions de CO2 dans l’atmosphère, grâce à cette ingénieuse pompe à carbone naturelle qu’est la photosynthèse. Une belle reconnaissance aussi des efforts des agriculteurs et des chercheurs qui ont mis en place des pratiques efficaces de stockage de carbone dans les sols en travaillant sur leur teneur en matière organique, les couverts végétaux, le travail du sols simplifié par exemple.

Et pourtant, limiter la contribution du secteur des terres au stockage du carbone dans les sols est très réducteur. C’est tout d’abord le cantonner au secteur primaire. C’est oublier que l’agriculture et forêt font parties intégrantes des chaînes de valeurs qui transforment les productions en produits alimentaires et non-alimentaires à partir de la biomasse, en énergies renouvelables, dans le système de la bioéconomie.

Comme l’ont montré notre agr’iDay du 18 novembre « agriculture et bioéconomie, des solutions pour le climat » et les Rencontres de Droit Rural du 26 novembre « Forêt : le réveil de la Belle Endormie ? », les rôles des secteurs agricoles et forestiers sont bien plus divers pour répondre au changement climatique : le stockage du carbone se fait non seulement dans les sols, mais également dans les végétaux « sur pied » (plantes cultivées et arbres) ; l’agriculture et la forêt sont sources d’énergies renouvelables : biocarburants de première et deuxième génération, électricité, biogaz et chaleur ; et enfin elles sont sources de valorisations innombrables par la bioéconomie avec la chimie du végétal permettant de « défossiliser » l’économie en y intégrant des produits biosourcés (biomatériaux, biomolécules, ingrédients par exemple).

Malheureusement, la conférence organisée à la COP21 dans l’Espace Générations Climat (ouvert au public) le 2 décembre et qui devait illustrer les efforts des entreprises du monde agricole, agroalimentaire et forestier français mobilisées face au changement climatique, s’est cantonné aux actions menées dans le cadre de l’agroécologie, donnant peu la parole aux entreprises privées, abordant à peine la valorisation de la biomasse et la bioéconomie, et pas du tout l’énergie.

Qu’est-il donc advenu de l’agriculture intelligente face au climat, concept bien plus large et interdisciplinaire (impliquant non seulement l’agroécologie et les sols, mais aussi la génétique, l’agronomie, ou la bioéconomie). Un concept multi-acteurs également, impliquant non seulement des Etats, des ONG, des organisations de recherche, et des entreprises…. Pourquoi se priver de ces dernières pour répondre efficacement aux enjeux climatiques ? Créatrices de valeurs, d’emplois, d’innovations technologiques, investissant dans la recherche… les enjeux climatiques sont trop graves pour se passer des solutions proposées par ces parties prenantes, dans les actions internationales sur le climat.

 

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Miser sur les énergies renouvelables pour décarboner l’économie

L’énergie est au cœur des enjeux climatiques. Ce secteur est en effet responsable de 35% des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial, 33% dans l’Union européenne (UE), et 18% pour la France (un chiffre bien plus faible que les deux précédents en raison de la part du nucléaire dans le bouquet énergétique national). De nombreux acteurs économiques et politiques sont donc mobilisés pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de ce secteur en diminuant la dépendance aux énergies fossiles, en augmentant la part des énergies renouvelables, et améliorant l’efficacité énergétique. C’est dans ce contexte qu’a été officiellement lancée le 30 novembre à Paris, en marge de la COP21, l’initiative « Mission Innovation » qui vise à « accélérer la révolution vers une énergie propre », et où 20 pays sont impliqués, dont la France. Plusieurs partenaires privés dont le milliardaire Bill Gates lancent également la « Breakthrough Energy Coalition » (littéralement, « Coalition pour une énergie de rupture »), qui finance des transferts d’innovation pour la production d’énergies propres.

 

Le 23 novembre, à quelques jours de l’ouverture de la COP21, le décret définissant la stratégie nationale bas-carbone (SNBC) pour le climat de la France a été publié au journal officiel. Remarquons que la SNBC est en ligne avec la politique énergétique de l’UE, débattue le 24 novembre dernier au Parlement européen après publication de l’Etat de l’Union de l’énergie : un de ses piliers est la décarbonisation de l’économie. « La SNBC définit la marche à suivre pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Elle met en œuvre la transition vers une économie bas-carbone », indique le site du gouvernement. La SNBC fixe un objectif de réduction de l’empreinte carbone nationale et par secteur, et permet de mobiliser des financements publics et privés pour la transition énergétique. La SNBC a pour objectif une baisse de 12% des émissions entre 2013 et 2028 pour le secteur agricole « grâce à la mise en œuvre du projet agroécologique : méthanisation, couverture des sols, maintien des prairies, développement de l’agroforesterie et optimisation de l’usage des intrants » précise le document.

 

IMG_1851Ce sont précisément ces différents axes qui ont été développés lors de notre agr’iDay « agriculture et bioéconomie, des solutions pour le climat » du 18 novembre 2015, dans la table ronde intitulée « agriculture, des productions et des ressources » et dans la session « compatibilité entre productivité et enjeux climatiques ». Cependant, les contributions de l’agriculture à atténuer le changement climatique ne se bornent pas au champ. Le secteur des terres (agriculture et forêt) est en effet intégré dans la bioéconomie, qui permet de substituer au carbone fossile du carbone renouvelable, et ainsi « défossiliser » l’économie, grâce au carbone organique. C’était l’objet de la session « mobilisation des acteurs à travers le monde », et de la table ronde « valorisation du carbone biosourcé par la bioéconomie » de l’agr’iDay.

COP21

cop-21_article_photoDu 30 novembre au 11 décembre 2015 à Paris. La 21ème Conférence des Nations-Unies sur le changements climatiques rassemblera les pays désireux d’agir pour le climat. Elle rassemblera près de 40 000 participants – délégués représentants chaque pays, observateurs, membres de la société civile…

Retrouvez l’agenda des événements agricoles et forestiers autour de la COP21, ici.

3ème Forum Franco-Québécois Bois&Forêt

Forum Franco Québécois Bois&ForetDu 2 au 4 novembre 2015 à Paris. Depuis 2013, le Forum Franco-Québécois Bois&Forêt est le rendez-vous annuel de rencontres et d’échanges pour l’ensemble des acteurs de la filière. Dans la perspective de la Conférence Paris Climat 2015, cette troisième édition du Forum s’enrichi d’un volet international en ouvrant les débats à l’ensemble des pays de la Francophonie.
Plus d’informations et inscription : http://www.forumboisforet2015.com/

La COP21 s’invite au Forum annuel et à la réunion ministérielle de l’OCDE

logo-tous-ensembleLa Semaine de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economiques) vient de s’achever au siège de l’organisation à Paris. Elle s’est ouverte avec le Forum 2015 les 2 et 3 juin, placé sous le thème «investir dans l’avenir – société, durabilité, prospérité », suivie de la réunion ministérielle des pays membres de l’OCDE. Cette semaine fut comme chaque année l’occasion de réunir plusieurs centaines de personnalités : ministres, experts internationaux et personnalités du monde universitaire, des entreprises et de la société civile.

 

A noter que cette année la COP21 (qui aura lieu à Paris en fin d’année) a été évoquée par Helen Clark, Administratrice du Programme de Développement des Nations Unies (UNDP), lors de l’ouverture du Forum, aux côtés du Secrétaire Général de l’OCDE. Elle a rappelé que les Objectifs de Développement Durable (en anglais, « Sustainable Development Goals ») seront adoptés lors du Sommet au siège des Nations Unies à New York en septembre prochain, étape importante précédant la COP21. Ségolène Royal, ministre française de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, faisait également partie des personnalités qui ont ouvert le Forum de l’OCDE. Elle a réaffirmé la priorité politique de la COP21 pour une nouvelle économie décarbonnée afin de lutter contre le changement climatique, au service de la prospérité et du développement. La ministre a considéré qu’il était temps de « passer de la bataille des idées à la bataille de l’action » en mobilisant tous les acteurs. Elle a cité plusieurs types d’actions permettant de réduire les émissions de gaz à effet de serre, et plus particulièrement l’économie circulaire, l’agroécologie et l’agroforesterie, la chimie verte, et la fabrication de matériaux biosourcés.

 

La réunion du Conseil de l’OCDE au niveau des ministres a mis l’accent sur la nécessité de libérer les investissements au service d’une croissance durable et de l’emploi. Le document résumant les points abordés lors de cette réunion indique que les ministres appellent à un accord ambitieux et complet lors de la COP21, et invitent l’OCDE à continuer à soutenir les actions nationales et internationales en faveur du climat. Les ministres ont bien accueilli le tout récent rapport de l’OCDE, de l’Agence Internationale de l’Energie (IEA), de l’Agence pour l’énergie nucléaire (NEA) et du Forum international des transports (ITF) intitulé « Aligner les politiques pour la transition vers une économie bas carbone », qui aborde cette question pour les échanges commerciaux, l’énergie, l’électricité, les transports, et le secteur des terres. A noter également que les ministres ont abordé le sujet de la gouvernance de l’eau, et plus particulièrement les principes de l’OCDE résumés dans un document qui vient d’être publié.