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Investisseurs américains en France : moral en hausse !

Depuis 1995, la Chambre de commerce américaine en France publie chaque année un baromètre analysant le moral des investisseurs américains en France. L’édition 2016 vient de sortir. Ses principales conclusions sont les suivantes :

  • Les Américains sont plus optimistes sur l’évolution du contexte économique en France: en effet, 49% des dirigeants interrogés estiment que l’évolution du contexte économique sera positive, soit une progression de 12 points par rapport à 2015.
  • Si la rigidité du marché du travail et la fiscalité continuent à dissuader certains investisseurs américains de choisir la destination France, l’attractivité de notre pays progresse fortement, passant de 18% en 2015 à 30% en 2016 de perception positive pour les maisons mères des entreprises américaines. Mais le haut niveau de 2011 est encore loin : 56%.
  • Les moteurs d’attractivité de la France se renouvellent, avec le numérique: la France est reconnue par plus de 81% des dirigeants américains comme une terre d’innovation et de transformation digitale des entreprises. Selon eux, la qualité de la formation en est la première raison. Les investisseurs appellent de leurs vœux les pouvoirs publics à créer les conditions d’un environnement économique favorable à la transformation digitale.
  • Les événements extérieurs (attentats, Brexit, transitions politiques par exemple) ne bousculent pas fondamentalement la réalité des investissements. Le savoir-vivre à la française séduit toujours les investisseurs américains : les deux tiers considèrent que l’environnement culturel et la qualité de la vie sont les principaux atouts de la France face aux autres pays européens.

 

Au final, les investisseurs américains pourraient être encore plus positifs sur la destination France si le pays accélérait les réformes de structure qui constituent le principal frein : stabilité juridique, socio- économique et compétitivité du marché du travail. Un message en direction des candidats à l’élection présidentielle.

Climat, marque France : des enjeux forts pour la diplomatie française aux Etats-Unis

marque-france371Diplomate de carrière, Gérard Araud est Ambassadeur de France aux Etats-Unis. La French-American Foundation-France l’a invité à ce titre le 28 août à s’exprimer sur les dossiers prioritaires du moment. Rappelant que les relations bilatérales entre la France et les Etats-Unis étaient actuellement excellentes au niveau politique, deux des thématiques qu’il a abordées concernent nos secteurs agricoles et agro-alimentaires : le climat et la marque France.

La conférence de Paris de décembre sur le changement climatique se situe tout en haut de l’agenda, et pas seulement au niveau politique. M. Araud a souligné l’implication de nombres villes (citant Chicago, Los Angeles, San Francisco) et entreprises américaines (telles que Walmart et Google) engagées dans la lutte contre le changement climatique, et l’impact positif de leurs actions en ce sens sur leur réputation auprès de leurs clients. Il a également évoqué le bouillonnement scientifique de nombreuses start-up américaines proposant des solutions pour contribuer à relever ce défi, dans une démarche de progrès et une attitude « positive » typiquement américaine.

D’autre part, s’il a insisté sur la force de la marque France aux Etats-Unis (Versailles, l’art de vivre), M. Araud a aussi considéré nécessaire de rafraîchir cette image, car nous souffrons de beaucoup de préjugés aux Etats-Unis sur notre manque d’ouverture, de modernité, ou de modestie. Les conclusions de la note de saf agr’iDées et la Fabrique de l’Industrie « De nouveaux modèles de croissance pour les industries agroalimentaires françaises ? », récemment publiée, vont dans le même sens, proposant de miser sur le cœur de marché pour favoriser nos exportations, sans s’enfermer dans un modèle de gastronomie à la française.

TTIP – Fantasmes et réalités : ça continue !

TTIPLe titre de notre agr’iDébat du 24 mars « TTIP : Fantasmes et réalités » continue de se décliner : d’un côté, Julian Assange lance une très médiatique campagne de financement participatif et promet une récompense de 100 000 $ à qui révélera le texte du Partenariat Transatlantique de Commerce et d’Investissements (TTIP).

 

De l’autre côté, la Direction générale du Commerce de la Commission européenne poursuit son travail de transparence sur le contenu et les enjeux du Partenariat, diffusant un document en 15 langues différentes. Son titre en français est « Au cœur du TTIP – un tour d’horizon et un guide chapitre par chapitre, dans un langage clair », et il est organisé en trois parties : accès au marché, coopération réglementaire, et règles. Notons dans chaque chapitre un souci de pédagogie évident, avec des exemples précis de préoccupations sociétales et les réponses de la Commission, et un appel au dialogue avec la société ou les parties prenantes par exemple, avec les différents moyens de contacter l’équipe de la Commission chargée de la négociation : par téléphone, par courrier, sur le site internet, sur les réseaux sociaux (Twitter), en s’exprimant lors des consultations du public ou des réunions avec les parties prenantes, ou encore en contactant son député européen.

Sur les questions de sécurité alimentaire, santé animale et végétale, on peut lire dans ce document que l’objectif du TTIP est de « coopérer pour dynamiser les exportations de produits alimentaires tout en protégeant les normes strictes de l’UE ». Un exemple illustré dans ce chapitre précise que « l’UE maintiendra ses restrictions sur les hormones ou les activateurs de croissance dans l’élevage, tout comme les Etats-Unis garderont leurs règles sur les contaminants microbiens ».

Sur les droits de propriété intellectuelle, le document de la Commission indique que le domaine des indications géographiques est l’un de ceux dans lesquels elle souhaite particulièrement aller de l’avant. Comme le droit américain permet aux producteurs de protéger les appellations d’origine européennes en tant que marques mais pas en tant qu’indications géographiques, il arrive que l’on trouve en magasin, aux Etats-Unis, des produits qui portent une appellation d’origine de l’UE alors qu’ils n’y ont pas été produits, induisant le consommateur américain en erreur. La Commission indique que « les importations utilisant abusivement des appellations protégées ne pourront jamais se retrouver sur le marché de l’UE ».

Protocole d’assurance de durabilité du soja américain

Contrairement à l’Europe, la production de soja est prépondérante aux Etats-Unis, couvrant 30 millions d’ha pour une production moyenne de 87 millions de tonnes environ. Environ60% de cette production estexportée, essentiellement vers la Chine et l’Union européenne.Afin de répondre à la demande croissante de ses clients (en particulier dans le secteur de l’aliment du bétail) en termes de garanties dedurabilité, le secteur de laproduction et de la transformation du soja s’est organisé afin de mettre en place un système certifié de production durable. A ce jour, 95% des producteurs participent à ce programme et environ 10% d’entre euxsont audités pour leurs pratiques chaque année par des organismes tiers. Ce protocole comporte des règles auxquatre dimensions: biodiversité et stockage de carbone,contrôle des pratiques de production (agriculture de précision, lutte contre l’érosion des sols),santé du public et des producteurs, etamélioration continue des pratiques de production et des mesures de protection de l’environnement. Les indicateurs de performance sont des indicateurs environnementaux et socio-économiques mesurant les résultats de la production agricole aux Etats-Unis, et l’analyse cycle de vie de la production de soja et ses dérivés (tourteaux et huile). La durabilité économique est la première priorité de la filière soja américaine, suivie de la durabilité environnementale.@ M-C.H-D./ saf agr’iDées