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Intervention de Patrick FERRERE à la conférence “Le jour synerJ” organisée par l’UNECA, UNAGRI et la FCGAA – 19 octobre 2017

A l’occasion de la conférence “Le Jour SynerJ” organisée par l’UNECA, UNAGRI et la FCGAA le 19 octobre 2017, Patrick FERRERE, Délégué Général de saf agr’iDées est intervenu sur une approche moderne de la gestion des risques pour les entreprises agricoles.

 

 

Nous vous proposons de voir ou revoir cette intervention.

 

Un jour, une idée : Thématique “Gestion des risques”

Depuis le 1er juillet, saf agr’iDées publie chaque jour, une contribution extraite du livre collectif “150 idées pour la réussite de nos agricultures“. Aujourd’hui nous vous proposons de retrouver toutes les contributions publiées dans la thématique : “Gestion des risques” (cliquer ici pour la télécharger).

 

Listes des contributions publiées :

 

Nous rappelons que l’auteur est seul responsable du contenu de sa contribution.

 

Retrouver également les contributions publiées dans les autres thématiques :

Un jour, une idée “Mettre en place des aides contracycliques pour redonner une dimension économique à la PAC”

« Les crises de marché qui se multiplient depuis 2014 dans les différentes filières agricoles mettent en évidence que, l’encre de la dernière réforme à peine séchée, la Politique Agricole Commune actuelle n’est pas adaptée aux enjeux que l’agriculture du 21ème siècle a à relever et nourrit l’euroscepticisme dans nos campagnes.

L’ensemble des puissances agricoles, à l’exception de l’Union européenne, ont renforcé leurs politiques agricoles depuis la crise alimentaire de 2007/08 pour limiter les causes et/ou les effets de l’instabilité structurelle des marchés agricoles. Pour investir et prendre des risques, les chefs d’entreprise que sont les agriculteurs doivent être davantage sécurisés.

L’UE reste engluée dans l’impasse du découplage, synonyme d’impuissance politique. Les aides découplées de la production constituent une négation de la dimension économique de la PAC, elles sont captées par l’environnement économique des agriculteurs (par l’aval et l’amont) et sont nocives pour l’image et l’attractivité du métier.

Pour redonner un cap stratégique à la PAC, il est temps de remplacer les aides découplées par des aides contracycliques afin de constituer le socle d’un système cohérent de prévention et de gestion des risques et des crises de la prochaine PAC. C’est déjà le cas aux Etats-Unis où les producteurs de blé sont assurés d’avoir un chiffre d’affaires de 202$/t sur 85% de leur production historique, en ajoutant les aides au prix de marché.

Réserver le budget pour les mauvaises années est plus vertueux budgétairement, plus efficace pour soutenir les revenus et apporte une vraie plus-value communautaire. Momagri en a fait la démonstration dans son dernier Livre Blanc paru en septembre 2016. »

 

Christian PEES, Président de Momagri, Président du Groupe Euralis

 

Contribution extraite du livre collectif “150 idées pour la réussite de nos agricultures“, édité par saf agr’iDées en juin 2017, dans la thématique : “Gestion des risques”, page 65. L’auteur est seul responsable du contenu de sa contribution.

 

Un jour, une idée : “Plateforme sur les Risques en Agriculture Française (PRAF)”

« On reproche souvent à la recherche de « chercher mais de ne pas trouver », et d’être trop éloignée des préoccupations concrètes du monde agricole. Cette plateforme vise à bousculer cette idée reçue, et participerait à la réussite de l’agriculture française grâce à une meilleure connaissance des risques en agriculture.

 

Face au changement dans la nature des risques en agriculture (réforme de la PAC, changement climatique…), un partage des connaissances sur le management des risques en agriculture semble nécessaire à travers une plateforme web. Celle-ci pourrait être l’occasion d’échanger entre chercheurs de diverses disciplines (sciences sociales, sciences du vivant, …) et acteurs et partenaires du monde agricole (agriculteurs, coopératives, chambres d’agriculture, industries agro-alimentaires, syndicats agricoles…) sur les problèmes rencontrés et la façon dont les agriculteurs et autres acteurs du monde agricole perçoivent et gèrent ces risques. Cette plateforme vise à être au service des agriculteurs pour une meilleure connaissance, anticipation et gestion des risques. Elle permettra aussi aux chercheurs de partager leurs connaissances et leurs questionnements, et de créer des liens avec les acteurs du monde agricole et d’autres chercheurs. La France manque d’une plateforme de partage des connaissances empiriques et théoriques sur les risques en agriculture. La plateforme sera composée des éléments suivants :

  • Résultats des recherches sur les risques en agriculture synthétisés, vulgarisés et mis à disposition sur la plateforme en langue française, avec le contact des chercheurs (emails) ;

  • Projets de recherche, chaires en cours sur les risques en agriculture exposant les objectifs et les questions posées avec le contact des chercheurs (emails) ;

  • Blog entre chercheurs et acteurs du monde agricole permettant un échange et des réactions des acteurs du monde agricole sur les résultats et projets de recherche en cours. Ces échanges contribueront à une co-construction des connaissances. »

 

Sylvie LUPTON, Enseignant-chercheure, UniLaSalle

 

Contribution extraite du livre collectif “150 idées pour la réussite de nos agricultures“, édité par saf agr’iDées en juin 2017, dans la thématique : “Gestion des risques”, page 64. L’auteur est seul responsable du contenu de sa contribution.

 

Un jour, une idée : “Le risk management (ou la gestion des risques) fait son apparition en agriculture”

« En agriculture, on peut regrouper les risques en trois catégories :

 

  • Les risques imputables au cycle de production : les maladies (animales ou végétales), les accidents des personnes, sur les biens et les aléas climatiques ;
  •  Les risques liés aux fluctuations des prix des biens commercialisés ou des intrants achetés ;
  • Les risques relatifs à l’organisation des filières, c’est-à-dire la faculté qu’ont les agriculteurs de commercialiser leur production.

 

La gestion des risques implique deux étapes principales :

1 – Il s’agit, dans un premier temps, d’identifier et de répertorier les incidents les plus fréquents. Si certains sont clairement anodins d’autres peuvent avoir de graves répercussions. Pour chaque incident, il est nécessaire de trouver ses causes puis de les évaluer qualitativement en établissant une hiérarchie d’intensité et de fréquence. Une évaluation quantitative mesurera leurs impacts, les coûts et les délais pour revenir à la situation antérieure ;

2 –  Il s’agit, dans un deuxième temps, de maîtriser les risques en prenant des mesures permettant de les réduire (mesures de prévention et protections) ou de les transférer vers l’assurance. Il convient, enfin, de suivre les mesures engagées et de mesurer leur efficacité.

 

Bâtir ou actualiser un audit s’impose principalement dans les cas suivants : l’accentuation des facteurs de risque (exemple : pose de panneaux photovoltaïques, etc.) ; embauche d’un salarié ; introduction d’une nouvelle activité; changement des méthodes de vente ; modification de la structure d’organisation ; arrivée d’un nouvel associé, etc…

 

Faire un audit de risques peut potentiellement devenir un investissement productif. En effet, cela permet d’envisager différentes situations : se protéger et rester apte au travail pour ne pas mettre en difficulté l’entreprise ; s’informer sur les réglementations afin d’éviter des pénalités ; analyser le contenu précis des contrats d’assurances et mettre en place des préventions pour pouvoir limiter leurs coûts. »

 

Jean-Marie DETERRE, Auteur du « Guide de gestion des risques en agriculture » Ed. La France Agricole, mai 2016, Intervenant à l’Ecole d’Agriculture d’Angers et à l’Institut des Hautes Etudes de Droit rural et d’économie agricole à Paris

 

 

Contribution extraite du livre collectif “150 idées pour la réussite de nos agricultures“, édité par saf agr’iDées en juin 2017, dans la thématique : “Gestion des risques”, page 63. L’auteur est seul responsable du contenu de sa contribution.

 

Un jour, une idée : “Lutter contre la volatilité des prix”

« Le 14 décembre 2016, réuni en séance Plénière à Strasbourg, le Parlement européen a adopté à une large majorité mon rapport d’initiative sur les outils de la PAC pour lutter contre la volatilité des prix. Je me félicite de ce vote, visant à aider les agriculteurs par la conception de nouveaux outils de gestion des risques et renforçant leur position dans les filières alimentaires. Nous ouvrons la voie à la prochaine politique agricole commune (PAC).

 

Les objectifs à long terme de la PAC doivent être en effet d’assurer des niveaux de vie équitables pour la communauté agricole, de stabiliser les marchés et de garantir une production alimentaire suffisante et de qualité. C’est pourquoi nous devons défendre une meilleure capacité d’organisation dans divers secteurs et renforcer la contractualisation à la fois pour les agriculteurs, les transformateurs et les distributeurs, au travers d’organisation de filières telles que les interprofessions.

 

Pour lutter contre la volatilité des prix, je propose notamment trois idées forces :

  1.  Renforcer la contractualisation entre les différents acteurs de la chaîne
    alimentaire ;
  2. Orienter la PAC vers une politique de soutien aux agriculteurs, via des
    systèmes assurantiels permettant de garantir les revenus face à la volatilité
    des prix ;
  3. Rendre les marchés plus transparents à travers la création d’observatoires
    des prix et le renforcement de ceux existant.

Au moment où la Commission européenne commence à enclencher les travaux de réflexions sur le renouvellement de la PAC, il m’est apparu essentiel d’envoyer un message clair au monde agricole. Etant moi-même agricultrice, je veux montrer que l’Union européenne peut apporter des solutions et que le Parlement prend au sérieux les questions agricoles. »

Angélique DELAHAYE, Député européen

 

Contribution extraite du livre collectif “150 idées pour la réussite de nos agricultures“, édité par saf agr’iDées en juin 2017, dans la thématique : “Gestion des risques”, page 62. L’auteur est seul responsable du contenu de sa contribution.

 

Un jour, une idée “Réguler les échanges pour stabiliser les prix”

« La crise de 2008 a douloureusement montré la carence des systèmes de régulation des produits agricoles et alimentaires, que ce soit au niveau de l’instabilité des prix, des capacités de stockage, des concertations entre acteurs, des règles des marchés ou du portage du risque. Un ménage qui consacre 50% de ses maigres revenus à des dépenses alimentaires ne peut pas supporter une augmentation des prix de son alimentation sans être confronté à la faim puis à la révolte !

Une relative stabilité des prix est reconnue comme cruciale, tant pour les consommateurs que pour les producteurs, mais, si ce constat est largement partagé, la place et les outils de la régulation publique font débat. La volatilité des prix agricoles est déjà la règle ; elle sera vraisemblablement plus grande encore demain sous le double jeu, d’une part, du changement climatique – qui aura pour effet de multiplier les évènements extrêmes – et, d’autre part, de la financiarisation des marchés agricoles qui pourrait avoir pour conséquence d’amplifier les variations, à la hausse comme à la baisse, des prix des matières premières agricoles ainsi que leur rythme de variation.

Il est de l’intérêt collectif de limiter les fluctuations excessives des cours des produits agricoles, qui sont pénalisantes aux deux extrémités : à la hausse, ce sont les populations pauvres qui souffrent ; à la baisse ce sont les agriculteurs qui peinent et ne peuvent investir.

Les pays riches ne s’accordent pas sur la régulation des prix et des échanges agricoles. Pour y remédier il faudrait en premier lieu interdire les politiques unilatérales d’interdiction ou simplement de restriction des échanges. En deuxième lieu, reconnaître que le cadre actuel de l’OMC n’est pas adapté, ce qui ne signifie pas qu’il faille revenir au protectionnisme, mais la libéralisation totale des échanges agricoles n’est pas la solution. En troisième lieu il convient de mieux lier (au niveau des discussions multilatérales et des échanges) aspects économiques, environnementaux et sociaux. Enfin il faut accorder aux pays les plus pauvres les conditions du décollage économique sur une base agricole. »

Patrick CARON, Directeur Général à la Recherche et à la stratégie du CIRAD

 

Contribution extraite du livre collectif “150 idées pour la réussite de nos agricultures“, édité par saf agr’iDées en juin 2017, dans la thématique : “Gestion des risques”, page 61. L’auteur est seul responsable du contenu de sa contribution.

 

Gestion des risques, contractualisation et installations classées : le Sénat renforce la proposition de loi en faveur de la compétitivité de l’agriculture

Le Sénat a choisi de renforcer le volet gestion des risques et de modifier des dispositions relatives à la contractualisation et à l’aménagement du régime des installations classées en élevage dans la proposition de loi en faveur de la compétitivité de l’agriculture et de la filière agroalimentaire qui vient d’être adoptée en première lecture.

 

Le 9 décembre 2015, le Sénat a examiné en première lecture, la proposition de loi en faveur de la compétitivité de l’agriculture et de la filière agroalimentaire, de M. Jean-Claude Lenoir (Les Républicains – Orne).

Cette proposition de loi est articulée autour de quatre thèmes qui visent à améliorer la transparence et mieux partager la valeur ajoutée tout au long de la chaîne d’approvisionnement alimentaire, du producteur au consommateur ; à faciliter l’investissement et la gestion des risques financiers en agriculture ; à alléger les charges de toute nature qui pèsent sur la compétitivité des entreprises agricoles ; à gager les pertes de recettes pour l’État et les organismes de sécurité sociale résultant des différentes dispositions de la proposition de loi, par un relèvement de la taxe sur la valeur ajoutée et de la contribution sociale généralisée.

 

La Commission des affaires économiques du Sénat a adopté la proposition de loi après en avoir renforcé le volet relatif à la gestion des risques et modifié certaines dispositions, notamment relatives à la contractualisation et à l’aménagement du régime des installations classées en élevage.

En séance publique, les sénateurs ont notamment :

  • prévu une négociation annuelle obligatoire sur les prix, par produit, pour déterminer un prix plancher d’achat aux producteurs, déterminé par les interprofessions compétentes (amdt n° 23 à l’article 2),
  • obligé les établissements refusant de se soumettre aux enquêtes obligatoires du service statistique public relatives aux prix et aux marges des produits agricoles et alimentaires à afficher leur manquement, de manière à ce que le public puisse en prendre connaissance (amdt n° 4 rect.),
  • prévu la publication par l’observatoire des prix et des marges, sur son site Internet, de la liste des organismes contrevenant à la transmission des données aux services statistiques (amdt n° 5 rect.),
  • prévu la publication par le ministère en charge de l’alimentation, de la liste des distributeurs et des fabricants de produits alimentaires qui ne respectent pas l’obligation d’information du consommateur (amdt n° 7 rect. à l’article 3),
  • étendu la faculté de reporter en cas de crise le remboursement du capital des emprunts souscrits aux emprunts finançant la construction ou la rénovation de bâtiments d’élevage (amdt n° 34 à l’article 4),
  • demandé la mise à l’étude de prêts à longue durée pour les jeunes agriculteurs (amdt n° 11 rect.),
  • assoupli le mode de calcul du seuil de déclenchement de la déduction pour aléa (DPA) en cas d’aléa naturel, climatique ou économique (amdt 32 rect. quinquies à l’article 6) et relevé le plafond d’utilisation de la DPA (amdt n° 31 rect. quinquies),
  • prévu qu’à chaque norme nouvellement créée dans le domaine agricole soit abrogée une norme antérieure, avec l’établissement chaque année d’un bilan de cette balance entre normes créées et normes abrogées  (amdt n° 8 rect.),
  • diminué les charges sociales des chefs d’exploitation ou d’entreprises agricoles (amdt n° 13 rect. quinquies à l’article 9),
  • exonéré les exploitants agricoles de la taxe foncière sur les propriétés non bâties, dans la limite de soixante hectares de surface agricole utilisable (amdt n° 14 rect. quater à l’article 9)

 

Reste à voir ce qu’il adviendra de cette proposition de loi et de ces amendements au terme de la procédure parlementaire.