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FFA 2017 – Partenariats, recherche et innovation, agroécologie, bioéconomie : des voies pour atteindre les Objectifs de Développement Durable

La dixième édition du Forum pour le Futur de l’Agriculture (FFA) s’est tenue à Bruxelles le 28 mars 2017, à l’initiative de Syngenta et de l’Organisation européenne des propriétaires terriens (ELO). Cette journée de réflexions a permis d’identifier un certain nombre de solutions pour le monde agricole afin d’atteindre les Objectifs de Développement Durable fixés par les Nations Unies, avec le souci partagé de mettre en place une agriculture intelligente et résiliente face au climat.

 

Le moyen le plus souvent cité par les intervenants a été celui des collaborations et partenariats : entre petits et grands agriculteurs, entre acteurs publics et acteurs privés, investissements indispensables des grandes entreprises dans le développement agricole, collaborations entre ministères d’un même gouvernement, et entre pays. À ce titre, Syngenta finance et assure la formation de groupes d’agriculteurs à travers le monde dans le cadre de son “Good Growth Plan”

 

Le rôle essentiel de la recherche et de l’innovation comme puissant levier de compétitivité pour l’agriculture a été souligné par la plupart des intervenants, afin de produire une alimentation nutritive, sûre et saine. Syngenta a précisé consacrer environ 10% de son budget à ce poste. Le rôle de la Global Research Alliance a été souligné, ainsi que celui des innovations technologiques permettant de mettre en place une agriculture de précision (numérique, imagerie, internet des objets, big data) visant à rationaliser les utilisations d’intrants sur les exploitations agricoles. Les travaux de recherche sur les voies de réduction des émissions de méthane par les ruminants ont été cités, en réponse au changement climatique.

 

Les pratiques agricoles permettant d’utiliser plus efficacement les ressources naturelles ont été mises en avant à plusieurs reprises, en particulier dans le cadre de l’agroécologie (lutte biologique, fertilisants organiques, diversification des plantes cultivées, sols Vivants). Plusieurs exemples ont illustré cette approche : restauration de la fertilité des sols au Brésil en les enrichissant en matière organique et en entretenant la biodiversité des plantes cultivées, lutte contre la désertification grâce à l’élevage, l’optimisation de l’utilisation des ressources en éléments fertilisants (azote, phosphore).

 

De nombreux intervenants ont insisté sur l’engagement de l’agriculture dans l’économie circulaire et la bioéconomie, afin de recycler, réutiliser, valoriser les déchets et plus particulièrement réduire les pertes et gaspillages alimentaires. Si cela est déjà une réalité, certains considèrent qu’il est nécessaire pour les politiques agricoles d’accompagner les agriculteurs dans cette transition, en cohérence avec la PAC.

 

Enfin, d’autres leviers ont été identifiés un petit nombre de participants : libéraliser les échanges commerciaux, et faire des agriculteurs des agro-entrepreneurs.

Rencontres Parlementaires de l’Innovation : une révolution silencieuse du transfert en mouvement

Rencontres parlementaires innovationLes 3emes Rencontres Parlementaires de l’Innovation se sont tenues le mardi 29 septembre à la Maison de la Chimie à Paris. L’évolution de fond des systèmes de transfert de la recherche à l’innovation mis en place en France depuis quelques années a été l’un des messages-clé de ces Rencontres.

 

Thierry Mandron, nouveau Secrétaire d’Etat à l’Enseignement Supérieur et à la Recherche, a insisté sur cette « transformation silencieuse », annonçant qu’il confierait très prochainement à deux personnalités un bilan à réaliser de cette évolution sur les dix dernières années. Alain Fuchs, président du CNRS, a même parlé de « révolution silencieuse ». Ce dont il s’agit, c’est du décloisonnement entre secteurs public et privé, notamment sous forme de partenariats dans la recherche et dans l’enseignement, afin d’accélérer le transfert d’innovation. Ce mouvement de fond a démarré avec les lois Allègre de 2000 permettant aux chercheurs de créer leur propre entreprise (environ 100 startups se montent ainsi chaque année), et s’est poursuivi avec la mise en place des pôles de compétitivité, les Programmes Investissements d’Avenir, l’Agence Nationale de la Recherche, les Instituts Carnot, le Crédit Impôt Recherche.  Antoine Boulay (directeur des relations institutionnelles de BPI France) a parlé d’un « moment français » de l’innovation.  C’est tout l’objet de notre groupe de travail : les partenariats public/privé : un atout pour l’avenir de la recherche et de l’innovation ?

 

Si ces différents instruments accélèrent et favorisent les transferts d’innovation, permettant de mieux gérer le risque des investisseurs, plusieurs orateurs ont souligné certaines faiblesses du système : le temps du transfert reste encore trop long à cause des délais nécessaires aux montages financiers des projets, et s’il est plus simple aujourd’hui de créer une startup, il demeure difficile de la faire croître.  Plus largement, Nicolas Bouzou (économiste et directeur d’Asterès qui avait clôturé notre agr’iDay Les semences : une pépite française), a remarqué que si notre pays est doté d’instruments efficaces de transfert d’innovation, la croissance nationale reste nulle, en partie parce que les politiques publiques se laissent parfois guider par la passion (une référence aux NBIC –  Nanotechnologies, Biotechnologies, Technologies de l’Information et des sciences Cognitives, et plus particulièrement aux biotechnologies végétales, auxquelles Asterès a consacré un rapport récent).