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Sensibilisation des parlementaires européens aux nouvelles solutions de sélection variétale

img_3632-768x576Le 11 octobre 2016, de nombreuses organisations européennes d’agriculteurs et de scientifiques se sont réunies pour une action de sensibilisation des parlementaires européens aux nouvelles solutions d’amélioration des plantes pour répondre aux défis actuels de la production agricole.

 

Les organisations de producteurs venant de France (AGPM), d’Espagne (Asaja), d’Italie (Confagricoltura), d’Allemagne (DBV), de Finlande (MTK), et de Grande-Bretagne (NFU) ainsi que l’organisation internationale scientifique PRRI ont en effet réuni quatre parlementaires européens autour du Finlandais Hannu Takkula, qui parrainait la conférence « De nouvelles solutions de sélection pour répondre aux nouveaux défis des agriculteurs » : l’Italien Paolo De Castro, l’Allemand Herbert Dorfmann, l’Espagnole Esther Herranz Garcia, et l’Allemand Norbert Lins. Environ 70 personnes ont eu la chance d’assister à cet événement.

 

Les nouveaux enjeux pour la production agricole qui ont été évoqués sont les suivants :

  • une nécessaire augmentation de la productivité pour répondre aux besoins alimentaires croissants au sein de l’Union européenne et à l’extérieur de ses frontières ;
  • une pression accrue des dérèglements climatiques: extension des zones de dégâts des ravageurs vers le Nord de l’Europe (réduisant les potentiels de rendements en Finlande), des périodes de météo très humide (favorisant le développement de maladies fongiques sur la vigne, les pommiers ou les pommes de terre par exemple, nécessitant de très nombreux traitements phytosanitaires), des épisodes de sécheresse et de haute température (stress pour le maïs en France réduisant le potentiel de rendement)
  • une demande croissante des consommateurs pour des produits de l’agriculture biologique, non traités par des produits chimiques de synthèse
  • la réduction du nombre de produits phytosanitaires autorisés.

 

Pour répondre à ces nombreux défis, les agriculteurs européens disposent de différents outils. Ils ont demandé dans cette conférence à pouvoir avoir le choix de disposer des leviers les plus efficaces. Le progrès génétique en est un. Les nouvelles techniques de sélection, regroupées sous le nom générique de « New Breeding Techniques » (NBT) apportent des solutions nouvelles auxquelles les producteurs souhaitent avoir accès. Par exemple pour produire du maïs tolérant à la sécheresse sans que celle-ci n’affecte son rendement ; un maïs résistant à un insecte ravageur sans nécessiter d’insecticide ; une vigne résistante à l’oïdium et/ou au mildiou sans recourir à un fongicide qui conserverait au vin sa typicité ; un concombre résistant à un insecte (thrips) sans avoir recours à un insecticide

 

Plusieurs experts ont souligné la grande précision des nouvelles techniques de sélection, en particulier dans le cas des techniques d’édition de génome. De plus, un certain nombre de ces techniques ne nécessitent ni l’insertion de matériel génétique externe, ni de passage de barrière entre les espèces en particulier, point commun avec la mutagénèse utilisée depuis couramment depuis plusieurs décennies.

 

Enfin, plusieurs intervenants ont demandé plus de visibilité, de transparence. Tout d’abord, sur la réglementation : la définition européenne des OGM est devenue obsolète et les autorités européennes n’ont toujours pas décidé si les produits issus des NBT relevaient de la Directive encadrant les OGM. Ensuite, transparence pour les consommateurs sur les trajectoires de production : pourquoi ne pas leur demander simplement par exemple : souhaitez-vous acheter une pomme traitée trente fois contre les maladies fongiques ou bien une pomme non traitée et mise au point par une des nouvelles techniques de sélection génétique ?

 

Plus d’informations ici : http://www.prri.net/2016-10-11-new-breeding-solutions-new-farmers-challenges/

 

L’agriculture française à l’heure des choix

arton338-10da4Le Conseil d’Analyse Economique a publié le 17 décembre 2015 une note rédigée par Jean-Christophe Bureau, Lionel Fontagné et Sébastien Jean intitulée « L’agriculture française à l’heure des choix ».

 

 

Dans ce document qui a été présenté au Cabinet du premier ministre le 9 novembre 2015 les trois auteurs livrent leur constat et pointent les écueils des politiques publiques dédiées à ce secteur. « En dépit des aides publiques importantes dont elle bénéficie, l’agriculture française affiche des résultats insatisfaisants à plusieurs titres : un emploi en baisse, des revenus faibles dans certaines activités, une dégradation marquée de l’environnement, une performance commerciale qui s’érode ».

Les auteurs remettent en cause le soutien public au secteur par manque d’orientations claires. En revanche, ils estiment que  compétitivité, préservation de l’environnement et soutien aux revenus ne seront plus des objectifs contradictoires si deux choix sont opérés. Il faudrait que les agriculteurs soient considérés comme des producteurs de biens publics et rémunérés comme tels tandis que les producteurs sur grande échelle doivent développer une agriculture technologique et responsable. En outre, les auteurs estiment qu’il convient de mettre en œuvre au niveau national une politique de long terme axée sur un effort ambitieux de formation et de recherche, la préservation du capital naturel et la promotion de la qualité sanitaire des produits. Pour y parvenir, ils formulent sept recommandations destinées à mettre le capital naturel au centre de la politique agricole, créer les conditions d’une agriculture innovante, soutenir la compétitivité, mieux accompagner et soutenir les agriculteurs.