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Transformation numérique de la formation en agrobiosciences

Le 30 mai, Agreenium a organisé dans les locaux d’AgroParisTech un colloque international qui a mis en lumière les impacts du numérique sur les formations en agriculture, alimentation, santé animale et environnement.

 

La transformation numérique de l’enseignement met en question l’organisation universitaire, a rappelé Philippe Jamet, Directeur général de l’Institut Mines Telecom : l’éducation devient customisée, la relation enseignant-étudiant se réticularise, l’éducation passe de nature de stock à celle de flux, puisque la formation continue est de plus en plus importante relativement au diplôme initial. L’utilisation des outils numériques dans l’enseignement supérieure entraîne une rupture dans l’unité de temps – avec une formation qui devient possible tout au long de la vie – et de lieu – les étudiants sont mobiles, et « maraudent du savoir ».

 

Cependant, d’une manière générale, cette transformation est freinée par son coût élevé, car elle demande des investissements élevés entraînant des retours sur investissements à la fois faibles et lents. De plus, les pédagogies actives que permettent les technologies numériques se heurtent à des réticences du côté des enseignants comme du côté des étudiants. Pour l’instant, l’impact du numérique reste limité sur la formation initiale, mais est déjà significatif sur la formation continue.

 

Concrètement, Catherine Mongenet, directrice de FUN-MOOC, a présenté cette plateforme numérique mutualisée d’enseignements à distance (Massive Open Online Course) basée à Paris. Lancée par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, FUN-MOOC est un Groupement d’Intérêt Public co-financé par ses établissements membres et le ministère. Il rassemble aujourd’hui 300 cours diffusés à l’occasion de 523 sessions différentes et proposés par plus de 100  établissements partenaires (dont Agreenium, Montpellier Sup Agro, Agro Campus Ouest, AgroParisTech, AgroSup Dijon sur les agrobiosciences) et compte 3 millions d’inscriptions.

 

Divers intervenants ont souligné le rôle de la formation dans le développement agricole, et l’avantage de l’outil numérique pour l’enseignement à distance, qui permet un accès au plus grand nombre. Ainsi, les inscrits à FUN-MOOC comptent 16% d’Africains. Autre exemple, le centre d’enseignement numérique à distance de la FAO (organisation onusienne pour l’agriculture et l’alimentation). Cristina Petracchi, responsable du centre de e-learning de la FAO, a présenté ses services : des cours multilingues et gratuits sur de nombreux sujets tels que la sécurité alimentaire et nutritionnelle, le développement social et économique, et la gestion durable des ressources naturelles, pour répondre aux besoins des professionnels de l’agriculture et de la sécurité alimentaire.

 

Les intervenants ont insisté sur l’importance des partenariats de ces plateformes numériques de formation à distance avec des organismes privés et publics pour assurer la qualité de l’enseignement à distance. Ils ont aussi noté l’émergence de nouveaux acteurs de l’enseignement, extérieur au monde académique, proposant un encadrement différent. Enfin, les intervenants ont également mis en avant le rôle d’autres outils numériques dans la formation des acteurs du monde agricole, en particulier dans les pays en développement : smartphones et réseaux sociaux notamment.

TTIP – Fantasmes et réalités : ça continue !

TTIPLe titre de notre agr’iDébat du 24 mars « TTIP : Fantasmes et réalités » continue de se décliner : d’un côté, Julian Assange lance une très médiatique campagne de financement participatif et promet une récompense de 100 000 $ à qui révélera le texte du Partenariat Transatlantique de Commerce et d’Investissements (TTIP).

 

De l’autre côté, la Direction générale du Commerce de la Commission européenne poursuit son travail de transparence sur le contenu et les enjeux du Partenariat, diffusant un document en 15 langues différentes. Son titre en français est « Au cœur du TTIP – un tour d’horizon et un guide chapitre par chapitre, dans un langage clair », et il est organisé en trois parties : accès au marché, coopération réglementaire, et règles. Notons dans chaque chapitre un souci de pédagogie évident, avec des exemples précis de préoccupations sociétales et les réponses de la Commission, et un appel au dialogue avec la société ou les parties prenantes par exemple, avec les différents moyens de contacter l’équipe de la Commission chargée de la négociation : par téléphone, par courrier, sur le site internet, sur les réseaux sociaux (Twitter), en s’exprimant lors des consultations du public ou des réunions avec les parties prenantes, ou encore en contactant son député européen.

Sur les questions de sécurité alimentaire, santé animale et végétale, on peut lire dans ce document que l’objectif du TTIP est de « coopérer pour dynamiser les exportations de produits alimentaires tout en protégeant les normes strictes de l’UE ». Un exemple illustré dans ce chapitre précise que « l’UE maintiendra ses restrictions sur les hormones ou les activateurs de croissance dans l’élevage, tout comme les Etats-Unis garderont leurs règles sur les contaminants microbiens ».

Sur les droits de propriété intellectuelle, le document de la Commission indique que le domaine des indications géographiques est l’un de ceux dans lesquels elle souhaite particulièrement aller de l’avant. Comme le droit américain permet aux producteurs de protéger les appellations d’origine européennes en tant que marques mais pas en tant qu’indications géographiques, il arrive que l’on trouve en magasin, aux Etats-Unis, des produits qui portent une appellation d’origine de l’UE alors qu’ils n’y ont pas été produits, induisant le consommateur américain en erreur. La Commission indique que « les importations utilisant abusivement des appellations protégées ne pourront jamais se retrouver sur le marché de l’UE ».