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Quelles opportunités commerciales et d’investissement pour les acteurs français en Australie?

Fabrication de nouilles, Hakubaku, Victoria, Australie / Crédit : Austrade

La banque ANZ, principalement implantée en Australie et en Nouvelle-Zélande, accompagne les acteurs du monde agricole et agroalimentaire dans ces pays. Le 6 juillet 2017 à l’ambassade d’Australie à Paris, ANZ a présenté les tendances et opportunités commerciales que présente l’agriculture australienne pour les acteurs français.

 

L’agriculture australienne est diverse et très orientée vers l’exportation : d’une part, son marché intérieur est limité, ce pays étant peu peuplé, et d’autre part, la proximité géographique avec la Chine, dont la demande est le principal moteur des marchés mondiaux, dynamise les exportations australiennes. De plus, d’autres pays asiatiques (Japon, Corée du Sud, Indonésie et Philippines en particulier) tirent les exportations australiennes.

 

En tant que producteur et exportateur majeur, l’Australie joue un rôle-clé pour assurer la sécurité alimentaire mondiale. En 2016, la part des exportations australiennes dans les exportations mondiales totales était de 18% pour la viande bovine, et 8% pour les produits laitiers (poudres et fromages essentiellement) par exemple.

 

Les deux tiers de la viande bovine produite en Australie sont aujourd’hui exportés, et ANZ prévoit une augmentation de ces volumes, en raison de la demande croissante de la Chine et de la Corée du Sud. A l’inverse, la consommation intérieure de bœuf est en baisse, au profit des viandes blanches, comme c’est le cas en France. Les prévisions de croissance de production de viande bovine devraient stimuler la demande en matières premières pour l’alimentation des animaux (céréales et oléagineux).

 

La production laitière australienne devrait régresser à moyen terme, mais les exportations de fromages et de poudres devraient rester dynamiques, encore une fois en réponse à la demande asiatique (notamment en Chine).

 

L’Australie et l’Union européenne devraient officiellement lancer les négociations d’un accord bilatéral de libre-échange avant fin 2017. En effet, l’UE est un des rares partenaires commerciaux avec lesquels l’Australie n’a pas d’accord de ce type, et l’Australie est l’un des six membres de l’OMC qui n’a pas d’accord commercial préférentiel avec l’UE. Cet accord permettrait entre autres de générer de nouvelles opportunités pour les investisseurs européens en rejoignant les chaînes de valeurs et circuits commerciaux asiatiques avec la Chine, le Japon et la Corée du sud en particulier.

 

Certains facteurs environnementaux freinent la production agricole australienne : rareté de l’eau, montée des eaux des océans, et les phénomènes El Niño et La Niña entraînant une succession d’épisodes de sécheresse et de fortes pluies, sources de variabilité des rendements.

 

Les principaux besoins de l’Australie en matière d’investissements en agriculture et agro-alimentaire se situent à plusieurs niveaux :

 

  • Champs australiens avec des moutons / Crédit : Austrade

    Logistique: infrastructures, capacités de stockage ajustables à des niveaux de récoltes variables ;

  • Technologies de l’agriculture de précision: GPS, outils de cartographie, capteurs, blockchain (traçabilité des produits du producteur au consommateur), irrigation goutte à goutte ;
  • Innovation dans les semences: adaptation à des conditions météorologiques régionales, productivité et durabilité, meilleure qualité des aliments pour les animaux. Notons que des cultures OGM sont produites en Australie (coton, colza) ;
  • Qualité : les marques sont sources de réassurance pour les consommateurs, en particulier dans les produits laitiers. C’est pourquoi Danone ou Lactalis, par exemple, investissent en Australie.

 

Quels impacts des biotechnologies sur les filières semences?

Le 5ème colloque de l’Association Française des Biotechnologies Végétales (AFBV) s’est tenu le 6 octobre 2015, en partenariat avec notre think tank saf agr’iDées. Une partie des discussions ont repris des conclusions du colloque de 2014, qui s’était intéressé aux compatibilités entre les biotechnologies et l’agroécologie (voir notre analyse sur ce point), mais le colloque 2015 s’est plus largement focalisé sur les impacts des biotechnologies sur les  filières semences. Il s’est inscrit en complément de notre agr’iDay du 24 juin qui était intitulé “Les semences, une pépite française” comme l’a souligné Gérard Matheron, Administrateur de Saf agr’iDées, en ouvrant le colloque avec Georges Pelletier, président de l’AFBV. G. Matheron a ainsi rappelé certains messages clé de l’agr’iDay : les semences, richesse méconnue, concentré de valeurs, jouent un rôle primordial au service de la durabilité de l’agriculture. Les enjeux actuels nous imposent d’apporter réponse à des questions importantes : améliorer la productivité de l’agriculture, s’adapter aux changements climatiques, permettre des économies d’intrants répondre à la segmentation des filières de transformation sur l’ensemble de la chaîne de valeurs.

 

Parmi les nombreuses interventions composant ce colloque, retenons quelques phrases clé : “on peut faire de bonnes semences avec de mauvaises variétés et de mauvaises semences avec de bonnes variétés” selon Jean-Christophe Gouache, directeur des affaires internationales de Limagrain. Bernard Le Buanec, membre de l’Académie d’Agriculture de France, a rappelé que la création variétale est une activité onéreuse à laquelle les entreprises semencières consacrent 10 à 15% de leur chiffre d’affaires, selon les espèces. Pour sa part, André Gallais, professeur honoraire d’AgroParisTech, a avancé le concept intéressant de “diversité génétique utile” (pour les agriculteurs, les filières, l’environnement par exemple) : pour lui, « la diversité des ressources génétiques à la disposition du sélectionneur est encore assez importante au niveau mondial, ce qui permet d’assurer à la fois un maintien de la diversité des variétés et un progrès génétique sur les différents caractères d’intérêt pour l’agriculteur”.

 

Blé : enjeux géopolitiques et diplomatie économique

FOND EMAILING« L’avenir de la production française de blé est aussi hors de nos frontières » a réaffirmé Matthias FEKL, secrétaire d’Etat en charge du commerce extérieur lors du colloque organisé par l’AGPB et l’IRIS le 18 juin 2015 sur le thème « Le blé – enjeux géopolitiques et diplomatie économique ». « Un tiers de nos exportations de blé partent vers le Bassin Méditerranéen et 1 hectare de blé français sur 5 est consommé dans une assiette au Magreb » a précisé Sébastien ABIS, chercheur à l’IRIS et administrateur au CIHEAM, en soulignant l’interdépendance entre ces deux zones.

En dépit d’une concurrence croissante sur un produit devenu une commodité et d’une demande en progression mais soucieuse de qualité, les céréaliers français entendent toutefois tenir leur rang parmi les grands exportateurs mondiaux. « Nous sommes contraints à être plus performants, à utiliser les innovations les plus récentes, à être les meilleurs » a souligné Philippe PINTA, président de l’AGPB.

Au-delà de la diplomatie économique, encouragée par Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, les opérateurs sur le marché du blé attendent aussi des leviers susceptibles d’améliorer la compétitivité du blé français, en plus de l’impact du change euro/dollar. Pour Jean-François LEPY, directeur de Soufflet Négoce, l’entretien du réseau capillaire des voies ferroviaires françaises permettrait de réduire le coût d’acheminement ferme-navire. Autre exemple, la mise en place d’un mécanisme de garantie financière accordée à un gouvernement permettrait de stabiliser les relations commerciales. La réactivation récente par les USA de la ligne de crédit PL-480 a d’ailleurs permis à l’Egypte d’acheter 290 000 t de blé américain en février dernier. Même si les enjeux politiques sont importants, le facteur financier reste déterminant sur le marché du blé, à un moment où la solvabilité des acheteurs est de plus en plus importante.

Faut-il en finir avec les OGM ?

MCDH-Sud Radio-20150428Marie-Cécile Damave-Hénard était invitée aux côtés de Bernard Lannes, président de la Coordination Rurale, à débattre de la question : Faut-il en finir avec les OGM ? dans l’émission « Le Grand Référendum » de Sud Radio, en direct le 28 avril 2015 entre 9h et 10h.

Le point de départ de la discussion était les récentes évolutions de la réglementation européenne des autorisations des OGM : la possibilité pour chaque état membre d’interdire ou restreindre des autorisations de nouveaux OGM autorisés dans l’UE, tant pour leur culture sur le sol européen que pour leur utilisation en alimentation humaine ou animale, et la récente autorisation de l’utilisation de 17 nouveaux OGM par la Commission européenne destinés à l’alimentation.

Les deux intervenants étaient d’accord sur le fait que cette nouvelle dose de subsidiarité dans la politique européenne met en danger le marché unique européen, et qu’il est réducteur d’avoir une approche monolithique des OGM tant leur nature et usages sont divers. Impossible de répondre catégoriquement à la question : faut-il produire des OGM en Europe ou en France ? puisque tout dépend à la fois de leur sécurité et de leur utilité dans ce contexte précis. Les questions de la coexistence des filières OGM et bio, de la gestion des risques, des lobbies, de la recherche publique et privée, et de la politisation de ce sujet ont été abordés. Ce fut également l’occasion de mentionner le prochain agr’iDay du 24 juin : Les semences : une pépite française.

 

Le podcast de cette émission est disponible ici.

 

Pour en savoir plus, deux analyses récentes de MC Damave-Hénard :

10 avril : Proposition de la Commission européenne de nationaliser les autorisations de commercialisation d’OGM – levée de boucliers des opérateurs européens

12 décembre 2014 : Révision de la procédure d’autorisation des OGM : une réponse aux attentes sociétales, pas à celles des opérateurs économiques