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Sensibilisation des parlementaires européens aux nouvelles solutions de sélection variétale

img_3632-768x576Le 11 octobre 2016, de nombreuses organisations européennes d’agriculteurs et de scientifiques se sont réunies pour une action de sensibilisation des parlementaires européens aux nouvelles solutions d’amélioration des plantes pour répondre aux défis actuels de la production agricole.

 

Les organisations de producteurs venant de France (AGPM), d’Espagne (Asaja), d’Italie (Confagricoltura), d’Allemagne (DBV), de Finlande (MTK), et de Grande-Bretagne (NFU) ainsi que l’organisation internationale scientifique PRRI ont en effet réuni quatre parlementaires européens autour du Finlandais Hannu Takkula, qui parrainait la conférence « De nouvelles solutions de sélection pour répondre aux nouveaux défis des agriculteurs » : l’Italien Paolo De Castro, l’Allemand Herbert Dorfmann, l’Espagnole Esther Herranz Garcia, et l’Allemand Norbert Lins. Environ 70 personnes ont eu la chance d’assister à cet événement.

 

Les nouveaux enjeux pour la production agricole qui ont été évoqués sont les suivants :

  • une nécessaire augmentation de la productivité pour répondre aux besoins alimentaires croissants au sein de l’Union européenne et à l’extérieur de ses frontières ;
  • une pression accrue des dérèglements climatiques: extension des zones de dégâts des ravageurs vers le Nord de l’Europe (réduisant les potentiels de rendements en Finlande), des périodes de météo très humide (favorisant le développement de maladies fongiques sur la vigne, les pommiers ou les pommes de terre par exemple, nécessitant de très nombreux traitements phytosanitaires), des épisodes de sécheresse et de haute température (stress pour le maïs en France réduisant le potentiel de rendement)
  • une demande croissante des consommateurs pour des produits de l’agriculture biologique, non traités par des produits chimiques de synthèse
  • la réduction du nombre de produits phytosanitaires autorisés.

 

Pour répondre à ces nombreux défis, les agriculteurs européens disposent de différents outils. Ils ont demandé dans cette conférence à pouvoir avoir le choix de disposer des leviers les plus efficaces. Le progrès génétique en est un. Les nouvelles techniques de sélection, regroupées sous le nom générique de « New Breeding Techniques » (NBT) apportent des solutions nouvelles auxquelles les producteurs souhaitent avoir accès. Par exemple pour produire du maïs tolérant à la sécheresse sans que celle-ci n’affecte son rendement ; un maïs résistant à un insecte ravageur sans nécessiter d’insecticide ; une vigne résistante à l’oïdium et/ou au mildiou sans recourir à un fongicide qui conserverait au vin sa typicité ; un concombre résistant à un insecte (thrips) sans avoir recours à un insecticide

 

Plusieurs experts ont souligné la grande précision des nouvelles techniques de sélection, en particulier dans le cas des techniques d’édition de génome. De plus, un certain nombre de ces techniques ne nécessitent ni l’insertion de matériel génétique externe, ni de passage de barrière entre les espèces en particulier, point commun avec la mutagénèse utilisée depuis couramment depuis plusieurs décennies.

 

Enfin, plusieurs intervenants ont demandé plus de visibilité, de transparence. Tout d’abord, sur la réglementation : la définition européenne des OGM est devenue obsolète et les autorités européennes n’ont toujours pas décidé si les produits issus des NBT relevaient de la Directive encadrant les OGM. Ensuite, transparence pour les consommateurs sur les trajectoires de production : pourquoi ne pas leur demander simplement par exemple : souhaitez-vous acheter une pomme traitée trente fois contre les maladies fongiques ou bien une pomme non traitée et mise au point par une des nouvelles techniques de sélection génétique ?

 

Plus d’informations ici : http://www.prri.net/2016-10-11-new-breeding-solutions-new-farmers-challenges/

 

TTIP : avancées techniques, ralentissement politique des négociations

Logo_TTIPCette première semaine d’octobre, plusieurs réunions importantes pour le commerce international se sont tenues aux Etats-Unis.

 

Le Comité Monétaire et Financier du Fonds Monétaire International s’est réuni à Washington. Il a insisté sur les bénéfices de l’internationalisation des échanges pour l’économie mondiale, regrettant la « montée des tendances protectionnistes, principalement dans les pays avancés », qui constitue « de sérieux risques pour la croissance mondiale, avec un impact négatif sur les perspectives de croissance des pays émergents et des pays en développement ». Fait nouveau, le FMI a également reconnu qu’il était nécessaire de « mettre en œuvre des mesures coordonnées qui permettront de mieux partager les bienfaits de l’intégration mondiale »[1]. En d’autres termes, le FMI reconnaît que si l’internationalisation des échanges a alimenté la croissance économique mondiale, la création de valeur a été inégalement répartie, ce qui est le principal grief des anti-mondialisation.

 

C’est dans ce contexte que s’est tenu à New York le 15e cycle de négociations du Partenariat Transatlantique de Commerce et d’Investissement (TTIP)  du 3 au 7 octobre 2016. Dans la conférence de presse finale, Ignacio Garcia Bercero, négociateur en chef européen, a insisté sur la dimension géopolitique de ces négociations. Pour lui, il est essentiel d’avoir des relations étroites avec nos partenaires commerciaux pour aider l’Europe à façonner la mondialisation selon nos propres standards élevés et notre propre vision, au bénéfice des consommateurs.  M. Bercero a également estimé que la convergence réglementaire apportée par le TTIP serait non seulement bénéfique aux entreprises européennes (en particulier les plus petites), mais aussi aux consommateurs, en réduisant les coûts des produits en raison de réglementations plus efficaces et mieux coordonnées entre partenaires commerciaux.

 

Ce 15e cycle de négociations s’est concentré sur le volet réglementaire : cohérence réglementaire, barrières techniques au commerce, et santé animale et végétale (mesures sanitaires et phytosanitaires). Les neuf secteurs où la coopération réglementaire a été discutée sont les suivants : automobile, produits pharmaceutiques, chimiques, cosmétiques, technologies de l’information et de la communication, pesticides, ingénierie, appareils médicaux, et textiles.

 

Le TTIP devrait être un des principaux points de discussion à l’ordre du jour de la réunion du Conseil européen des 20 et 21 octobre 2016. Il sera également abordé lors du Conseil des ministres du commerce prévu le 11 novembre prochain.

 

 

[1] Communiqué du Groupe intergouvernemental des vingt-quatre pour les questions monétaires internationales et le développement (6 octobre 2016) http://www.imf.org/fr/News/Articles/2016/10/06/cm100616-Intergovernmental-Group-of-Twenty-Four-on-International-Monetary-Affairs-Development

 

La place des think tanks dans le débat public français mérite d’être renforcée

IRISL’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) a organisé, le 27 janvier dernier, une conférence sur le thème : « Think tanks : quelle contribution aux débats stratégiques ? ». Retour sur les points clés de cette manifestation.

 

A l’occasion de la parution du classement mondial des Think thanks « Global Go-To Think Thank 2015 », réalisé par l’Université de Pennsylvanie sous la direction du Professeur James McGann, l’IRIS a souhaité revenir sur la contribution des think tanks aux débats stratégiques. Autour de la table, Pascal Boniface, Directeur de l’IRIS, Manuel Lafont Rapnouil, Directeur du Bureau de Paris de l’European Council on Foreign Relations (ECFR) et Pascal Cherki, député de Paris, membre du conseil d’administration de l’IRIS.

 

Influencer positivement la prise de décision

 

Les intervenants ont proposé leur vision du rôle des think tanks et de ce qu’il convenait d’attendre d’eux dans le débat public.

 

Selon Manuel Lafont Rapnouil, la vocation première des think tanks est d’influencer la prise de décision au sens positif, soit directement soit via le débat d’idées : « L’influence, c’est comme l’infusion d’un sachet de thé ; au bout d’un moment, plus ou moins long, l’eau est teintée, de manière plus ou moins forte, sans que l’on ait vu comment cela s’est réellement produit ».

 

La vocation des think tanks est donc d’apporter de l’expertise, à savoir un véritable travail de recherche, généralement appliquée et si possible multidisciplinaire. Cette expertise est sensée être indépendante et nourrir la discussion publique en apportant des propositions concrètes. En effet, les recommandations doivent avoir une portée opérationnelle (les anglais emploient le terme de « policy relevant »). Ces recommandations doivent ensuite faire l’objet d’un suivi, jusqu’aux conditions de mise en place d’un nouveau dispositif et de son évaluation.

 

Se démarquer du règne de l’immédiateté

 

Le think tank doit en outre avoir la capacité d’être prospectif. Un tel objectif ne peut être atteint sans penser autrement. Pascal Boniface confirme ce point en rappelant que « par définition un think tank n’est pas consensuel ». Cet objectif nécessite également de s’affranchir du règne de l’immédiateté, ce qui est de plus en plus difficile dans notre société de l’information, qui impose de réagir à chaud aux évènements.

 

Aux Etats-Unis, où les think tanks sont puissants et nombreux (on en dénombre 1835) il existe un débat récurrent sur leur obsolescence, résultant des doutes quant à leur indépendance. On peut citer plusieurs phénomènes qui nourrissent cette défiance. Leur modèle économique tout d’abord, dans lequel les financements fixent le programme de travail ; le système des portes communicantes ensuite – « revolving doors » – où les experts sont dans le secteur privé ou public, passent dans les think tanks, puis font le chemin inverse. Selon Manuel Lafont Rapnouil, une telle pratique peut jeter un doute sur l’indépendance de l’expertise, mais cela constitue également une force car les idées circulent et peuvent être mises en œuvre. On peut ajouter que cette pratique favorise le renouvellement des élites administratives (sur ce point, lire l’article de Kevin Brooks, “spoil system, pourquoi il faut s’en inspirer”, Figaro Vox, 31 octobre 2014).

 

Il existe par ailleurs un dévoiement potentiel de l’expertise avec une polarisation politique très forte où certaines institutions revendiquent le fait d’être partisane. Mais dans ces conditions, sommes-nous encore face à des think tanks ? Comme l’a rappelé Pascal Cherki, un think tank ne doit pas avoir d’opinion, mais une sensibilité, un objectif. Celui de l’IRIS est de considérer que la France a encore une place à jouer sur la scène internationale.

 

Citons enfin la crise du modèle général de l’expertise causée, une fois encore, par le règne de l’immédiateté. Il est plus facile de lire une tribune dans un journal qu’une analyse de 100 pages. Dans ces conditions les alternatives à l’expertise se développent. C’est ainsi que prospèrent les blogs, généralement tenus par des personnes aux solides connaissances, les réseaux virtuels de chercheurs, les sociétés de conseil ou les ONG et fondations, dont certaines ont d’ailleurs leur propre think tank.

 

En France, un tel débat sur les think tanks n’a pas encore eu lieu. Il faut reconnaître que bien que croissante, l’influence des think tanks reste encore modeste à la fois dans le débat public et dans la prise de décision. Rappelons que la France se place au 6e rang du classement de l’Université de Pennsylvanie, loin derrière la Grande Bretagne et l’Allemagne et avec un seul think tank présent parmi les 100 premiers, là où il y a 16 britanniques et 9 allemands.

 

En France, la centralité de l’exécutif n’a pas aidé à l’essor des think tanks

 

A cela plusieurs raisons. En premier lieu, notre modèle institutionnel valorise la centralité de l’exécutif avec un rôle moindre octroyé au Parlement et aux corps intermédiaires. Pascal Boniface identifie ici un problème spécifique à la France. La prééminence régalienne est pendant longtemps venue empêcher le développement des think tanks, considérés comme potentiellement critiques de l’action publique. En deuxième lieu, ce modèle valorise l’expertise publique qui est fournie par une fonction publique de carrière. En troisième lieu, le modèle universitaire fonctionne avec un raisonnement très disciplinaire. En quatrième lieu, la culture économique et sociale est peu tournée vers la philanthropie.

 

Enfin, en matière de politique étrangère, notre culture politique laisse peu d’espace au débat. Il existe une certaine continuité de la politique étrangère entre droite et gauche qui limite le champ d’intervention des think tanks.

 

Mais une chose est certaine, dans un monde où les enjeux stratégiques, économiques ou sociétaux sont de plus en plus complexes, les think tanks ont une place à prendre pour aider les citoyens et les décideurs politiques à les décrypter. Un constat qui avait également été partagé lors de l’AG 2014 de saf agr’iDées.

 

A lire aussi : Tribune « La think communication commence maintenant »

 

Institutions, science, marché, société civile et sécurité alimentaire

securite-alimentaire2Le 7 octobre 2015 à Paris. Cette conférence est organisée par l’Académie d’Agriculture de France et sera l’occasion pour Dacian Ciolos, ancien Commissaire européen à l’Agriculture de s’exprimer sur “Les institutions publiques nationales et intergouvernementales et la construction d’un dispositif de sécurité alimentaire”.

Plus d’informations :http://www.academie-agriculture.fr

La Commission de l’agriculture du Parlement européen rejette la proposition de la Commission européenne de nationaliser les autorisations d’OGM

Ce jeudi 3 septembre, la Commission de l’agriculture au Parlement européen a rejeté le projet législatif de la Commission européenne qui donnerait aux Etats-membres de l’Union européenne le pouvoir de restreindre ou d’interdire l’utilisation de denrées alimentaires et d’aliments pour animaux comportant des OGM et approuvés par l’UE (voir le communiqué de presse du Parlement européen ici). L’avis de rejet de cette proposition de la Commission de l’agriculture a été adopté à une large majorité : 28 voix pour, 8 voix contre, et 6 abstentions. La Commission parlementaire craint en effet que « des interdictions nationales arbitraires ne faussent la concurrence sur le marché unique européen et ne menacent les secteurs de la production alimentaire de l’Union, qui dépendent fortement des importations de nourriture pour animaux comportant des OGM ».

Ce sont ces mêmes arguments que 14 organisations européennes d’opérateurs (représentant les producteurs, coopératives, semenciers, industriels des biotechnologies, filières des céréales et des oléagineux, triturateurs, amidonniers, fabricants d’aliments composés, industries agroalimentaires) avaient utilisés dans une lettre commune en prenant position contre la nationalisation des procédures d’autorisation des OGM à usage alimentaire dans l’UE (voir l’analyse saf agr’iDées sur ce sujet). Selon ces opérateurs, une nationalisation des autorisations peut mettre en danger l’approvisionnement de l’UE, en particulier en matières premières destinées à l’alimentation animale, si des arguments autres que scientifiques relatifs à la santé ou à l’environnement peuvent être invoqués lors des décisions nationales d’interdiction.

Saf agr’iDées se félicite du vote de la Commission de l’agriculture du Parlement européen. En effet, ce vote répond aux demandes exprimées par notre think tank et 18 autres organisations agricoles et scientifiques européennes organisées en réseau (Farmers Scientists Network) dans une lettre adressée aux parlementaires européens. Cette lettre demandait de rejeter la proposition de la Commission européenne, d’appliquer le processus actuel d’autorisations, et de développer des politiques cohérentes pour aider les agriculteurs et les scientifiques européens qui aident les agriculteurs et les chercheurs européens à sécuriser l’approvisionnement stratégique en matières premières dont l’UE a besoin, sur les principes suivants : a) l’avenir de l’agriculture ne repose pas sur telle ou telle technologie, mais davantage sur la possibilité pour les agriculteurs d’utiliser au mieux différentes technologies ; b) pour répondre aux enjeux de la sécurité alimentaire, aucune forme d’agriculture ne doit être exclue ; c) l’élaboration des politiques ne devraient pas être fondée sur des interdictions générales infondées.

La commission de l’environnement du Parlement européen, compétente au fond sur ce projet législatif, adoptera sa position lors de sa réunion des 12-13 octobre. Le Parlement pourra ensuite examiner la proposition lors de la session plénière des 26-29 octobre à Strasbourg.

TTIP – Fantasmes et réalités : ça continue !

TTIPLe titre de notre agr’iDébat du 24 mars « TTIP : Fantasmes et réalités » continue de se décliner : d’un côté, Julian Assange lance une très médiatique campagne de financement participatif et promet une récompense de 100 000 $ à qui révélera le texte du Partenariat Transatlantique de Commerce et d’Investissements (TTIP).

 

De l’autre côté, la Direction générale du Commerce de la Commission européenne poursuit son travail de transparence sur le contenu et les enjeux du Partenariat, diffusant un document en 15 langues différentes. Son titre en français est « Au cœur du TTIP – un tour d’horizon et un guide chapitre par chapitre, dans un langage clair », et il est organisé en trois parties : accès au marché, coopération réglementaire, et règles. Notons dans chaque chapitre un souci de pédagogie évident, avec des exemples précis de préoccupations sociétales et les réponses de la Commission, et un appel au dialogue avec la société ou les parties prenantes par exemple, avec les différents moyens de contacter l’équipe de la Commission chargée de la négociation : par téléphone, par courrier, sur le site internet, sur les réseaux sociaux (Twitter), en s’exprimant lors des consultations du public ou des réunions avec les parties prenantes, ou encore en contactant son député européen.

Sur les questions de sécurité alimentaire, santé animale et végétale, on peut lire dans ce document que l’objectif du TTIP est de « coopérer pour dynamiser les exportations de produits alimentaires tout en protégeant les normes strictes de l’UE ». Un exemple illustré dans ce chapitre précise que « l’UE maintiendra ses restrictions sur les hormones ou les activateurs de croissance dans l’élevage, tout comme les Etats-Unis garderont leurs règles sur les contaminants microbiens ».

Sur les droits de propriété intellectuelle, le document de la Commission indique que le domaine des indications géographiques est l’un de ceux dans lesquels elle souhaite particulièrement aller de l’avant. Comme le droit américain permet aux producteurs de protéger les appellations d’origine européennes en tant que marques mais pas en tant qu’indications géographiques, il arrive que l’on trouve en magasin, aux Etats-Unis, des produits qui portent une appellation d’origine de l’UE alors qu’ils n’y ont pas été produits, induisant le consommateur américain en erreur. La Commission indique que « les importations utilisant abusivement des appellations protégées ne pourront jamais se retrouver sur le marché de l’UE ».

Sommes-nous tous des pays en voie de développement durable ?

Green world conceptLe 18 juin, le centre d’informations sur l’Union européenne « Toute l’Europe » a organisé un petit déjeuner en partenariat avec la Direction Légale et Administrative (DILA*) et son centre d’information Europe Direct, posant la question de la compatibilité budgétaire entre aide au développement et action d’adaptation/atténuation du changement climatique. Les trois intervenants lors de cette conférence étaient les suivants : Olivier Brochenin (ministère des affaires étrangères), Vanessa Laubin (Coordination SUD), et Alexandre Polack (Commission européenne).

 

Ce sont surtout les pays les moins avancés qui redoutent que les financements internationaux liés au climat (adaptation et atténuation du changement climatique) soient dirigés essentiellement vers les pays émergents. Pourtant, les trois intervenants à cette conférence se sont voulus rassurants sur la compatibilité des objectifs climat et développement, qu’ils ont qualifiés de « deux faces d’une même pièce ». La dimension « climat » est par exemple omniprésente dans le texte en cours de négociation de la prochaine réunion onusienne qui se tiendra à Addis-Abeba en Ethiopie du 13 au 16 juillet sur le financement du développement. Le représentant du ministère des affaires étrangères a eu le sens de la formule en affirmant que « nous, pays développés, devrons tous accepter d’être des pays en voie de développement durable », lors des trois prochains grands rendez-vous de l’année : cette réunion de juillet à Addis-Abeba, celle de New York en septembre où les pays membres des Nations Unies s’accorderont sur les Objectifs de Développement Durable (ODD), et enfin lors de la COP21 à Paris en novembre-décembre prochains.

 

Etrangement, l’agriculture, pourtant au cœur de ces enjeux, n’a guère été mise en avant lors de cette conférence du 18 juin, les intervenants ayant davantage insisté sur le secteur de l’énergie. Interrogé sur la problématique agricole, le représentant du ministère des affaires étrangères a pourtant situé l’agriculture tout en haut de l’agenda : les investissements en agriculture durable devraient être mis en avant à la réunion d’Addis-Abeba, et le deuxième ODD qui devrait être adopté à New York sera consacré à l’agriculture durable. Quant à la représentante de l’ONG Coordination Sud, elle s’est montrée très réservée sur l’Alliance Mondiale sur l’Agriculture Climato-Intelligente, en raison de l’implication de géants de l’agrobusiness dans ce projet, au lieu de partenaires du privé au niveau local.

 

Annonce et programme de cet événement : http://www.touteleurope.eu/evenements/2011-2014-les-petits-dejeuners-debats-dila.html?no_cache=1

*DILA : direction d’administration centrale des services du Premier ministre, placée sous l’autorité du Secrétariat général du Gouvernement.

 

Faut-il en finir avec les OGM ?

MCDH-Sud Radio-20150428Marie-Cécile Damave-Hénard était invitée aux côtés de Bernard Lannes, président de la Coordination Rurale, à débattre de la question : Faut-il en finir avec les OGM ? dans l’émission « Le Grand Référendum » de Sud Radio, en direct le 28 avril 2015 entre 9h et 10h.

Le point de départ de la discussion était les récentes évolutions de la réglementation européenne des autorisations des OGM : la possibilité pour chaque état membre d’interdire ou restreindre des autorisations de nouveaux OGM autorisés dans l’UE, tant pour leur culture sur le sol européen que pour leur utilisation en alimentation humaine ou animale, et la récente autorisation de l’utilisation de 17 nouveaux OGM par la Commission européenne destinés à l’alimentation.

Les deux intervenants étaient d’accord sur le fait que cette nouvelle dose de subsidiarité dans la politique européenne met en danger le marché unique européen, et qu’il est réducteur d’avoir une approche monolithique des OGM tant leur nature et usages sont divers. Impossible de répondre catégoriquement à la question : faut-il produire des OGM en Europe ou en France ? puisque tout dépend à la fois de leur sécurité et de leur utilité dans ce contexte précis. Les questions de la coexistence des filières OGM et bio, de la gestion des risques, des lobbies, de la recherche publique et privée, et de la politisation de ce sujet ont été abordés. Ce fut également l’occasion de mentionner le prochain agr’iDay du 24 juin : Les semences : une pépite française.

 

Le podcast de cette émission est disponible ici.

 

Pour en savoir plus, deux analyses récentes de MC Damave-Hénard :

10 avril : Proposition de la Commission européenne de nationaliser les autorisations de commercialisation d’OGM – levée de boucliers des opérateurs européens

12 décembre 2014 : Révision de la procédure d’autorisation des OGM : une réponse aux attentes sociétales, pas à celles des opérateurs économiques

 

Soutien de la Commission européenne à la promotion des produits agricoles

La Commission européenne vient d’approuver le 21 avril 2015, 41 nouveaux programmes destinés à la promotion des produits agricoles au sein de l’UE et sur les marché des pays tiers. Dotés d’un montant total de 130 millions d’euros sur 3 ans, les programmes seront cofinancés jusqu’à 50% (60% pour certaines exceptions) par le budget de l’Union, à hauteur de 65 millions d’euros. Ce montant comprend 30 millions d’euros de fonds de l’UE supplémentaires, mis à disposition par la Commission à la suite de  l’embargo décrété en août dernier par la Russie sur les importations de produits alimentaires européens.

Les programmes sélectionnés émanent de 18 Etats membres et concernent les fruits et légumes frais, les produits laitiers, les produits de qualité (AOP, IGP, STG), les produits biologiques, l’huile d’olive et la viande, ainsi que des combinaisons de différentes catégories de produits.

La France voit cinq de ses programmes (dont un multiple, avec l’Italie) cofinancés à hauteur de 11,24 millions d’euros. Les secteurs laitier, des fruits et légumes, ainsi que la filière du lin sont concernés. Les actions financées prendront la forme de campagnes publicitaires ou de relations publiques, visant à valoriser les démarches de qualité, de sécurité, d’étiquetage, de bien-être animal ou encore de respect de l’environnement, entrepris par les filières européennes.

 

Source : BEAF

Terra Nova : Une analyse politique de la Commission Juncker : Une nouvelle dynamique est-elle née ?

L’annonce des premières modalités du plan d’investissement de la Commission Juncker conduit à revenir sur l’analyse politique de la composition de la Commission et de ses premiers pas. Cette note de Pénélope Debreu publiée par le think tank Terra Nova s’inscrit d’une série intitulée « La démocratie européenne et le cycle électoral 2014 ».

 

 

Pour en savoir plus : http://www.tnova.fr/sites/default/files/27112014%20-%20Analyse%20politique%20de%20la%20Commission_0.pdf

 

BerlayMaster : abattez vos cartes !

Créé par Toute l’Europe, BerlayMaster vous permet de faire connaissance avec les nouveaux commissaires européens. La règle du jeu est très simple : il suffit d’associer la carte “commissaire” à la description correspondante. Excellent moyen de faire connaître ces nouvelles figures européennes de manière ludique !

 

 

Pour en savoir plus : http://www.touteleurope.eu/actualite/berlaymaster-le-jeu-des-commissaires-europeens.html

 

L’Europe est-elle en échec ?

scheiterteuropa.jpg_574_800_2L’Institut Jacques Delors – Notre Europe publie une synthèse de l’ouvrage de Joschka Fischer intitulé “Scheitert Europa?” (L’Europe est-elle en échec ?) accessible en ligne.
Dans son ouvrage Joschka Fischer souligne que le projet d’intégration européenne n’a jamais été autant menacé qu’à l’été 2014. Deux « démons » historiques sont de retour sur le continent européen : l’hégémonie et la guerre. Selon lui, l’UE peut succomber à ses vieux démons et échouer, ou évoluer vers des États- Unis d’Europe plus forts et plus solides ; cela dépendra essentiellement de l’Allemagne et de son partenaire indispensable, la France.