Le think tank Fing imagine la ville résiliente de demainPublié le 9 novembre 2017 par Marie-Laure HUSTACHE

 

Il est toujours intéressant de se plonger dans les publications de la Fing, think tank de référence sur les transformations numériques, et notamment dans son dernier Cahier d’enjeux questions numériques intitulé “Think Small” , fruit d’un travail collectif téléchargeable en ligne .

“Avec le numérique, tout augmente, et celui qui ne grandit pas est fini. Telle est la vision courante du numérique, que nous avons choisi de prendre à rebrousse-poil dans ce cahier. Face aux difficultés d’un monde plus complexe et moins administré, il semble en effet souvent imaginable de concevoir des réponses décentralisées, mais articulées entre elles. Tout en prenant au sérieux le « big », ne doit-on pas considérer la puissance du « small » ? L’exploration des potentiels de la petite échelle permet d’entrevoir des pistes stratégiques possibles pour ceux des petits et des grands acteurs qui se confrontent aujourd’hui à la nécessité d’évoluer.” préviennent les auteurs du Cahier, en guise d’introduction.

Sur le volet de l’alimentation, on trouve notamment en page 40 dans le chapitre consacré à la “ville zéro grande infrastructure” un exercice de prospective portant sur la période 2024-2030 et au delà, mettant en vedette la ville du Havre, confrontée au changement climatique et à l’autosuffisance alimentaire, stimulée par les nouveaux actes citoyens issus de l’économie collaborative.

En matière d’alimentation, les fermes urbaines ne suffisant pas, la ville renoue avec son environnement agricole. Des expériences controversées sont également menées : agriculture cellulaire (« du lait sans vaches, des œufs sans poules, de la viande sans bœufs ») et fermes à insectes comestibles.” peut-on lire sur la partie 2024-2030 / gestion des risques.

Après 2030, les experts évoquent une “reconfiguration autour du local connecté” : “un grand nombre de petits boulots locaux  émergent ou réapparaissent : médiateur de services, micro livreur, recycleur, réparateur multitâche, etc. Seule ou en partenariat, la ville organise ses propres plateformes d’économie collaborative : les marchés de producteurs avec La Ruche Qui Dit Oui, un substitut d’Uber intégré au système des transports publics…

Certains “grands” acteurs s’adaptent. Ainsi, le distributeur Carreprix restructure sa surface commerciale pour accueillir les marchés locaux, gérer le principal stock d’urgence, vendre des semences, donner des cours d’horticulture, et échanger les surplus de production locale avec ceux d’autres villes.”
Une description de la résilience locale telle que l’on pourrait l’imaginer en ce 21ème siècle, où le numérique (à travers les plateformes, les monnaies locales et virtuelles etc.) joue un rôle central (Fing oblige !) mais dont  les limites ne sont pas occultées par les auteurs qui rappellent que “relier de multiples actions locales requiert des réseaux et des plateformes efficaces, ainsi qu’une “gouvernance” bénéficiant d’un haut niveau de confiance” ou qui soulignent aussi les risques d’épuisement participatif des  habitants les plus engagés…
Des limites liées donc à un défaut d’organisation, d’harmonie des actions et protocoles, et au facteur humain… Des challenges très actuels qui se répèteraient ainsi dans le futur proche et lointain !