Transformation numérique de la formation en agrobiosciencesPublié le 2 juin 2017 par Marie-Cécile DAMAVE

Le 30 mai, Agreenium a organisé dans les locaux d’AgroParisTech un colloque international qui a mis en lumière les impacts du numérique sur les formations en agriculture, alimentation, santé animale et environnement.

 

La transformation numérique de l’enseignement met en question l’organisation universitaire, a rappelé Philippe Jamet, Directeur général de l’Institut Mines Telecom : l’éducation devient customisée, la relation enseignant-étudiant se réticularise, l’éducation passe de nature de stock à celle de flux, puisque la formation continue est de plus en plus importante relativement au diplôme initial. L’utilisation des outils numériques dans l’enseignement supérieure entraîne une rupture dans l’unité de temps – avec une formation qui devient possible tout au long de la vie – et de lieu – les étudiants sont mobiles, et « maraudent du savoir ».

 

Cependant, d’une manière générale, cette transformation est freinée par son coût élevé, car elle demande des investissements élevés entraînant des retours sur investissements à la fois faibles et lents. De plus, les pédagogies actives que permettent les technologies numériques se heurtent à des réticences du côté des enseignants comme du côté des étudiants. Pour l’instant, l’impact du numérique reste limité sur la formation initiale, mais est déjà significatif sur la formation continue.

 

Concrètement, Catherine Mongenet, directrice de FUN-MOOC, a présenté cette plateforme numérique mutualisée d’enseignements à distance (Massive Open Online Course) basée à Paris. Lancée par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, FUN-MOOC est un Groupement d’Intérêt Public co-financé par ses établissements membres et le ministère. Il rassemble aujourd’hui 300 cours diffusés à l’occasion de 523 sessions différentes et proposés par plus de 100  établissements partenaires (dont Agreenium, Montpellier Sup Agro, Agro Campus Ouest, AgroParisTech, AgroSup Dijon sur les agrobiosciences) et compte 3 millions d’inscriptions.

 

Divers intervenants ont souligné le rôle de la formation dans le développement agricole, et l’avantage de l’outil numérique pour l’enseignement à distance, qui permet un accès au plus grand nombre. Ainsi, les inscrits à FUN-MOOC comptent 16% d’Africains. Autre exemple, le centre d’enseignement numérique à distance de la FAO (organisation onusienne pour l’agriculture et l’alimentation). Cristina Petracchi, responsable du centre de e-learning de la FAO, a présenté ses services : des cours multilingues et gratuits sur de nombreux sujets tels que la sécurité alimentaire et nutritionnelle, le développement social et économique, et la gestion durable des ressources naturelles, pour répondre aux besoins des professionnels de l’agriculture et de la sécurité alimentaire.

 

Les intervenants ont insisté sur l’importance des partenariats de ces plateformes numériques de formation à distance avec des organismes privés et publics pour assurer la qualité de l’enseignement à distance. Ils ont aussi noté l’émergence de nouveaux acteurs de l’enseignement, extérieur au monde académique, proposant un encadrement différent. Enfin, les intervenants ont également mis en avant le rôle d’autres outils numériques dans la formation des acteurs du monde agricole, en particulier dans les pays en développement : smartphones et réseaux sociaux notamment.