UIPP : Accélérer les transitionsPublié le 22 janvier 2021 par Isabelle DELOURME

Brunio Baranne, président Syngenta France SAS

« La protection des plantes se transforme, se réinvente, évolue ». Bruno Baranne, Président de l’UIPP (Union des industries de la protection des plantes) a souligné lors de la conférence de presse du 20 janvier 2021 l’implication des acteurs du secteur pour assurer la sécurisation des exploitations agricoles françaises et leur engagement dans la transition agroécologique en cours avec la présentation d’une feuille de route à horizon 2030.

 

Le bilan d’activité du secteur en 2019 montre la poursuite d’une décrue de l’utilisation des substances actives. En 20 ans, les tonnages ont ainsi baissé de 40 % en France. Pour les adhérents de l’UIPP, qui représentent 96 % du marché en valeur, les tonnages de substances actives sont passés de 68 678 tonnes en 2018 à 53 347 t. Une évolution qu’Eugenia Pommaret, Directrice générale de l’UIPP, explique par des achats anticipés des agriculteurs en 2018, en vue de la mise en place début 2019 de la redevance pour pollution diffuse, mais aussi par les conditions climatiques de 2019 qui ont réduit la pression sanitaire et permis de limiter les besoins des cultures. Les produits de biocontrôle, poursuivent une croissance dynamique depuis 2018 et représentent désormais 36 % des substances actives vendues en France. Cette baisse des tonnages commercialisés conduit à un chiffre d’affaires du secteur également en baisse (1,87 Mds d’euros en 2019, soit – 5,5 %), mais moindre, qui s’explique, selon l’UIPP, « par une augmentation continue de la valeur ajoutée du secteur qui intègre tous les aspects de la protection des plantes, comme le digital ou le biocontrôle avec l’objectif de réussite de la transition agricole ».

 

Bruno Baranne, a ensuite présenté la Feuille de route du secteur de la protection des plantes, à horizon 2030. Cet exercice engagé avant la crise sanitaire provoquée par la Covid-19, a été enrichi à l’issu du premier confinement par les réflexions tirées de cette période lors d’entretiens avec l’ensemble des dirigeants des entreprises adhérentes. Une période qui a révélé la fierté des entreprises d’avoir pu assurer la continuité d’approvisionnement des exploitations agricoles, la mise en évidence d’une nécessaire imbrication des différents secteurs de l’amont, et une volonté d’accélérer la transition agroécologique en cours.

 

Cette Feuille de route des Industries de la protection des plantes répond à la question « Comment notre secteur peut-il contribuer à accélérer la transition agroécologique de l’agriculture française pour conforter sa résilience ?». Elle rassemble des objectifs consensuels autour de trois thèmes majeurs : la souveraineté alimentaire, les capacités de recherche et d’innovation, le dialogue avec l’écosystème.

 

D’ici 2030, les engagements majeurs sont les suivants :

  • Souveraineté alimentaire : soutenir le concept One Health, maintenir un tissu d’innovation, de recherche et de mise à disposition de solutions de protection des cultures en Europe, renforcer les liens avec les parties prenantes de l’agriculture et des filières alimentaires.
  • Recherche et innovation : se concentrer sur les outils d’avenir (digital, robotique, biotechnologies, produits d’origine chimique ou biologique, optimisation de leur utilisation) et s’impliquer sur les thématiques du changement climatique et du stockage du carbone.
  • Dialogue : être des porte-paroles plus engagés et plus efficaces aux côtés de toutes les parties prenantes et notamment rendre plus visibles les efforts de recherche et d’accompagnement des personnes.

 

En réponse à plusieurs questions, Bruno Baranne, a rappelé qu’au niveau européen, les entreprises membres de l’ECPA, European Crop Protection Association, ont pris l’engagement d’investir sur 10 ans 10 milliards d’euros dans le digital au service de la protection des plantes et 4 milliards d’euros dans le biocontrôle sur les dix prochaines années. « L’UIPP est sur cette dynamique. Notre métier se transforme, sur un rythme qui est le sien. Cela passe par une complémentarité entre toutes ces technologies. L’alignement avec « Farm to Fork » est parfait. L’objectif de nos entreprises est de toujours maintenir de la performance pour les agriculteurs, avec de la durabilité qui réponde aux attentes sociétales ».