Un rapport du Sénat sur la même ligne que notre note “Lait : opportunités et stratégies gagnantes”Publié le 7 juillet 2015 par Marie-Cécile Damave

RaisonNoteLes Sénateurs Claude HAUT et Michel RAISON ont signé un rapport d’information publié le 25 juin dernier au nom de la commission des affaires européennes sur la situation du secteur laitier après les quotas, en réponse à la question suivante : la France sera-t-elle encore demain un grand pays laitier ?
Notre think tank saf agr’iDées est cité à plusieurs reprises dans ce document, le Sénat a auditionné Philippe FAUCON et Patrick FERRERE pour préparer ce rapport, et notre agr’iDay « Lait : opportunités et stratégies gagnantes » du 21 janvier 2015 y est qualifié de « colloque passionnant ».
Tout comme dans notre note de think tank « Lait : opportunités et stratégies gagnantes » publiée à l’occasion de cet agr’iDay, le manque d’anticipation de la fin des quotas est souligné dans le rapport du Sénat, avec « l’illusion d’un ultime retournement ». Le rapport du Sénat dénonce sévèrement l’absence de stratégie claire dans notre pays, contrairement à d’autres aux ambitions nationales affichées. Le jugement des Sénateurs HAUT et RAISON est sans appel : « La France présente un catalogue où rien de manque. […] Il y a tout. Autrement dit, il n’y a rien ».
Ce rapport demande la formation des producteurs de lait sur le fonctionnement des marchés à terme : « Tôt ou tard, la technique des marchés à terme sera expérimentée par les producteurs laitiers. Il faudra évidemment une formation en ce sens». C’est l’objet de l’une de nos propositions : « mettre en place un système de marchés à terme sur les produits laitiers permettrait de mieux lire le marché, qui manque aujourd’hui de prix directeur, et permettrait plus de visibilité et d’anticipation possible de la part des acteurs de l’amont et de la transformation ». Les auteurs du rapport nous rejoignent également sur l’insuffisance des outils de connaissance des marchés aujourd’hui disponibles, et notamment l’Observatoire mis en place par la Commission européenne.
Le rapport du Sénat contient un long chapitre consacré aux exploitations laitières de grande taille, intitulé « Oser l’expérimentation des très grandes fermes », considérant que « la grande ferme est un élément de force pour l’aménagement du territoire, contrairement à tout ce qui se dit ! » Remarquons que, dans notre note de think tank, nous nous étions prononcés pour l’augmentation de la taille des exploitations « pour réaliser des économies d’échelle, en particulier grâce au salariat et aux compétences managériales des chefs d’entreprises agricoles, et jusqu’à l’émergence de grands troupeaux au système économique et environnemental rationalisé et optimisé ».
Enfin, le rapport du Sénat évoque la place des produits laitiers dans les négociations transatlantiques du TTIP (Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement) entre l’UE et les USA essentiellement sous l’angle des indications géographiques, sujet sensible et défensif français et européen face au système américain des marques. C’est une différence notable avec l’approche développée lors de notre agr’iDébat du 24 mars intitulé : « TTIP : fantasmes et réalités », où un représentant de l’industrie laitière française a présenté davantage ses intérêt offensifs, avec de bonnes opportunités d’augmenter les exportations nationales vers les Etats-Unis en cas de signature d’un accord, grâce à une réduction des droits de douanes américains, nos produits pouvant répondre à la demande américaine qui n’est pas satisfaite par leur production nationale.