Ville – campagne : des relations en mutationPublié le 28 octobre 2016 par Marie-Laure HUSTACHE

soletcivphotoC’est un véritable « débat de société », comme a insisté en introduction Anne-Claire Vial, la Présidente de Sol et Civilisation, qu’a souhaité mettre en avant au CESE le 26 octobre  le think tank, à l’occasion de ses 25èmes Assises. Beaucoup d’acteurs se sont succédé au cours de l’après-midi pour « repenser » le couple ville – campagne, une réflexion qu’avait déjà mené saf agr’iDées en 2013 en consacrant une partie de son Rapport sur les territoires à ce duo si complémentaire.

Géographe et professeur à l’Ecole d’urbanisme de Paris, Martin Vannier a relevé le pari, et a cherché à aller contre les idées reçues sur le fameux déclin rural inexorable et l’image de « deux France séparées. » Rappelant que 83 % des Français vivent dans des grandes aires urbaines mais que 90 % de nos communes restent peu denses, ce dernier a évoqué  « des réalités indistinguables et entremêlées » : « Oui il y a des espaces en déclins démographiques mais ils ne sont pas majoritaires dans nos campagnes. Il nous faut dès à présent activer le potentiel politique contemporain du couple ville-campagne et repenser ce binôme pour de vrai ! »

Les deux tables rondes, plus techniques et axées sur des témoignages, ont ensuite traité des contrats de réciprocité ville-campagne et des nouvelles gouvernances, avec tout d’abord des exemples concrets comme Brest Métropole et le Centre Ouest Bretagne, ou encore les projets du Grand Genève. Sur ce cas, Philippe Estèbe, politiste a tenu à bien différencier l’agriculture Suisse (très protégée et inscrite dans une politique offensive d’aménagement du territoire  via notamment le très label « Swissness ») de l’agriculture Française (plus industrielle et axée sur l’export), l’amenant à déclarer que contrairement à la Suisse « l’agriculture de proximité, hormis quelques niches, n’’est pas l’avenir de l’agriculture française . » Une affirmation que n’a pas forcément partagée Laurence Delva, Cheffe du service de l’alimentation à la Direction générale de l’alimentation du Ministère de l’agriculture, venue justement présenter les caractéristiques et les bénéfices des PAT (projets alimentaires territoriaux) envers lesquels « les agriculteurs ont de fortes attentes » a souligné Anne-Claire Vial. Revenant à la question centrale de ce débat sur l’état des relations ville-campagne, Vanik Berberian, Président des maires ruraux de France, a rappelé de son côté que la ruralité d’hier n’existait plus et que « celle d’aujourd’hui est bien là, vivante, présente, et sous une forme différente que celle que veulent souvent lui donner les urbains ». « Dépassons aussi les nouveaux mythes de la « ville verte » et seule garante de la biodiversité. » a complété Olivier Jacquin, agriculteur et élu en Meurthe et Moselle.

Si la dichotomie urbain-rural a encore de beaux jours devant elle force est de constater que les indépendances sont de plus en plus nombreuses et complexes à l’heure de l’ultra-mobilité et de l’économie ouverte. Avec ne l’oublions pas, derrière ces problématiques d’ordre politique, des femmes et des hommes souhaitant vivre bien et vivre mieux sur leurs territoires.

Les vidéos de ces Assises seront prochainement en ligne sur le site de Sol et Civilisation.