Women in Agribusiness Europe : rencontre internationale des femmes de l’agroindustriePublié le 8 juillet 2020 par Marie-Cécile DAMAVE

La rencontre annuelle européenne de « Women In Agribusiness » (littéralement « Les Femmes de l’Agro-industrie ») s’est tenue les 2 et 3 juillet 2020, non pas à Paris comme initialement prévu mais en distanciel, comme beaucoup d’autres événements, pour cause de pandémie de Covid-19. Agridées était partenaire de cet événement, et a assuré l’animation d’une session dédiée à l’innovation.

 

De nombreuses thématiques d’actualité ont été abordées pendant ces deux journées, dont les politiques agricoles, les transformations de l’agriculture, les innovations technologiques, les impacts de la pandémie de Covid-19, la lutte contre les pertes et gaspillages alimentaires, les demandes sociétales, les financements des démarches de durabilité. Ce fut également l’occasion de mettre en avant les parcours et carrières de plusieurs dirigeantes.

 

La session dédiée à l’innovation que nous avons animée était une opportunité de présenter notre think tank et ses travaux en la matière, plus particulièrement sur l’innovation biotech en mode startup, la transition numérique agricole et l’urgence pour les entreprises agricoles de s’engager dans la bioéconomie.  Cette session a mis en avant trois jeunes femmes dirigeantes de startups :

  • Shirley Billot pour la marque de cosmétiques Kadalys, qui propose une gamme de produits à base d’actifs extraits de déchets de bananes françaises ;
  • Yanne Courcoux représentant la société de robotique Tibot, qui propose des robots aux éleveurs de volailles pour améliorer le bien-être des éleveurs et des animaux ;
  • Christa Hermann, co-fondatrice de Terrabiom, qui travaille à la mise au point de préparations de microorganismes à inoculer dans les sols dégradés pour restaurer leur fertilité.

 

Durabilité des produits et responsabilité sociétale, implication directe des agriculteurs dans le processus d’innovation, nécessité d’établir des partenariats avec des entreprises et la recherche publique (établissements de l’Enseignement Supérieur, organisations telles que le CIRAD ou l’INRA), priorité à l’humain et « market-pull » plus que « techno-push » étaient des valeurs et priorités partagées par les trois intervenantes.

 

Notons également que le concept international « One Health » (« un monde, une santé » initiée par l’Organisation Mondiale de la Santé), s’il n’a pas été nommé par les représentantes des startups, était sous-jacent à leurs projets. Selon ce concept, la santé des humains est intimement liée à celle des animaux, des plantes et de l’environnement (celles des sols en particulier).

 

Dans les autres sessions, les participantes ont souvent abordé la nécessité d’améliorer simultanément les performances économiques et environnementales de la production agricole, par exemple en levant les freins au développement d’intrants biosourcés, avec les outils numériques de l’agriculture de précision, en développant de nouvelles chaînes de valeurs (diversification de l’offre de produits à base de plantes) ou en s’appuyant sur des plateformes de durabilité telle que le « Origin Green » irlandais.

 

Mieux transmettre les informations tout au long de la chaîne alimentaire est une autre priorité sur laquelle plusieurs intervenantes ont insisté, par exemple avec la blockchain, avec le souci de faire circuler cette information dans les deux sens : du producteur au consommateur et également du consommateur au producteur.

 

La stratégie européenne « De la Ferme à la Table » a été abordée à plusieurs reprises. La représentante de FoodDrinkEurope (organisation représentant les industries agroalimentaires européennes) s’est positionnée à cet égard en demandant notamment que les différentes stratégies et politiques européennes soient cohérentes, que la stratégie « De la Ferme à la Table » comprenne des évaluations d’impact, qu’elle soit concordante avec le Marché Unique et qu’elle garantisse la sécurité alimentaire européenne[1].

 

Rappelons que plusieurs organisations d’agriculteurs[2] en Europe ont récemment exprimé leurs craintes vis-à-vis des objectifs de réduction de pesticides et d’engrais et d’augmentation de la surface en bio, craignant que cela ne mette en danger la sécurité (voire la souveraineté) alimentaire européenne.

 

Pour en savoir plus :

 

 

[1] Voir la réaction de FoodDrinkEurope, parue en mai 2020

[2] Voir le communiqué de la FNSEA et celle du COPA-COGECA telle que rapportée par Euractiv