Site non disponible sur ce navigateur

Afin de bénéficier d'une expérience optimale nous vous invitons à consulter le site sur Chrome, Edge, Safari ou Mozilla Firefox.

Retour à la liste des contenus

Points de vue

Temps de lecture : 4 min

09/01/2026

Déclin européen, l’heure n’est plus au constat mais à la volonté

Nul doute que le contexte mondial que nous connaissons ne changera guère au cours de l’année 2026 et que nous n’aurons d’autre choix en Europe que de s’adapter. Après les rapports Letta sur l’avenir du marché unique et Draghi sur la compétitivité européenne et l’avenir de l’Union européenne, la Fondation Robert Schuman vient de publier à son tour une étude sur la situation préoccupante de l’économie européenne et propose des pistes de redressement.

Nous décrochons en productivité, la dérive de notre PNB par habitant le prouve. Distancés sur le plan technologique, avec moins de brevets et moins de « licornes » que nos concurrents asiatiques et américains, mais aussi à cause d’un marché intérieur fragmenté. La faute surtout à un excès de normes, source de lenteurs administratives et d’inertie pour réindustrialiser. Un temps travaillé inférieur, alourdi par des charges sociales et fiscales pénalisant nos coûts de main-d’œuvre et auxquels s’ajoute encore le prix d’une énergie « deux à trois fois plus élevé qu’aux Etats Unis ». Conséquence, et effet boule de neige, nos entreprises, moins rentables, attirent moins les capitaux et nous voyons ainsi l’épargne européenne aller chercher meilleure fortune à l’étranger !

Il y a aussi notre dépendance inquiétante aux matières premières et aux terres rares, le continent européen étant tributaire des importations chinoises dans une trop grande proportion. Et dans un contexte commercial de plus en plus axé sur des rapports de force, nous affichons une timidité naïve et manquons de réactivité.

Les solutions existent pourtant. Nous les connaissons. Elles ont été clairement évoquées par Mario Draghi. Comme le ferait tout chef d’entreprise face à des défis similaires : innover et définir une stratégie (l’innovation sera d’ailleurs au cœur de notre conférence d’assemblée générale du 4 juin prochain) ; réformer nos processus de décision et financer nos investissements ; rechercher des outils nouveaux, notamment en augmentant la part de retraite par capitalisation. Et enfin face à nos concurrents qui ne nous ménagent guère, ne plus hésiter à opposer un « protectionnisme réciproque ».

De tout ce qui précède, nous pourrions dire les mêmes choses pour ce qui est de notre agriculture et de notre alimentation. Souvenons-nous qu’en décidant la Politique Agricole Commune, nous sommes devenus une grande puissance agricole ! Voulons-nous l’être encore demain ? L’année 2026 sera cruciale dans le maintien d’une ambition agricole européenne, qui ne bénéficie pas seulement aux chefs d’entreprise agricole mais à tous les citoyens européens. Elle est un marqueur de notre identité commune dans un monde où toutes les certitudes volent en éclat.

La résignation n’est pas une attitude qui tienne et comme l’a dit un ancien Premier Ministre resté célèbre pour ses formules : « Notre route est droite, mais la pente est forte[1] ». Nous savons quoi faire et comment. Le seul élément qui nous manque c’est la volonté collective !

Je vous souhaite donc à toutes et à tous une bonne année 2026, riche d’espérance et forte de notre détermination à faire bouger les lignes.

 


[1] Jean-Pierre Raffarin, 2002.