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05/03/2026
Étude Ipsos BVA pour Nestlé – « Le rapport des Français à l’agriculture »
À l’occasion du Salon International de l’Agriculture 2026, une étude Ipsos bva pour Nestlé révèle un attachement massif des Français à leurs agriculteurs, mêlé à un constat de fragilité économique et à une attente forte d’accélération de la transition écologique. Entre soutien affirmé, exigence environnementale et arbitrages budgétaires, les consommateurs expriment une position à la fois solidaire et lucide.
Réalisée du 3 au 6 février 2026 auprès de 442 Français représentatifs de la population âgée de 18 ans et plus, via le panel Ipsos Real Talk, l’étude dresse un état des lieux nuancé du rapport des Français à leur agriculture.
Un soutien massif, un diagnostic sévère
Premier enseignement : la confiance reste extrêmement élevée. 90 % des Français déclarent avoir une bonne opinion des agriculteurs. Cette perception positive s’appuie notamment sur la confiance accordée :
- à la qualité des produits (90 %) ;
- à la traçabilité (89 %) ;
- à la sécurité sanitaire (84 %) ;
- au bien-être animal (82 %) ;
- à la préservation de la ressource en eau (66 %).
Mais ce soutien n’empêche pas un regard critique sur la situation du métier :
- 94 % considèrent qu’ils ne sont pas rémunérés à leur juste valeur ;
- 93 % considèrent que leurs pratiques devraient avoir un impact plus positif sur l’environnement 90 % reconnaissent qu’ils n’auraient pas le courage d’exercer ce métier ;
- 83 % jugent que le métier doit encore évoluer pour s’adapter aux nouveaux besoins des consommateurs ;
- 60 % estiment que la situation des agriculteurs se détériore.
Fiers de leur agriculture… mais éloignés de sa réalité
Si l’attachement est fort, la proximité s’effrite. Seuls 29 % des Français déclarent avoir un agriculteur dans leur famille ou leur entourage proche. Et 50 % reconnaissent que leur quotidien est éloigné du monde agricole. Un paradoxe s’installe : les Français soutiennent leurs agriculteurs, comprennent les difficultés du métier, mais se sentent moins exposés aux réalités concrètes de cette profession.
Une exigence écologique très élevée
L’attente environnementale apparaît massive. 93 % des Français estiment que les pratiques agricoles devraient avoir un impact plus positif sur l’environnement.
Pour améliorer la situation des agriculteurs dans les prochaines années, trois priorités émergent :
- Développer les circuits courts pour vendre en priorité aux consommateurs de leur région (51 %) ;
- Diminuer l’utilisation des produits phytosanitaires et des pesticides (51 %) ;
- Obtenir des prix garantis de la part des distributeurs et des industriels (46 %).
Par ailleurs, 89 % des Français préfèrent manger des aliments cultivés localement, contre 11 % qui privilégient des aliments variés venant du monde entier.
L’agriculture régénératrice, une solution d’avenir largement plébiscitée
L’étude met en lumière un très fort intérêt pour l’agriculture régénératrice, qui regroupe des pratiques visant à protéger les ressources, régénérer les écosystèmes et les sols et favoriser la durabilité à long terme. 95 % des Français seraient prêts à acheter des produits issus de l’agriculture régénératrice, dont 55 % tout à fait prêts.
Les bénéfices attendus font largement consensus :
- la protection de la ressource en eau (81 %) ;
- une meilleure alimentation et la préservation de la santé (80 %) ;
- la promotion de la biodiversité (79 %) ;
- l’amélioration de la santé des sols (78 %) ;
- des produits avec de meilleures qualités gustatives (78 %).
Le prix, juge de paix des arbitrages
Reste un élément déterminant : le prix. Interrogés sur leurs arbitrages de consommation, 51 % des Français déclarent faire d’abord le choix du prix, contre 49 % qui privilégient le respect de l’environnement.
Un quasi-équilibre qui résume la tension centrale révélée par l’étude : un soutien massif aux agriculteurs, une aspiration forte à une agriculture plus vertueuse, mais des contraintes budgétaires qui demeurent structurantes dans les décisions d’achat.