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24 février 2026

au 24 février 2026 de 11:00 à 12:00

Paris Expo Porte de Versailles
Paris, 75015

Changement climatique : Parole à ceux qui agissent !

CLIMAT-ENERGIE Présentiel
CLIMAT-ENERGIE Présentiel

Lors du Salon de l’Agriculture 2026, Gabrielle Dufour, Responsable Énergie et Durabilité des systèmes, a animé pour Bessé, courtier en assurance leader dans le secteur agricole, une émission dédiée aux transformations profondes de l’agro‑industrie face au changement climatique. Cette émission s’appuyait sur la série de podcasts « L’Agro au Micro », produite par Bessé, donnant la parole à des dirigeantes et dirigeants de l’agro‑industrie afin de comprendre comment leurs organisations s’adaptent concrètement au changement climatique, à court comme à long terme, et comment leurs stratégies impliquent les agriculteurs.

Gabrielle Dufour a orchestré cet échange aux côtés de :

  • Marine Boyer, agricultrice en Aveyron et présidente de la FNCuma ;
  • Joran Chambolle, Directeur des Risques Émergents chez Bessé et interviewer de la série.

 

Décarbonation : le Scope 3 met en lumière l’interdépendance agro‑industrie / agriculture

L’émission a débuté avec un extrait de Ludovic Spiers (Agrial) et de Christophe Buren (Vivescia) sur la difficulté d’agir sur le Scope 3, qui représente plus de 85 % de l’empreinte carbone et dépend directement des pratiques agricoles. Les dirigeants y rappellent :

  • L’absence de “solution miracle” pour décarboner les exploitations.
  • La nécessité de changer de modèle, en intégrant les sols, la biodiversité et les émissions.
  • L’importance de mesurer des résultats, plus que d’imposer des obligations de moyens.

 

Pour Joran Chambolle les podcasts ont été créés pour donner la parole à celles et ceux qui agissent, loin du sensationnalisme ou du greenwashing. Bessé assume son rôle de courtier mais revendique des interviews sans complaisance, où les questions difficiles sont posées – y compris sur les importations controversées ou la cohérence des filières.

Marine Boyer, initialement sceptique, confie combien elle a été surprise par la transparence des dirigeants. Elle souligne l’importance de les entendre dire qu’ils sont prêts à retirer certains produits des rayons lorsque les normes environnementales ne sont pas respectées. Un signal encourageant pour le monde agricole.

Cependant, elle pointe aussi un manque de clarté dans les messages adressés aux agriculteurs. Les injonctions sont nombreuses, mais les politiques publiques ne suivent pas toujours, notamment sur la sécurisation des revenus et la variabilité des prix.

 

Transition agricole : l’économie avant tout

Le deuxième extrait – la phrase désormais emblématique de Jean‑Philippe Puig (Groupe Avril) : « On ne peut pas investir dans le vert quand on est dans le rouge. » – a ouvert une discussion centrale.

Pour Joran Chambolle, cette phrase résume l’ensemble des podcasts : aucune transition écologique n’est possible sans modèle économique solide.

Les deux intervenants ont souligné combien cette tension structurelle revient dans tous les échanges entre industriels et agriculteurs :

  • Les investissements de transition sont coûteux.
  • Les charges et les normes pèsent sur la compétitivité.
  • Le risque doit être partagé dans la chaîne de valeur, pas porté seul par l’agriculteur.

 

Joran Chambolle a présenté trois modèles économiques observés dans les podcasts :

  1. Le programme Transition de Vivescia : une démarche d’agriculture régénératrice avec prime filière et engagement industriel.
  2. Le modèle d’Olga (Sojasun, Petit Billy, Beurre Bordier) : l’intégration historique du territoire et de la biodiversité dans la raison d’être.
  3. L’expérience “C’est qui le patron ?!” : où lorsque les consommateurs comprennent la valeur, ils acceptent de payer quelques centimes de plus pour soutenir une production vertueuse.

Gabrielle Dufour a rappelé, chiffres à l’appui (consultation du Shift Project), que 81 % des agriculteurs identifient le frein économique comme premier obstacle aux transitions. Marine Boyer a quant à elle a souligné le rôle clé des Cuma dans les transitions, véritables outils de mutualisation des coûts, des compétences et du risque.

 

Cadre politique : l’exigence d’une vision stable et cohérente

Le dernier extrait, issu de l’intervention de Sébastien Chauffaut (Limagrain), a mis en lumière un autre constat partagé :
« Les incohérences politiques et les stop‑and‑go réglementaires fragilisent l’ensemble des filières. »

Pour Joran Chambolle les industriels ont des besoins sur le long terme :

  • Un cap clair,
  • Une stabilité dans le temps,
  • L’arrêt des décisions contradictoires ou non harmonisées au niveau européen.

Marine Boyer a insisté sur l’importance d’une vision lisible pour que les agriculteurs puissent se projeter dans le long terme. Elle a cité en exemple la récente adoption du crédit d’impôt pour la mécanisation collective, qui soutient l’agriculture collaborative sans pénaliser les Cuma. Pour elle, les politiques publiques doivent être conçues comme des outils de souveraineté, en renforçant la capacité des agriculteurs à rester décideurs de leur modèle économique.

 

Conclusion

L’émission a mis en lumière un message fort : la transition agricole sera systémique, collective et économique ou ne sera pas.

La parole croisée des dirigeants et des agriculteurs révèle trois urgences :

  1. Sortir des injonctions contradictoires,
  2. Sécuriser économiquement les transitions,
  3. Renforcer la coopération dans les chaînes de valeur.

 

Grâce à cette mise en dialogue rare entre agro‑industrie et agriculture, l’émission offre un éclairage précieux : la transition ne dépend pas seulement de techniques ou de bonnes intentions, mais d’un alignement stratégique, d’un partage réel des risques, et d’une vision politique stable.