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09/03/2026
Ukraine : production agricole 2025 et perspectives de marchés 2026
Le ministère de l’Agriculture ukrainien et l’UCAB (association représentant les entreprises majeures des filières agricoles et alimentaires en Ukraine) viennent de faire paraître leurs perspectives de marchés 2026 (« Outlook for Ukrainian agricultural market – 2026 »). Une importante source d’informations, et une base de dialogue entre partenaires.
L’agriculture et la chaîne alimentaire constituent un secteur clé pour l’économie de l’Ukraine : en 2025, 56,1 % du total des exportations de marchandises du pays relèvent de ces activités (40,7 % en 2021). Plus que jamais les filières agricoles et alimentaires constituent le poumon d’un pays qui subit guerre et destructions. L’Union européenne représente 47,5 % de ces débouchés agricoles, et l’Europe dans sa globalité 53,8 %, loin devant le Moyen-Orient, l’Afrique et l’Asie du Sud-Est.
En matière de production les surfaces évoluent peu d’une année sur l’autre : 11 millions d’hectares ont été consacrés aux principales céréales avec une présence prévisionnelle sur les marchés export du blé, du maïs et de l’orge en légère croissance en 2025/26. En revanche, il est à noter un recul des surfaces en oléagineux, 8,6 millions d’hectares pour le tournesol, le colza et le soja, du seul fait du soja qui a réduit sa sole à 2,1 millions d’hectares soit -30 %, correspondant à un total de 19,8 millions d’hectares pour ces cultures majeures. En productions animales, le nombre d’animaux continue de décroître en bovins viande et lait, et en porc. La stabilité est de mise en volailles avec néanmoins une forte poussée de l’export d’œufs.
Que faut-il retenir de ces chiffres ?
Tout d’abord l’exceptionnelle résilience de l’agriculture ukrainienne et de son industrie, au vu de la situation géopolitique et de quelques aléas climatiques. Ensuite une capacité d’adaptation aux opportunités de marchés qui ne se dément pas. Par exemple la baisse de la sole de soja suit deux années où le marché rendait la culture de soja particulièrement profitable, c’est moins le cas en ce moment, mais il fait peu de doutes que cela pourra rebondir. De même, le pays s’adapte aux évolutions des accords internationaux, la mise à jour à partir du 29 octobre 2025 des contingents dans l’accord d’association avec l’UE explique sans doute le recul de la sole betteravière et des exportations de sucre prévues. Enfin, l’Ukraine développe ses propres stratégies, sa décision de taxer de 10 % les exportations de graines oléagineuses, autres que celles vendues par les « producteurs », entraine concomitamment un développement de la trituration et de l’exportation d’huile de colza.
Sur un plan général, au-delà de ces sujets de production et de marchés, les négociations d’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne suivent leur cours, sans que les questions agricoles n’aient pour le moment été réellement abordées (cf Note d’Agridées « Élargissement de l’Union européenne, équation institutionnelle et inconnues agricoles »). Pour autant, ces questions agricoles sont évidemment essentielles, que ce soit en termes budgétaires, d’aides ou non aux surfaces, de mise à niveau des normes, de gestion des flux ou de concurrence des agro-holdings sur les marchés intérieurs, et de calendrier d’application…
Pour approfondir ces questions, à noter dans votre agenda une séance publique de l’Académie d’agriculture le 18 mars après-midi consacrée à ce défi collectif.