02/02/18

Nathalie Boyer

Déléguée Générale de l'association Orée

1/ Quelles sont les priorités de réflexions et d’actions de l’association ORÉE* ?

 

ORÉE est une association multi-acteurs qui fédère et anime depuis plus de 20 ans un réseau de plus 180 acteurs engagés (entreprises, collectivités locales, associations, personnalités qualifiées…). Notre objectif : échanger et mettre en place une dynamique environnementale au service des territoires. Les ouvrages, guides, colloques, conférences et réflexions que nous produisons se structurent autour de nos 3 priorités : Biodiversité et Économie / Économie circulaire / Reporting RSE – Ancrage local des entreprises. ORÉE anime et alimente les réflexions de ses adhérents grâce à des Groupes de Travail et des Clubs Métiers. Nous participons de plus à de nombreuses commissions, groupes de réflexion nationaux et internationaux et produisons des rapports pour les différents ministères.

 

 

2/ ORÉE est-elle force de proposition dans le cadre de la feuille de route nationale de l’économie circulaire actuellement en préparation ?

 

Nous avons formulé « 27 propositions pour promouvoir l’économie circulaire » dans le cadre de la feuille de route. La philosophie de notre document repose sur le fait que l’économie circulaire ne doit surtout pas être réduite au seul champ du recyclage, mais intégrer les autres piliers de l’économie circulaire (allongement de la durée d’usage, écoconception, écologie industrielle, approvisionnement durablement et consommation responsable), sans oublier l’échelle territoriale !

 

Pour une intégration de l‘économie circulaire dans les stratégies régionales, ORÉE préconise la prise en compte de ces enjeux grâce à une meilleure connaissance des ressources locales par le biais d’études de flux et en intégrant des mentions « économie circulaire » dans les documents de planification.

 

Nous proposons l’émergence de nouveaux projets en écologie industrielle et territoriale (EIT) dans cette feuille de route afin que les entreprises en lien avec leur collectivité (EPCI, mairie…) bâtissent entre elles des synergies de mutualisation (ressources, équipements, services…) et de substitution (vapeur, énergie, coproduits, déchets…) afin de réduire leurs impacts environnementaux, de réaliser des bénéfices économiques et de créer des emplois non délocalisables.

 

Pour faciliter la mise en œuvre de ces synergies, ORÉE propose un droit à l’expérimentation pour les entreprises, afin de leur permettre de les tester temporairement sans avoir à se confronter à des démarches administratives trop lourdes.

 

 

3/ Vous avez été nommée Ambassadrice de l’économie circulaire dans le cadre de la feuille de route. Quel est votre rôle à ce titre ?

 

J’ai été nommée avec huit autres ambassadeurs issus de différents univers : entreprises, associations et élus, pour travailler en lien étroits avec les ministères (ministère de la Transition écologique et solidaire et le ministère de l’Économie). Il est attendu de notre part d’identifier les initiatives innovantes, de formuler des préconisations pour la feuille de route et de contribuer à la diffusion des pratiques en économie circulaire auprès des citoyens. Nous avons été pleinement impliqués dans la phase de concertation de la feuille de route. Dans ce cadre, j’ai été amenée à co-présider l’un de ses quatre ateliers de travail, consacré à la « Production et consommation durables ». Cet atelier a permis de co-construire des propositions sur des sujets tels que l’information des consommateurs, la lutte contre l’obsolescence programmée, l’économie de fonctionnalité et le réemploi et la réparation en lien avec le secteur de l’économie sociale et solidaire.

 

Ces travaux vont être soumis, après revue des ministères, à une deuxième consultation publique début février. La feuille de route finale est attendue en mars.

 

 

Propos recueillis par Jean-Baptiste Millard.

 

*Le think tank Agridées est membre et administrateur d’Orée.

@SAFThinkTank

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