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Points de vue

Temps de lecture : 5 min

10/07/2020

Dire (et faire) mieux dans « le monde d’après »

Dans le « jour d’avec » (ce qui nous arrive), comme l‘écrit si bien Mercedes Erra[1] dans une récente tribune, comment le couple producteur-consommateur va-t-il évoluer ? A l’image du double sens de l’idéogramme chinois[2], qui désigne le mot « crise », je vois la crise actuelle comme une zone de danger, mais surtout comme une source d’opportunités…

Danger si les acteurs de la chaîne alimentaire et leurs contradicteurs s’attendent à un résultat différent tout en continuant à se comporter de la même manière[3]. Opportunité si une véritable communication s’installe entre les différents publics concernés par l’alimentation, l’agriculture, l’environnement, la souveraineté alimentaire et la solidarité autour du socle consommateurs-agriculteurs. Il semble temps de faire plus que de prendre en compte la pluralité des avis, mais de mettre en commun, c’est-à-dire, de mieux communiquer…

En effet, on se parle de plus en plus, mais on se comprend de moins en moins ! Tout d’abord, il me semble primordial de se concentrer sur la perception du consommateur, destinataire d’informations multiples qu’il a du mal à « digérer ». Deux exemples parmi d’autres. Devant une allégation indiquant « porc élevé sur paille », certains consommateurs sont interloqués : « Cela veut dire quoi exactement ? Ils vivaient où les porcs « avant » ? Et lorsque ce n’est pas marqué sur l’étiquette, cela veut dire quoi ? ».  Commentant une autre étiquette informant que les tomates sont « sans résidus de pesticides », certains acheteurs expriment légitimement leur inquiétude : « Sans résidus, cela fait peur ; est-ce que continuer à acheter des tomates sans cette étiquette c’est dangereux pour ma santé ? En plus, tout le monde ne peut pas se payer ces tomates-là ! »

Il serait bien d’avoir un vocabulaire commun. Si l’on en croit Friedrich Nietzsche, chaque mot est un préjugé [4]. Il y a donc un vrai chantier sémantique à ouvrir et le temps qui s’ouvre à nous est plus que jamais le temps de la responsabilité, du mot choisi et expliqué, du terme compris. Un parcours à faire tous ensemble pour reconnecter les mondes de la production et de la consommation.

[1] Fondatrice et présidente de l’agence de communication BETC,
[2] Le mot crise est désigné en chinois par 2 caractères : l’un exprime le danger l’autre l’opportunité
[3] Emprunt respectueux à Albert Einstein
[4] Baseline du nouvel opus Agueusie de Menu Fretin