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Temps de lecture : 2 min

09/01/2026

Présence en ligne : les viticulteurs, pionniers numériques d’un secteur agricole encore en retrait

Alors que la plupart des entreprises agricoles restent peu investies dans leur présence numérique, une catégorie se démarque nettement : les viticulteurs. C’est ce que révèle la déclinaison sectorielle 2025 de l’étude Réussir avec le web publiée par l’Afnic, l’association en charge de la gestion du .fr. Réalisée auprès de 1002 TPE et PME agricoles, cette enquête met en lumière un contraste saisissant entre les pratiques du monde viticole et celles de l’ensemble du secteur.

Viticulture : un usage intensif et stratégique du web

Première différence notable : le niveau d’équipement. Près de 8 viticulteurs sur 10 disposent d’un site internet, contre seulement 27 % dans l’ensemble du secteur agricole. Une proportion qui surpasse même celle observée dans le panel de l’étude globale, tous secteurs confondus (61 %). Même dynamique sur les réseaux sociaux, où 92 % des viticulteurs sont présents, contre 65 % des agriculteurs.

 

Mais c’est surtout dans l’usage du numérique que la filière viticole se distingue. Loin d’une présence minimale destinée uniquement à être référencée, les viticulteurs exploitent Internet comme un véritable levier de développement commercial :

  • 76 % achètent de la publicité sur les réseaux sociaux,
  • 68 % y consacrent plus d’une heure par jour,
  • 21 % vendent via un site e-commerce,
  • 38 % réalisent plus de 30 % de leur chiffre d’affaires grâce au web, soit plus de trois fois la moyenne agricole.

 

Signe fort : 79 % estiment que le temps passé en ligne est rentable, révélant une maturité entrepreneuriale affirmée. Pour de nombreux domaines viticoles, le web devient à la fois un canal de vente directe, un outil de fidélisation et un espace stratégique de construction de marque.

 

Un secteur agricole encore réticent à s’investir pleinement

L’étude montre en miroir un secteur agricole globalement moins engagé. Seuls 5 % des agriculteurs jugent indispensable la présence en ligne, alors que cette opinion est partagée par 77 % des entreprises du panel global. La majorité considère certes Internet comme utile, mais déclare « ne pas avoir le temps ni les moyens » de s’en occuper.

Le numérique reste principalement perçu comme un outil fonctionnel : être trouvé facilement (78 %) ; présenter son activité (59 %).

En conséquence, 44 % des agriculteurs déclarent réaliser moins de 10 % de leur chiffre d’affaires via internet, là où un quart du panel global dépasse le tiers.

La présence numérique du secteur agricole reste ainsi largement passive, limitée aux usages basiques, loin des démarches proactives observées chez les viticulteurs.

 

Identité numérique : la préférence marquée pour le .fr

Lorsqu’ils franchissent le pas du site internet, les agriculteurs adoptent en revanche des pratiques structurées, notamment en matière d’identité numérique.

  • 97 % possèdent leur propre nom de domaine ;
  • 77 % ont opté pour le .fr, contre 56 % dans l’étude globale ;
  • 47 % ont une stratégie de nommage multiextension, là aussi au-dessus de la moyenne.

Cette préférence nette pour le .fr traduit, selon l’Afnic, « l’importance de l’ancrage territorial et du lien à la production locale », des dimensions essentielles dans l’agriculture.

 

Cybersécurité : des pratiques étonnamment avancées

Autre enseignement surprenant : les agriculteurs se distinguent par des déclarations de bonnes pratiques en cybersécurité sensiblement supérieures au reste du panel.

  • 95 % sauvegardent régulièrement leurs données,
  • 99 % utilisent des mots de passe complexes,
  • 99 % affirment protéger leur site via des solutions de sécurité,
  • 18 % réalisent des audits réguliers.

Des chiffres qui laissent penser à une forte sensibilisation… ou « à une possible surestimation de certaines pratiques », nuance l’Afnic. Reste que l’écart observé est notable.

 

Un potentiel à révéler pour le monde agricole

En mettant en lumière la dynamique numérique des viticulteurs, l’étude de l’Afnic illustre le potentiel encore largement sous-exploité du web pour les autres filières agricoles. Là où certains y voient une contrainte de temps ou de compétences, d’autres en font un accélérateur de croissance, de diversification commerciale et de relation client.

Dans un contexte de transitions multiples – économiques, climatiques, sociétales – l’appropriation du numérique pourrait devenir un levier stratégique pour améliorer la visibilité des exploitations, consolider les débouchés et renforcer le lien avec les consommateurs. Les viticulteurs en offrent aujourd’hui une démonstration éclairante.