Articles
Temps de lecture : 5 min
02/03/2026
L’agriculture, un outil d’excellence des territoires
Sur le plateau de TV-AGRI, à l’invitation de la Banque Populaire le 23 février, les enjeux sont rapidement posés par les témoins, Jean-Baptiste Millard, délégué général d’Agridées, Vincent Seyeux, agriculteur en Mayenne et Benoit Catel, directeur Banque Populaire Grand Ouest : l’agriculture ne peut plus être analysée uniquement sous l’angle productif. Elle est devenue un levier stratégique de développement territorial.
« L’agriculture est un outil d’excellence pour les territoires »
« L’agriculture est un outil d’excellence pour les territoires », affirme d’emblée l’un des intervenants. Derrière la formule, une conviction : la performance agricole ne se mesure plus seulement en tonnes produites, mais en capacité à structurer, dynamiser et relier un territoire.
Être un acteur économique local à part entière
Plusieurs intervenants insistent sur la place des entrepreneurs agricoles. « À côté des grands groupes, il y a de la place pour créer de nouvelles activités. L’agilité est un atout majeur ». Les exploitations évoluent. Elles se diversifient, investissent dans la transformation, l’énergie, les circuits courts. Certaines deviennent de véritables PME rurales. « On voit de plus en plus d’entrepreneurs multi-activités : production alimentaire, production d’énergie… Ils embauchent, ils managent des salariés, ils recréent du lien avec les populations rurales. » Cette dynamique contribue à redéfinir le rôle de l’agriculteur : producteur, certes, mais aussi employeur, investisseur et acteur de cohésion sociale.
Le choc démographique
Mais le constat est lucide. Le premier défi est démographique. « Le renouvellement des générations est un signal faible qui devient un signal fort. » Les difficultés de recrutement s’accentuent. À l’horizon 2040, la France pourrait compter moins de 300 000 agriculteurs. Une évolution qui annonce une restructuration profonde des territoires.
« La transition agricole doit se maintenir, mais elle ne pourra se faire sans femmes et sans hommes pour la porter. » Derrière les chiffres, une question centrale : comment maintenir une présence agricole forte et équilibrée sur l’ensemble du territoire ?
Une compétitivité sous pression
Autre sujet sensible : la compétitivité. « Nos agriculteurs font face à une concurrence internationale, mais aussi directe avec leurs premiers voisins européens, comme l’Espagne ou la Belgique ».
La perte de compétitivité fragilise certaines filières et interroge la capacité française à maintenir son rang. « Il y a un vrai enjeu de valorisation des produits agricoles. » Produire mieux, différencier, monter en gamme : autant de pistes évoquées pour répondre à une pression économique croissante.
Défendre la pluralité des modèles
Dans ce contexte, les intervenants rejettent toute vision monolithique. « Il faut défendre une pluralité de modèles agricoles : bio, conventionnel, réduction des intrants, zéro phyto… »
La diversité est présentée comme une force, une capacité d’adaptation aux réalités locales et aux attentes sociétales. La souveraineté alimentaire et la résilience des territoires s’invitent ainsi au cœur du débat.
L’excellence des territoires passe par l’excellence des entrepreneurs
Au fil des échanges, une idée s’impose : l’agriculture est bien plus qu’un secteur économique. Elle est un pilier d’équilibre territorial. « L’excellence des territoires doit passer par l’excellence des chefs d’entreprise. » Former, accompagner, structurer : c’est à cette condition que l’agriculture pourra continuer à jouer son rôle de moteur local.
En filigrane, une ambition commune : favoriser la cohésion du territoire de la manière la plus harmonieuse possible. Car derrière chaque exploitation, il y a un projet économique, mais aussi un projet d’homes et de femmes, un projet de territoire.
