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Points de vue

Temps de lecture : 4 min

24/04/2026

« Faire entrer l’école dans la vie »

Dans un monde en transformation durable, les repères éducatifs vacillent, les parcours deviennent plus complexes et moins linéaires, les métiers évoluent rapidement et les jeunesses se cherchent. Beaucoup de jeunes décrochent simplement parce que l’école ne leur parle plus. Des jeunes de plus en plus nombreux ne trouvent pas leur place dans un système éducatif trop abstrait et déshumanisé.

Former ne suffit plus. Il faut relier. Relier l’école et l’entreprise. Relier le jeune et son territoire. Relier l’expérience et le savoir. Relier l’ambition individuelle et la responsabilité collective.

Grâce à l’alternance, l’élève sort de sa condition d’élève. Il s’élève au rang d’une personne responsable qui tient un rôle dans la société aux côtés d’autres adultes. Il acquiert enfin un statut.

L’alternance constitue aujourd’hui l’un des modèles éducatifs les plus capables de répondre à ces enjeux. L’alternance n’est pas seulement une organisation du temps entre centre de formation et entreprise. Elle connecte savoirs théoriques, expérience professionnelle, accompagnement humain et espace territorial. Elle est un système de relations, un système de confiance, un système de responsabilité partagée, un système de coopération. Avec l’alternance, chaque jeune est appelé à se construire professionnellement, socialement, humainement.

Former uniquement pour répondre aux besoins immédiats du marché montre ses limites. L’éducation ne peut être réduite à une variable d’ajustement économique. Elle doit permettre d’articuler savoirs, expérience et engagement.

L’alternance ne permet pas seulement d’apprendre un métier. L’alternance répare les fractures de nos sociétés. Elle constitue un levier majeur de justice sociale, d’émancipation, de mobilité, de socialisation, de développement humain et de réussite scolaire et professionnelle.

Ce que l’intelligence artificielle ne fera jamais, ce que les machines ne feront jamais, c’est de faire des femmes et des hommes debout, les pieds dans la terre, la tête sur les épaules. Nous, nous le faisons et le ferons grâce à l’alternance.

La Fondation pour l’alternance[1], abritée par la Fondation reconnue d’utilité publique MFR monde, est née pour porter cette vision. Pour structurer cette ambition. Pour soutenir cette transformation. Pour fédérer ces énergies. Son action s’inscrit dans une logique d’intérêt général : soutenir les initiatives qui renforcent la qualité et l’impact de l’alternance, développer des dynamiques durables, structurer, coopérer, promouvoir un modèle éducatif exigeant et reconnu.

Faire de l’alternance une priorité éducative n’est pas une option conjoncturelle. C’est un choix structurant pour l’avenir. L’alternance n’est pas une voie par défaut. Elle est une promesse d’avenir. Elle ne répond pas seulement à une crise de l’emploi. Elle répond à une crise du sens.

Il ne s’agit pas simplement de faire entrer la vie dans l’école, il s’agit de faire l’inverse, de faire entrer l’école dans la vie.

Patrick Gues, Délégué général de la Fondation MFR Monde

[1] La création de la Fondation pour l’alternance a été annoncée le mercredi 15 avril 2026 lors du 30e anniversaire de la Fondation MFR Monde. Sa mise en œuvre sera effective à partir du 1er septembre 2026.