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29/06/2026

Pauvreté et inégalités de revenus : l’Europe face à un défi durable

Le 6 mai 2026, la Commission européenne a présenté sa « Stratégie anti-pauvreté de l’Union européenne ». Son ambition est forte : engager des actions permettant d’éradiquer la pauvreté à l’horizon 2050. Cette échéance lointaine dit cependant beaucoup de la difficulté à résorber rapidement un phénomène profondément installé : celui des inégalités économiques et sociales. 

Aujourd’hui, 93 millions de citoyens européens vivent en situation de risque de pauvreté ou d’exclusion. Selon des études antérieures, cela représente 28,6% de la population européenne, dont 16,9 % se situent sous le seuil de pauvreté.  

 

Jeunes, femmes, seniors : des publics plus exposés 

En 2025, 24 % des jeunes de moins de 29 ans sont concernés. Le risque est également très élevé chez les personnes sans emploi, dont 66 % sont exposées à la pauvreté ou à l’exclusion, ainsi que chez les populations exclues du marché du travail. 

Les femmes sont aussi fortement touchées, notamment dans les foyers monoparentaux : 6,7 millions d’entre elles appartiennent à cette catégorie. Enfin, les personnes de plus de 65 ans ne sont pas épargnées : 18,8% d’entre elles sont exposées au risque de pauvreté ou d’exclusion, avec un déséquilibre marqué entre les hommes et les femmes. 

Focus 1 – La pauvreté en Europe en quelques chiffres 

  • 93 millions de citoyens européens vivent en situation de risque de pauvreté ou d’exclusion. 
  • 28,6 % de la population européenne est concernée par ce risque. 
  • 16,9 % des Européens se situent sous le seuil de pauvreté. 
  • 93 régions sur 243 concentrent les situations d’extrême pauvreté. 

 

Agir à tous les âges de la vie 

Face à cette situation, la Commission européenne entend intervenir à tous les âges de la vie. Sa stratégie cible en particulier les 19 millions d’enfants qui commencent leur parcours dans l’existence avec ce handicap social. Elle vise également les jeunes adultes et les foyers monoparentaux, pour lesquels l’éducation et la formation doivent constituer des leviers d’accès à l’emploi. Les personnes âgées sont aussi concernées, à travers les mesures liées au niveau des retraites. 

 

Logement, services sociaux et financement : les leviers d’action 

La lutte contre la pauvreté passe aussi par la réduction des facteurs d’exclusion. La Commission met ainsi l’accent sur l’amélioration des conditions de logement et sur l’accès aux services sociaux. 

Cette ambition intervient alors que se discute le cadre financier pluriannuel 2028-2034. La proposition actuelle prévoit de consacrer 14 % des 800 milliards d’euros du fonds de cohésion aux objectifs sociaux. Consciente que cet effort pourrait ne pas suffire, la Commission appelle aussi à la mobilisation du secteur privé et de la philanthropie. Si les inégalités de revenus se sont légèrement réduites dans l’Union européenne entre 2014 et 2024, selon l’indicateur de Gini, elles demeurent suffisamment importantes pour justifier une stratégie dédiée. 

 

Regard sur le secteur agricole 

Le secteur agricole est directement concerné par ces enjeux, même s’il ne peut bénéficier que partiellement des mesures envisagées. La PAC, en effet, ne suffit pas à corriger les inégalités de revenus issues de la diversité des activités agricoles, ni celles liées aux atouts ou aux handicaps pédoclimatiques des territoires. 

À cet égard, une note récente de l’INSEE, réalisée en partenariat avec Agreste, apporte un éclairage précis sur les inégalités de niveau de vie des ménages agricoles en France, à partir de données de 2020. Ces ménages représentent 1 million de personnes. Leurs ressources ne proviennent pas uniquement de l’activité agricole : elles incluent aussi des revenus issus d’autres activités ainsi que des prestations sociales. 

Le niveau de vie médian annuel des ménages agricoles s’établit à 22 700 €, un montant très proche de celui des autres ménages actifs, estimé à 22 800 €. Mais cette moyenne masque de fortes disparités. 

Les exploitations spécialisées en viticulture, grandes cultures, porcins et volailles se situent au-dessus de la moyenne, souvent dans certaines régions agricoles spécifiques. À l’inverse, d’autres orientations technico-économiques, comme l’élevage bovin lait ou viande, les ovins et les caprins, présentent des niveaux de revenus inférieurs.  

Focus 2 – Les inégalités de niveau de vie dans les ménages agricoles français  

  • Les ménages agricoles représentent 2 % de l’ensemble des ménages actifs. 
  • 16,3 % des ménages agricoles de France métropolitaine vivent sous le seuil de pauvreté. Ce seuil est fixé à 13 300 € en 2020.