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21/09/2026
Après les carrières, le retour à l’agriculture se prépare dans la durée
Comment rendre à l’agriculture un terrain qui a accueilli pendant plusieurs années une activité d’extraction ? La question est au cœur de la publication « Carrières : la valorisation des espaces agricoles », publiée en septembre 2026 par l’Union nationale des producteurs de granulats (UNPG). Au-delà de la remise en état des sites, l’enjeu est de restaurer des sols fonctionnels et de construire leur nouvel usage avec les agriculteurs et les acteurs des territoires.
Le document rassemble des expériences conduites depuis plus de trente ans en France, concernant aussi bien les cultures céréalières que l’élevage, l’arboriculture, la viticulture ou le maraîchage. Il s’intéresse également à d’autres usages pouvant être associés aux anciennes carrières, notamment l’irrigation. L’UNPG souligne qu’elle vise à illustrer les pratiques développées par la profession pour restituer des terres agricoles et participer à la dynamique des territoires.
Un quart des surfaces de carrières réaménagées retrouvent une vocation agricole
Selon l’enquête menée en 2022, 25 % des surfaces de carrières sont réaménagées à vocation agricole. Lorsque les terrains étaient cultivés avant l’ouverture de la carrière, le retour à l’agriculture peut être prévu dès l’autorisation d’exploiter et intégré au projet de réaménagement en concertation avec les acteurs locaux.
Mais restituer une parcelle ne consiste pas seulement à remettre de la terre en place. L’objectif est de retrouver les fonctions nécessaires à l’activité agricole : permettre l’enracinement des cultures, assurer une infiltration satisfaisante de l’eau, retrouver un niveau de fertilité permettant la production et préserver les fonctions du sol, notamment sa capacité de stockage du carbone. La qualité de la remise en état dépend donc largement des pratiques mises en œuvre pendant toute la durée d’exploitation de la carrière, et pas uniquement au moment de sa fermeture.
Préserver les sols dès le début de l’exploitation
Le guide met ainsi l’accent sur plusieurs précautions : décapage sélectif des sols, stockage séparé des différentes terres, limitation de la durée de stockage, manipulation précautionneuse des matériaux ou encore réaménagement progressif à mesure que l’exploitation avance. Des techniques d’amélioration des sols ont également fait l’objet d’expérimentations.
Le retour à la production n’est cependant pas nécessairement immédiat. Après restitution, une phase de transition peut être nécessaire pour permettre au sol de se restructurer. Parmi les pratiques recensées figurent l’implantation de luzerne ou de cultures améliorantes, la mise en place de prairies associant graminées et légumineuses, la limitation du travail du sol ainsi que le suivi agronomique des parcelles.
D’après les retours d’expérience compilés par l’UNPG, cette période d’adaptation peut permettre de retrouver des niveaux de productivité comparables à ceux précédant l’exploitation de la carrière. La publication indique également que, dans certains cas étudiés, le réaménagement a permis d’améliorer certaines caractéristiques du terrain. Ces conclusions restent celles issues des cas documentés dans le recueil.
Du réaménagement de la parcelle à un projet agricole
Autre enseignement mis en avant : la destination des terrains ne peut être pensée indépendamment de leur environnement agricole. Les projets associent, selon les situations, agriculteurs, agronomes, Chambres d’agriculture, instituts de recherche, bureaux d’études et collectivités pour déterminer les usages futurs et suivre l’évolution des sols.
La vocation agricole retrouvée peut prendre des formes très différentes. Le recueil distingue neuf catégories d’usages ou de services : cultures céréalières, arboriculture, agropastoralisme, aquaponie, irrigation, viticulture, pisciculture, maraîchage et méthanisation. Le choix dépend notamment de la nature des sols, des caractéristiques du territoire, des besoins des exploitations et du contexte climatique.
Cette diversité montre que la question ne se résume pas à reconstituer à l’identique le paysage antérieur. Elle consiste aussi à déterminer quel usage agricole est possible et pertinent sur le terrain réaménagé.
L’eau, autre héritage possible des carrières
La valorisation agricole peut également concerner des espaces qui ne redeviennent pas directement cultivables. Certains plans d’eau issus de l’extraction peuvent notamment être utilisés comme réserves pour l’irrigation ou contribuer au développement d’autres activités agricoles et d’élevage. Selon l’UNPG, ces aménagements peuvent ainsi compléter les fonctions des espaces réaménagés et apporter de nouvelles ressources aux territoires agricoles.
À travers les réalisations rassemblées dans différentes régions françaises, la publication entend ainsi capitaliser sur plus de trente années d’expérimentations et d’évolution des pratiques de réaménagement. Pour l’agriculture, le sujet dépasse finalement la seule remise en état d’un site industriel : il pose la question de la préservation dans le temps du potentiel agronomique des sols, de leur suivi après restitution et de l’intégration du réaménagement dans le fonctionnement concret des exploitations et des territoires.