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Temps de lecture : 2 min

29/04/2022

Choc durable sur les marchés de matières premières

L’invasion de l’Ukraine par la Russie provoque de sévères ruptures d’approvisionnement en matières premières et des hausses de prix à des niveaux records historiques. C’est ainsi que le rapport de la Banque Mondiale publié le 26 avril 2022[1] analyse les conséquences du conflit russo-ukrainien. Les prix du gaz, des engrais et du blé marquent des niveaux jamais atteints historiquement. Alors que les prix du pétrole pourraient se stabiliser en moyenne à 100 $/baril, au niveau de 2013, soit une hausse de 42% par rapport à 2021, les prix européens du gaz ont bondi de 50% entre février et mars 2022.

[1] Commodity Markets Outlouk, April 2022

 

Hors énergie, les prix des matières premières en général devraient subir une hausse de 20% en moyenne, mais pour les produits dont la Russie et l’Ukraine sont les principaux exportateurs, les hausses sont les plus fortes. Si les matières premières agricoles destinées aux usages non alimentaires (caoutchouc, coton) sont peu affectés, les hausses les plus importantes concernent le blé (+ 40%) pour un niveau  nominal jamais égalé. Il en est de même pour le complexe tournesol, tandis que les marchés du maïs et du soja sont également en tension du fait des conditions climatiques défavorables en Amérique du Sud.

Le rapport pointe la montée de l’insécurité alimentaire pour les marchés émergents et les économies en développement et se concentre sur le secteur des engrais dont l’envolée des prix déjà constatée en 2021(+80% pour l’indice Banque Mondiale) s’est poursuivie avec une augmentation probable de 70% en 2022, et dont l’évolution reste fortement dépendante de l’évolution du conflit ukrainien, dans la mesure où Russie et Biélorussie sont les principaux fournisseurs d’engrais azotés.

Dans ses conclusions, le rapport de la Banque Mondiale prévoit un impact durable de la situation actuelle jusqu’en 2024. Après les sommets de 2022, les prix des matières premières essentielles pourraient connaître une légère embellie en 2023, en restant cependant à des niveaux historiquement élevés. Aussi les experts de la Banque recommandent-ils à court terme des politiques de soutien des plus pauvres face à l’inflation des prix de l’alimentation et de l’énergie, tout en conseillant la mise en production de surfaces agricoles additionnelles. A plus long terme, il s’agira d’encourager les améliorations des performances énergétique décarbonées et de promouvoir des productions alimentaires plus efficientes.

Pour l’immédiat, la Banque Mondiale déplore les réponses politiques qui favorisent les contrôles de prix, les octrois de subvention ou les restrictions au commerce. C’est le cas des quotas d’exportations de céréales de la Russie ou la récente décision de l’Indonésie pour l’huile de palme pour l’agroalimentaire. C’est aussi et surtout l’arrêt des livraisons de gaz russe qui viennent de toucher la Pologne et la Bulgarie et qui pourraient s’étendre à d’autres pays de l’Union européenne.