Site non disponible sur ce navigateur

Afin de bénéficier d'une expérience optimale nous vous invitons à consulter le site sur Chrome, Edge, Safari ou Mozilla Firefox.

Retour à la liste des contenus

Articles

Temps de lecture : 3 min

27/03/2026

Compétitivité, simplification, investissements : les mots clés du dernier sommet européen

Le Conseil qui a réuni les chefs d’État européens le 19 mars à Bruxelles a vu son ordre du jour bouleversé par les derniers développements des conflits en Ukraine et au Moyen-Orient.

S’agissant de l’Ukraine, les travaux se sont déroulés en présence du Président Zelensky et l’Union a renouvelé son soutien à la cause du pays agressé par la Russie, avec une faille importante dans le consensus requis, dans la mesure où 25 pays se sont prononcés en faveur, la Hongrie et la Slovaquie ayant marqué leur désaccord. Cela augure mal des conditions dans lesquelles l’Union prisonnière de la règle de l’unanimité peut désormais prendre des décisions en matière de politique étrangère et de défense. Plus encore, la Hongrie du Président Orban annonce bloquer le prêt de 90 milliards d’euros de l’Union à l’Ukraine tant que l’oléoduc qui le ravitaille en pétrole russe n’aura pas été remis en service par l’Ukraine.

La situation dans le Moyen Orient a conduit à autant de condamnations, d’appels et d’exhortations à l’adresse des belligérants, en listant les zones de conflit de l’Iran, du Liban, de Gaza et de la Jordanie dans une démarche peu audible de respect du droit international.

Néanmoins, après ces nécessaires échanges sur l’actualité internationale, les chefs d’État ont pu se consacrer à transformer les discussions du sommet informel du 12 février 2026 en une série de décisions dont les conclusions du Conseil rendent compte.

En matière de « compétitivité », le Conseil a décidé de lancer le plan « Une Europe, un marché » pour une transformation rapide du marché unique en « Un Marché », via une harmonisation des règles nationales : un 28ème régime du droit des sociétés, un régime simple, unifié de déclaration électronique pour les prestations de service transfrontalières (réduction des charges administratives pour le détachement temporaire de travailleurs, renforcement de la libre circulation des travailleurs, facilitation de la libre circulation des marchandises, et amélioration de la protection des consommateurs sous l’angle de l’application des normes européennes).

Du point de vue des entreprises agricoles et agroalimentaires françaises, cette évolution appelle une étude d’impact sur les conséquences en matière de compétitivité d’une harmonisation des normes et d’un renforcement des échanges intra-communautaires.

Autre mot clé, la « simplification » s’est également invitée au Conseil par le biais d’une accélération des mesures omnibus et d’une révision réglementaire de l’acquis communautaire en appelant notamment la Commission à privilégier les règlements par rapport aux directives et à limiter le recours aux actes délégués et aux actes d’exécution. Les entrepreneurs agricoles ne peuvent que se féliciter d’être enfin entendus sur leur demande de réduction de la charge administrative. Mais cette simplification livrée à l’examen des colégislateurs court le risque d’être rognée par ceux qui l’interprètent comme une dérégulation.

Enfin, en écho aux recommandations du rapport Draghi, le Conseil s’est penché sur l’effort nécessaire de réindustrialisation européenne par une mobilisation de l’épargne via des propositions législatives sur la titrisation, les régimes de retraite complémentaire, l’euro numérique, mais aussi via les modifications du cadre prudentiel bancaire et l’achèvement de l’union bancaire. Ici encore, on comprend que les secteurs agricole et agroalimentaire ne peuvent qu’espérer une augmentation des possibilités de financement des investissements pour améliorer leurs compétitivités.

Mais l’ensemble de ces bonnes résolutions auraient pu constituer une feuille de route européenne par temps calme si elles n’avaient pas été rattrapées par le contexte totalement incertain des tensions géopolitiques générées par les offensives américaines et israéliennes au Moyen Orient. Les chefs d’État européens ont dû dans l’urgence convenir d’envisager des mesures pour tempérer les hausses du prix de l’énergie et pour renforcer la défense et la sécurité européenne. Ainsi, compétitivité, simplification et investissements, mots clés d’une autonomie stratégique pourraient se révéler les ressorts insuffisants d’une souveraineté européenne dans un contexte de violences géopolitiques extrêmes.