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Temps de lecture : 4 min

02/03/2026

« De quelle manière valoriser votre exploitation en vue d’une transmission ? »

Sur le stand du CoFarming au Salon de l’agriculture, cette table ronde intitulée « De quelle manière valoriser votre exploitation en vue d’une transmission ? », a réuni un public attentif autour d’un enjeu majeur pour l’avenir du secteur. Animée par Matthieu Fricou, Responsable Droit et Gestion de l’entreprise agricole, la discussion a croisé les regards de trois acteurs complémentaires :

  • David Nerini, Chargé d’affaires Offres et Solutions chez Amarenco ;
  • Luna Vital-Durand, Chargée de partenariat chez Eloi ;
  • Mélanie Vilboux, Responsable Marchés agriculture et viticulture chez Banque Populaire.

Un défi générationnel massif

En introduction, Matthieu Fricou a rappelé l’ampleur du défi. Selon le recensement agricole 2020, près d’un exploitant sur deux sera en âge de partir à la retraite d’ici dix ans. Chaque année, environ 20 000 départs sont enregistrés pour seulement 14 000 installations. Et seuls un tiers des agriculteurs de plus de 60 ans ont identifié un repreneur.

Conséquence : une restructuration accélérée du paysage agricole, un agrandissement des exploitations (SAU moyenne passée de 53 ha en 2010 à 65 ha en 2020) et la nécessité de renforcer la résilience économique des fermes pour faciliter leur transmissibilité.

Dans ce contexte, l’agrivoltaïsme s’impose comme une piste stratégique.

 

L’agrivoltaïsme : définition et cadre

L’agrivoltaïsme, tel que défini par l’article L314-36 du Code de l’énergie issu de la loi APER du 10 mars 2023, correspond à une installation de production d’électricité solaire implantée sur une parcelle agricole, à condition qu’elle contribue durablement à l’installation, au maintien ou au développement d’une production agricole. Loin d’un simple outil énergétique, l’AgriPV devient ainsi un instrument de sécurisation économique et d’adaptation climatique.

 

Eloi : intégrer l’AgriPV dans la stratégie de transmission

Pour Luna Vital-Durand, la transmission ne se limite pas à un acte juridique ou financier : elle s’inscrit dans un projet d’entreprise cohérent et résilient.

Eloi agit comme tiers de confiance en mettant en relation cédants et repreneurs, en s’appuyant sur les réseaux existants (RDI, SAFER, appels à projets publics). Depuis deux ans, un partenariat structurant lie Eloi à Amarenco autour de trois axes : identification de foncier pertinent pour des projets agrivoltaïques ; mise en relation avec des repreneurs accompagnés sur des projets AgriPV ; communication et visibilité croisées.

L’objectif : faire de l’agrivoltaïsme un outil d’attractivité et de valorisation dans les dossiers de cession, en apportant un socle de revenus complémentaires.

 

Amarenco : diversification sans coût pour l’exploitant

Fort de 15 années d’expérience dans les énergies renouvelables, David Nerini a rappelé que les projets agrivoltaïques bien conçus répondent à un triple intérêt :

  • Pour le cédant : valorisation de l’exploitation au moment de la transmission.
  • Pour le repreneur : sécurisation d’un revenu complémentaire.
  • Pour la banque : amélioration de la solidité financière du projet de reprise.

La production énergétique peut compenser une éventuelle volatilité des revenus agricoles, contribuant à lisser les aléas.

 

Banque Populaire : sécuriser la reprise, rassurer les financeurs

Mélanie Vilboux a apporté le regard du financeur. Pour une banque, plusieurs critères sont déterminants dans une cession-reprise : visibilité sur les flux financiers futurs ; solidité du modèle économique ; capacité d’adaptation aux aléas climatiques et économiques.

Dans cette perspective, une centrale agrivoltaïque peut constituer un atout : elle génère un revenu contractualisé sur le long terme, améliore la prévisibilité des recettes et renforce la crédibilité du dossier auprès des créanciers.

 

Démystifier les craintes

La table ronde a abordé frontalement les réticences du monde agricole : crainte de perte de contrôle du foncier, effets d’aubaine, lenteur administrative, opposition locale. Les intervenants ont souligné que la profession entre aujourd’hui dans une phase d’acculturation. L’agrivoltaïsme n’est plus présenté comme une opportunité opportuniste, mais comme un outil stratégique au service de la pérennité des exploitations.

En réunissant énergéticien, plateforme de transmission et acteur bancaire, cette table ronde a démontré que la valorisation d’une exploitation en vue d’une transmission ne peut plus être pensée en silo. Elle suppose une approche partenariale, anticipée et structurée.