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Temps de lecture : 1 min

03/03/2026

Débat « Faut-il parler de numérique en agroécologie ? »

Au Salon international de l’Agriculture, à l’invitation du CoFarming, Marie-Cécile Damave, Responsable innovations et affaires internationales a proposé une lecture structurée des évolutions du numérique agricole.

Son analyse met en lumière une phase de maturité… mais aussi de clarification des enjeux.

 


Animateur : Henri de Richecour, Cofarming, triple performance
📌Cofarming – Hall 5.2 Stand C092
🎟️Marie-Cécile Damave, Responsable Innovations et Affaires internationales
Invités : Sébastien Auzenat, cofondateur d’Ecofarms ; Cédric Boivineau, président de l’APAD ; Fanny Tenenhaus Aziza, directrice data et statistiques, CNIEL.

Une structuration du marché en trois blocs

L’écosystème numérique agricole se répartit désormais en trois grandes catégories :

  • Les technologies embarquées pour l’action (capteurs, robots, drones), caractérisées par des coûts initiaux élevés et un marché en recomposition (concentration, rachats, faillites).
  • Les logiciels de gestion et de conseil, intégrés progressivement aux filières, reposant largement sur des modèles d’abonnement.
  • Les plateformes de mise en relation, portées par des acteurs « pure players », fonctionnant selon des logiques de captation de marché de type « winner takes all ».

Cette typologie permet de dépasser le discours globalisant sur « le numérique » pour distinguer des logiques économiques et industrielles très différentes.

 

L’enjeu central : les conditions d’adoption

La question n’est plus seulement celle de l’innovation, mais celle de l’accès : capacité d’investissement, formation, qualité des infrastructures numériques, accompagnement par les coopératives et concessionnaires.

Le numérique agricole révèle ainsi des inégalités structurelles. Les outils les plus complexes renforcent la dépendance technique et économique, tandis que les solutions simples et peu coûteuses se diffusent plus rapidement.

 

Dépendances et souveraineté

La digitalisation introduit de nouvelles formes de verrouillage : dépendance à la maintenance, difficulté à changer d’outil, concentration des acteurs. La question de la souveraineté – individuelle pour l’exploitant, stratégique pour les États – devient centrale.

Les orientations publiques jouent ici un rôle déterminant : selon les pays, le numérique sert prioritairement la productivité, l’exportation ou la transition agroécologique.

 

Un angle mort : la mesure de la valeur

Si les coûts d’adoption sont désormais mieux documentés, l’évaluation des gains – économiques, environnementaux, organisationnels – reste insuffisamment objectivée.

Le numérique agricole n’est plus une promesse émergente : il entre dans une phase d’arbitrage stratégique. La question n’est plus « faut-il y aller ? », mais « pour quels objectifs, avec quels garde-fous et pour quels bénéfices mesurés ? ».