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14/04/2022

Economie, climat, santé – La chimie du végétal au cœur des enjeux

Le 12 avril 2022, Agridées a été invité à animer la journée des adhérents de l’Association Chimie du Végétal (ACDV). Cet événement était consacré aux évolutions réglementaires et aux attentes des consommateurs.

Face à une cinquantaine de participants, cinq intervenants se sont exprimés :

– Grégoire DAVID, ingénieur produits biosourcés à la Direction bioéconomie et énergies renouvelables de l’Agence de la transition écologique (ADEME) ;

– Anne MUSCI, Directrice marketing et ventes de la société Plant Advanced Technologies (PAT) qui représentait le secteur des cosmétiques ;

– Virginie d’ENFERT, Déléguée générale de l’Association française des industries de la détergence, de l’entretien et des produits d’hygiène industrielle (AFISE) ;

– Fabrice SANTAMARIA, Directeur développement durable chez UNIKALO, représentant le secteur des peintures pour professionnels du bâtiment ;

– Pierre LARNICOL, Directeur marketing et offre durable, ARKEMA, grand groupe chimiste spécialiste des matériaux de spécialité, résines et adhésifs.

Premier constat : les politiques française[1] et européenne[2], les engagements des industriels[3] et les attentes des citoyens-consommateurs convergent pour accroître la part de produits d’origine biosourcée dans l’industrie.

Selon une étude réalisée par l’IFOP pour l’ACDV en 2022, 85 % des Français ont une bonne image des produits biosourcés, 81 % estiment qu’il est légitime que les pouvoirs publics soutiennent leur développement et 77 % pensent que ces produits vont redynamiser l’économie.

Les principaux freins identifiés au déploiement des produits biosourcés dans ces industries sont d’ordre économique (manque de compétitivité par rapport aux produits de la pétrochimie, problème de disponibilité de volumes importants et stables de biomasse) et informatif. L’ensemble des intervenants ont souligné le besoin de pédagogie pour clarifier les définitions de diverses allégations auprès des pouvoirs publics et des citoyens-consommateurs : biosourcé, biodégradable, recyclable, naturel, compostable, écologique…

Quels que soient leurs usages, le principal défi pour les produits biosourcés est de concilier efficacité, impact environnemental et impact sur la santé, la sécurité et le bien-être des consommateurs/ utilisateurs. Un autre défi à relever est l’arbitrage entre le recyclage de produits pétro-sourcés et le choix de produits biosourcés. Le choix entre ces deux options n’est pas toujours à la faveur de la seconde catégorie avec la grille de lecture multicritères d’efficacité, environnement et santé.

La chimie du végétal contribue à la décarbonation de l’économie et à la sécurité industrielle de notre pays en intégrant des alternatives biosourcées (donc renouvelables, souvent agricoles et locales) aux produits issus du raffinage du pétrole (fossile, pour la plupart importés de pays hors d’Europe).

La question de la santé environnementale et humaine, parties intégrantes du concept One Health, s’est finalement retrouvée au cœur des échanges. C’est peut-être cet enjeu qui permettra au biosourcé de s’imposer comme une évidence, au-delà des défis économiques et climatiques.

 


[1] Loi anti gaspillage pour une économie circulaire (AGEC) de 2020 prévoit notamment la fin de la mise sur le marché des emballages en plastique à usage unique d’ici 2040 (objectif 100 % de plastiques recyclés d’ici 2025 grâce à des filières de recyclage opérationnelles). Elle oblige les acheteurs de l’Etat et des collectivités territoriales à acquérir des biens issus du réemploi ou de la réutilisation ou comportant des matières recyclées, et impose une meilleure information des consommateurs (allégations environnementales).

Stratégie d’accélération « Produits biosourcés et carburants durables » de France 2030 : soutien à la R&D et à l’innovation, au déploiement industriel et à la formation.

[2] Directive Plastiques à usage unique (2019).

Ecolabel européen : produits respectueux de l’environnement et de la santé tout au long du cycle de vie.

[3] Charte européenne de nettoyage durable (2005) avec un critère d’utilisation de produits biosourcés depuis 2020.

Engagement d’ARKEMA : réduire de 38 % ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 par rapport à 2015.