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Temps de lecture : 5 min

18/03/2022

Leviers d’adaptation au changement climatique : quelle pertinence technique… et économique ?

Le mercredi 2 mars 2022 au Salon international de l’agriculture (SIA), l’INRAE a organisé une rencontre intitulée « Agriculture, eau et changement climatique », sur son stand qui était d’ailleurs dédié à l’eau et au climat.  Cet événement a repris les conclusions du Varenne agricole de l’eau et de l’adaptation au changement climatique. Celui-ci, sous cotutelle des ministères de l’Agriculture et de la Transition écologique, est parvenu à faire travailler ensemble de nombreuses parties prenantes (Chambres d’agriculture, agences de l’eau, filières agricoles, instituts techniques de recherche…) pendant neuf mois, et a abouti à plusieurs livrables.

Le premier d’entre eux est la réforme du système de l’assurance-récolte. La loi promulguée le 2 mars 2022 instaure un nouveau régime universel d’indemnisation des pertes de récoltes résultant d’aléas climatiques, dont la mise en œuvre est prévue pour le 1er janvier 2023.

Le second livrable est une charte d’engagement signée par les filières, l’APCA, l’INRAE, l’ACTA et l’Etat avec des engagements réciproques. D’une part, les filières et les territoires s’engagent à établir des stratégies d’adaptation au changement climatique. D’autre part, l’Etat s’engage à inscrire l’adaptation au changement climatique dans les priorités de la recherche, la formation et le développement agricoles, et à orienter les financements de la R&D et des investissements vers le même objectif.

Lors de l’événement du 2 mars au SIA, Jean-Pierre Cohan (Arvalis) a présenté un inventaire des leviers techniques d’adaptation selon trois niveaux : l’exploitation, la parcelle et l’animal[1]. Ils peuvent ainsi être résumés :


C’est une chose d’inventorier l’ensemble des leviers potentiels, c’en est une autre d’aider les agriculteurs à choisir les plus pertinents et les plus adaptés à chaque situation. Pour cela, il est nécessaire de
compléter l’approche technique par un éclairage économique. Quel est le coût de l’adoption et de la non adoption de chaque levier ? De combinaison de leviers ? Doit-elle être accompagnée de formation et/ou de financements ? Comment hiérarchiser l’efficacité et la pertinence de chaque levier selon le niveau de difficulté de leur mise en œuvre ? Ces éléments seront indispensables pour guider les agriculteurs et les éleveurs dans leurs choix stratégiques.Une vision plus opérationnelle a été apportée par Jean-Paul Bordes, Directeur Général de l’ACTA. Il a en effet présenté les contributions des filières, des comités spécialisés de Franceagrimer et des parties prenantes : pour ces acteurs, les trois principaux leviers sont clairement l’agronomie (modification des pratiques), la génétique (variétés de cultures et de races animales économes en eau et tolérantes eux stress thermiques, rusticité des races et variétés, extension aux « petites espèces ») et la gestion de la ressource en eau.  C’est bien sur ces familles de leviers que les efforts devront se concentrer pour apporter des solutions efficaces et opérationnelles aux agriculteurs.

La prochaine note d’Agridées issue des réflexions du groupe de travail « les moyens rentables d’adaptation et d’atténuation du changement climatique » apportera quelques éléments de réponse à ces questions. Cette publication sera présentée lors d’un agridébat le 16 mai 2022 intitulé « Agriculture : concilier rentabilité économique et action climatique ».


[1] Ces différents leviers sont réunis dans un document réalisé par la Cellule de coordination nationale ACTA, APCA et INRAE de Recherche Innovation Transfert dédiée à accélérer la diffusion et le transfert de solutions au bénéfice de la transition agroécologique, en collaboration avec le RMT ClimA (réseau mixte technologique sur l’adaptation des exploitations au changement climatique piloté par l’APCA en coanimation avec Arvalis)