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07/09/2026
L’Ukraine confrontée au blocage de la mer Noire
Le nouveau ministre de l’Agriculture ukrainien Taras Vysotskyi a adressé, fin juillet, une demande d’augmentation des contingents de produits agricoles que l’Ukraine souhaite pouvoir exporter vers l’Union européenne sans droits de douane. Cette requête est motivée par le verrouillage par la Russie des exportations ukrainiennes par la mer Noire.
Il s’agirait en particulier des exportations de sucre, de volailles, d’œufs et de céréales. Pour mémoire, les quotas actuels ont été fixés lors de la révision de l’accord d’association d’octobre 2025 : 1,3 million de tonnes de blé, 1 million de tonnes de maïs, 120 000 tonnes de volaille, 100 000 tonnes de sucre et 18 000 tonnes d’œufs.
Pour l’instant, la Commission européenne n’a pas apporté de réponse à cette demande et indique qu’elle étudie la situation actuelle des marchés et des transports. Pour leur part, les pays frontaliers de l’Ukraine, Pologne, Hongrie, Roumanie, Slovaquie, ont fait part de leur crainte d’une concurrence accentuée pour leurs propres agriculteurs. De son côté, la France, qui a toujours manifesté sa solidarité géopolitique envers l’Ukraine, maintient sa position d’accompagner les contingents d’importation par des clauses de sauvegarde automatiques et l’alignement progressif de l’Ukraine sur les normes environnementales et sanitaires européennes.
La demande ukrainienne intervient à un moment de grande difficulté pour les marchés agricoles du fait du choc climatique enduré depuis le printemps, tant pour les productions céréalières que pour celles du sucre et du secteur de la volaille. S’il n’est pas question de revenir à la libéralisation totale des échanges qui, comme en juin 2022, avait fortement impacté les marchés agricoles européens, l’Union européenne va devoir imaginer des solutions techniques susceptibles d’impacter le moins possible les marchés européens.
Devant l’impossibilité de réaliser les exportations par voie maritime, l’Ukraine recherche la possibilité de maintenir la continuité de ses opérations commerciales vers des pays tiers en opérant par voie terrestre (trains, camions). Parmi les solutions à explorer, celle du dédouanement au départ d’Ukraine permettrait d’éviter la perturbation des marchés européens en facilitant les exportations ukrainiennes vers des pays tiers à partir des ports du nord de l’Union. En effet, une marchandise dédouanée au départ (chargements scellés) ne peut en aucun cas être dédouanée sur le territoire de l’Union européenne en fonction de la destination finale déterminée au départ de la marchandise.
Ce débat sera abordé lors de la conférence d’Agridées du 24 septembre 2026 sur le thème des relations commerciales agricoles entre l’Union européenne et l’Ukraine.