L’avenir de la consommation et de la distribution Publié le 19 juin 2020 par Serge Papin

Nous vivons une période de fortes turbulences, entre la crise sanitaire, la crise écologique et la crise économique qui s’annonce – sans oublier les fortes tensions sociales qui traversent notre pays. De nombreuses entreprises ont été fortement fragilisées par la pandémie du Covid-19. Autour de nous, tout nous incite à questionner le modèle dominant, à inventer de nouveaux récits basés sur l’entraide et le partage, à redéfinir la suite. Chaque entreprise est invitée à redéfinir sa raison d’être, en s’inscrivant dans le bien commun. Nous avons tout intérêt à ne pas reconduire systématiquement le modèle précédent de recherche de croissance économique, pour aller vers davantage de création de valeur, de type valeur sociétale ajoutée, et pour adopter une conduite plus respectueuse de l’environnement et de l’humain.

 

La consommation et la distribution sont au cœur de ces transformations. Notre rapport à la consommation a été bouleversé : drive et proximité sont les grands gagnants des derniers mois, ce qui, dans les deux cas, surpondère la M.D.D. La livraison à domicile également est en forte hausse. Les inégalités face à la consommation s’amplifient et les nouveaux premiers prix intégrant les valeurs de marque de l’enseigne sont tout aussi importants que le bio. La plupart de nos concitoyens se tournent résolument vers le local, par conviction ou par simplicité : les supermarchés peuvent développer leur ancrage local qui est déjà fort. Ils doivent aussi investir dans la maîtrise de leurs approvisionnements, en lien avec leurs communautés de clients et avec leurs territoires.

 

La crise sanitaire a aussi permis de développer une forme de solidarité entre les différentes parties prenantes de la filière agricole : cet élan ne doit pas voler en éclats.  Cela passe d’abord par une réconciliation de l’ensemble des acteurs : on doit quitter la négociation annuelle pour évoluer vers le contractualisme, en se liant contractuellement sur du long terme avec une approche  pluriannuelle. On passe ainsi du « prix prédateur » au « prix responsable ». Les leaderships de demain se construiront dans la réconciliation et non plus dans le rapport de force, ils deviendront des médiateurs bien plus que des leaders au sens classique du terme.

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