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23/04/2026
Les Jeunes Agriculteurs Bretagne : un renouvellement autour de l’engagement et de la mixité ?
Le 12 mars dernier s’est tenue l’assemblée générale des Jeunes Agriculteurs Bretagne. L’occasion d’aborder un thème structurant pour l’avenir de la profession : « Entre engagement, mixité et diversité : comment renforcer les collectifs agricoles ? »
Une assemblée générale tournée vers la mixité et l’engagement
Lors de leur assemblée générale le 12 mars 2026, les Jeunes Agriculteurs Bretagne ont choisi d’orienter leurs travaux et leurs échanges autour d’un thème essentiel pour l’avenir de la profession : l’engagement des nouvelles générations d’agriculteurs et d’agricultrices dans les instances décisionnaires, en interrogeant les leviers de la mixité et de diversité pour atteindre cet objectif.
Une table ronde intitulée « Engagement, mixité et diversité : comment renforcer les collectifs agricoles ? » a réuni plusieurs personnalités féminines du monde agricole :
- Anne‑Marie Crolais, ancienne présidente du CDJA 22, pionnière de l’engagement féminin dans les organisations agricoles ;
- Christiane Lambert, ex-Présidente de la FNSEA ;
- Marine Boyer, Présidente de la FNCuma ;
- Bénédicte Emily, cheffe d’entreprise ;
- Gabrielle Dufour, invitée à partager son analyse sur le leadership féminin, l’engagement et les mécanismes concrets qui favorisent l’accès des femmes aux responsabilités.
L’intervention de cette dernière quelques semaines auparavant, aux côtés de Géraldine Marichal, administratrice d’Agridées, à l’occasion de l’ouverture du Groupe de travail des Jeunes Agriculteurs (JA) sur les Agricultrices, s’inscrivait dans une dynamique plus large portée par le syndicat. Ces travaux – sous l’impulsion d’Aurore Paillard, administratrice des JA – cherchent à identifier les leviers pour développer la mixité et l’engagement au féminin.
Gabrielle Dufour et Géraldine Marichal avaient présenté la Note d’Agridées et de Vox Demeter « Entrepreneuriat féminin en agriculture : Libérer les potentiels ! » , mettant en lumière les 44 propositions du document pour renforcer la présence des femmes dans les entreprises et la gouvernance agricoles.
L’élection d’Élodie Guillotel : un symbole pour la nouvelle mandature bretonne
À la suite de cette assemblée générale, les Jeunes Agriculteurs Bretagne ont procédé au renouvellement de leur conseil d’administration. Le 31 mars, ils ont élu leur nouveau bureau régional, porté par une figure emblématique du renouveau : Élodie Guillotel. Jeune éleveuse de lapins et de porcs, engagée dans la méthanisation, elle incarne une agriculture bretonne moderne, innovante, enracinée et résolument tournée vers l’avenir. Son élection en tant que Présidente illustre parfaitement la cohérence entre les discours tenus lors de l’AG et leur traduction concrète dans les responsabilités.
Une dynamique qui dépasse la Bretagne
Ces signaux faibles mettent en lumière l’attitude volontariste du syndicat des Jeunes Agriculteurs pour féminiser son conseil d’administration, composé actuellement de 31 administrateurs et de 6 administratrices (soit seulement 16 % de femmes). Il s’inscrit également dans une transformation plus vaste du paysage syndical agricole français.
À la FNSEA, mise en place et progression des quotas féminins
Le 31 mars, la FNSEA a annoncé lors de son congrès annuel à Caen, que son conseil d’administration compte désormais 28 % de femmes, en hausse significative par rapport aux précédentes mandatures.
À la Confédération paysanne, une parité au tiers
La Confédération paysanne défend explicitement une meilleure intégration des femmes dans toutes les instances, et a institué un objectif de parité au tiers dans ses responsabilités nationales. Cette stratégie assumée la situe parmi les organisations agricoles les plus structurées sur la question de la représentativité.
À la Coordination rurale, une mobilisation présente mais en baisse
La Coordination rurale valorise ses actions en faveur des agricultrices, mais dans le nouveau comité directeur (équivalent du conseil d’administration) les femmes ne représentent que 21%.
Vers un modèle agricole réellement représentatif : un signal faible… qui devient fort ?
Nous vivons un moment charnière pour la représentativité agricole. Les évolutions en cours montrent que l’agriculture française entre dans un nouveau cycle où les femmes prennent progressivement leur place. En apportant des idées nouvelles et en croisant les intelligences, la mixité est source de performances économiques, environnementales et sociales pour les organisations agricoles, mais elle demande une posture active face aux inerties culturelles ancrées depuis des générations. Les syndicats semblent avoir pris le sujet au sérieux, on ne peut que s’en réjouir.