Analyses
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02/09/2026
Le GNR : fondement et défi de l’autonomie agricole
L’autonomie énergétique s’impose progressivement comme un enjeu stratégique pour les secteurs primaire et secondaire de l’économie, dont l’agriculture. Longtemps associée à la seule question alimentaire, la notion d’autonomie s’étend désormais à la maîtrise des approvisionnements énergétiques. La hausse des prix de l’énergie depuis 2021, les tensions géopolitiques et la volatilité croissante des marchés ont mis en lumière la dépendance des exploitations agricoles aux ressources fossiles et leur exposition à des risques qu’elles ne maîtrisent pas. Cette dépendance est particulièrement visible à travers le gazole non routier (GNR), qui demeure aujourd’hui la principale source d’énergie directe des exploitations agricoles. Plus qu’un simple carburant, le GNR est au cœur du fonctionnement du machinisme agricole et, à travers lui, d’un modèle de production construit depuis l’après-guerre sur la mécanisation, les gains de productivité et l’abondance énergétique.
Tant que le carburant demeure abondant et relativement bon marché, ce modèle de production fonctionne sans être véritablement questionné. Mais dès lors que son coût devient instable, la dépendance qu’il a créée apparaît au grand jour. Depuis 2020, une nouvelle phase est à l’œuvre.
La hausse des prix de l’énergie, les tensions géopolitiques et la volatilité croissante des marchés ont mis en lumière la dépendance des exploitations agricoles aux ressources fossiles. Le prix du GNR connaît non seulement une hausse marquée, mais surtout une volatilité durable. L’instabilité actuelle marque un tournant pour le GNR : celui d’une incertitude permanente sur son coût futur…
Dans cette note d’analyse, Gabrielle Dufour, Responsable Énergies et Durabilité des systèmes, dresse un état des lieux des alternatives et des nouvelles perspectives qui s’offrent aux exploitations agricoles, pour parer à la vulnérabilité croissante du GNR, en proie aux risques géopolitiques et énergétiques mondiaux.
Une recherche d’autonomie qui se conjugue avec d’autres impératifs : décarbonation de l’économie, compétitivité des exploitations, souveraineté alimentaire et résilience des territoires. Soulevant au passage une question centrale : comment réduire la dépendance à une énergie qui a largement contribué aux performances de l’agriculture française sans fragiliser sa capacité de production ?
Cette note propose ainsi d’aborder cette question à partir du GNR.