agridées

Site non disponible sur ce navigateur

Afin de bénéficier d'une expérience optimale nous vous invitons à consulter le site sur Chrome, Edge, Safari ou Mozilla Firefox.

Retour à la liste des contenus

Articles

Temps de lecture : 2 min

13/10/2021

SYNABIO-Consommation bio : La croissance et les écueils

Le SYNABIO, fédération regroupant les entreprises évoluant dans les filières bio (transformateurs et distributeurs), a tenu son  Assemblée Générale annuelle en présentiel le 7 octobre 2021 sous la houlette de son président Didier Perréol. Une occasion de saluer le dynamisme de cette organisation forte désormais de 214 adhérents dont une dizaine de distributeurs spécialisés, la moitié exerçant leur activité à 100% dans les filières biologiques. Au total, une organisation qui représente un chiffre d’affaires cumulé de 5,8 milliards d’€ en 2020.

Le rapport d’activité 2020/2021 montre les nombreuses actions concrètes menées par le SYNABIO auprès de ses adhérents afin de contribuer à « la construction d’une bio cohérente, exigeante et durable ». Cela se retrouve dans la parution au printemps 2021 d’un guide pédagogique sur la biodiversité (télécharger le Guide), le déploiement du label RSE BioED, la participation aux travaux sur le Planet-score concernant l’affichage environnemental prévu par la Loi Climat, l’assistance réglementaire auprès des entreprises (le règlement européen 2018/848 sur la production biologique s’appliquera au 01/01/22), la participation à des cellules de crise (gestion de la crise de l’ETO, oxyde d’éthylène, avec des gommes de caroube contaminées) mais aussi l’actualisation du plaidoyer en faveur des filières bio, le soutien à des événements majeurs (Congrès Mondial de la Bio à Rennes du 6 au 10 septembre 2021), la participation au projet structurant de « La Maison de la Bio » avec d’autres organisations professionnelles afin de peser davantage à l’avenir.

Mais au fait, au moment où la Commission européenne projette d’atteindre des surfaces agricoles en  mode bio dans l’UE à hauteur de 25% en 2030 (8,5% en moyenne actuellement), et où les chiffres relatifs à la bio en France pour l’année 2020 étaient toujours en forte progression (9,5% des surfaces, 13,2 milliards d’€ en consommation soit +10,4% en un an, et un panier alimentaire bio qui pèse désormais 6,5% du total – Source Agence Bio), qu’en est-il des tendances du marché français en 2021?

Une table-ronde tenue en première partie de l’Assemblée Générale sur les tendances et perspectives du marché de la bio en France a suscité interrogations et réflexions. Elle a constaté le net ralentissement des marchés bio en 2021, avec une croissance atone (+ 0,7%) pour le premier semestre selon une enquête auprès d’un panel d’adhérents, et apporté des éléments d’explication qui valent interpellations.

Anne-Sophie Bielak, Kantar, a souligné la bonne image des produits bio (environnement, santé…) mais avec un impact en baisse dans les motivations d’achat. Constituent des freins à l’achat en bio : le prix (premier critère) et le manque de promotions, l’origine quand elle ne vient pas de France, la concurrence de produits non bio de qualité, l’interrogation sur la garantie d’absence de pesticides en bio. Dit autrement, l’agriculture conventionnelle, en réalité plurielle, challenge le bio sur une partie de son socle avec ses signes de qualité (Le Label Rouge est le label le plus reconnu, devant l’AB) mais aussi désormais le « sans pesticide », « zéro résidu de pesticides », HVE…Par ailleurs le local et la proximité sont plébiscités, bio ou non. Enfin, comme l’a montré Sabine Bonnot, Itab, la production bio est interrogée sur ses réponses aux enjeux en matière de biodiversité, de climat, ses moyens de réduction de son empreinte environnementale avec des travaux à mener en matière d’analyse de cycle de vie.

Les deux distributeurs présents, Benoît Soury, Carrefour, et Pierrick de Ronne , Biocoop, ont convenu d’une altération de la différenciation des produits bio par rapport à leurs concurrents, notamment face aux « sans » tels le sans pesticide, ou le sans nitrite. En outre il existe un risque de dilution du label, les consommateurs faisant « leur marché » dans la liste des labels et des allégations; la bio agglomère moins l’ensemble des valeurs tout en gardant une image positive.

Il est trop tôt pour dire si la bio vit un nouveau tournant, comme elle en a vécu beaucoup d’autres. Mais les consommateurs post-Covid ont visiblement changé leurs modes d’achat, ils questionnent les produits bio sur leurs promesses. En réponse il y a des écueils à éviter et notamment préserver la force collective du logo bio, ne pas développer de communication anxiogène mais au contraire pratiquer la différenciation positive. Et promouvoir le local, la culture de proximité…à bon prix.

Avec la rose, il y a des épines.