GREEN DEAL : La PAC, l’addition et le service ?Publié le 3 décembre 2020 par Yves LE MORVAN

Green Deal -Colloque FC2ALa FC2A vient le 27 novembre 2020 de tenir en distanciel (Plus de 400 connexions !) son colloque annuel sur le thème « Green Deal, ambitions et perspectives » pour notre agriculture. Un moment fort pour cette confédération qui représente plus de 1.000 entreprises de négoce et de commerce agricole et alimentaire, pour 25.000 salariés. Des entreprises trop souvent cataloguées dans l’amont agricole, alors qu’elles ont un impact et créent de la valeur tout au long de la chaîne alimentaire. La PAC est leur quotidien.

 

La réforme de la PAC arrive à son terme, il est possible d’espérer une conclusion au printemps 2021 à l’issue du «trilogue » entre les institutions communautaires, avec une application en 2023. Les mêmes institutions étant désormais d’accord pour le financement des 2 années intermédiaires 2021 et et 2022 entre l’actuelle et la future PAC. On connaît les grandes caractéristiques de son évolution : Un renversement de la construction concrète puisque chaque Etat propose un Plan Stratégique National à la Commission qui en vérifie la conformité européenne, une architecture verte renforcée, un budget proche du consensus, et in fine, la France vigilante mais globalement en ligne avec les grandes orientations.

 

Alors, y-aurait-il un loup ? En fait la PAC, comme toutes les autres politiques, est désormais subordonnée au projet stratégique général du Green Deal présenté par la Présidente de la Commission européenne, qui lui a valu l’élection des parlementaires après sa candidature mise en avant par les États. La PAC étant une politique particulièrement intégrée, et par nature concernée, les conséquences de ce Green Deal y sont d’autant plus concrètes, même s’il faut bien reconnaître qu’il vaut pour toutes les politiques.

 

L’addition des propositions de la Commission en matière de climat (-55% par rapport à 1990 d’ici 2030), de biodiversité et de chaîne alimentaire (réductions très forte des utilisations d’intrants, 25% de surfaces en bio en 2030, 10% des terres sorties de la production…) posent toutes des orientations que les citoyens pourraient souhaiter, il faudrait toutefois leur expliquer les conséquences. Par contre le modus operandi, la possibilité d’utiliser le potentiel de l’innovation, le calendrier, la construction de valeur, l’analyse des marchés, les conséquences sur les prix…Tout cela se fait attendre dans une étude d’impact qui honorerait la Commission et ferait vivre la démocratie. Les différents participants aux tables-rondes du Colloque (dont les métiers de Collecte/approvisionnement, expédition des fruits et légumes, commerce du bétail, vente des pommes de terre fraîches, Import/export international…) ont donc à la fois souligné les avancées et contributions de leur filière pour une transition positive, et la part d’injonctions sociétales non encore calculées. Seul l’USDA a aujourd’hui fait ses propres estimations des conséquences agricoles du Green Deal, et elles font froid dans le dos : Baisse de production au-delà de 10%, hausse des prix de l’alimentation, déséquilibre de marchés mondiaux.

 

Faut-il payer le service ? Que la Commission propose enfin une étude générale d’impact en matière économique et sociale du Green Deal dans sa globalité. Les entreprises du commerce pourront alors pratiquer ce qu’elles savent faire, l’économie du concret.