Agridées

Site non disponible sur ce navigateur

Afin de bénéficier d'une expérience optimale nous vous invitons à consulter le site sur Chrome, Edge, Safari ou Mozilla Firefox.

Retour à la liste des contenus

Points de vue

Temps de lecture : 5 min

01/04/2022

Intégrer la santé économique à One Health

Plusieurs millions de volailles ont dues être abattues en France pour juguler l’épidémie actuelle d’influenza aviaire. Cette infection virale est hautement contagieuse, entre avifaunes migratrice et d’élevage. Ne pouvant agir sur les espèces libres, nous n’avions que la solution du dépeuplement élargi des élevages touchés.

Afin d’être efficace dans le temps, ce dépeuplement nécessite le respect des règles de biosécurité par tous les acteurs : confinement des cheptels sains, surveillance reposant sur les principes de la Marche en Avant[1], protection des mangeoires et des abreuvoirs, protection des stocks d’aliments.

Actuellement, les moyens pour prévenir et lutter contre le virus sont très limités, puisqu’il n’existe aucun traitement et que la vaccination est interdite : en effet, elle ne permet pas de distinguer les individus vaccinés des individus infectés.

 

Les épidémies récurrentes d’influenza aviaires obligent à une analyse élargie. De fait, les dimensions sanitaires et sociales sont étroitement liées sur un même territoire. La dégradation de l’une, au profit ou au détriment de l’autre, peut mettre en danger la facilité d’accès à une alimentation en quantité et en qualité suffisantes.

 

Ce récent dépeuplement aviaire donne une cartographie des trois santés (animale, humaine et environnementale), dites One Health. Les impacts de l’épidémie sont de nature sociétale, économique, sanitaire et territoriale.

 

A titre d’illustration, l’utilisation des œufs dans l’industrie agroalimentaire et en restauration collective impose une garantie bactériologique très élevée[2] et il est recommandé d’avoir recours aux ovoproduits pasteurisés ou déshydratés.

 

Là intervient la casserie d’œufs, industrie agroalimentaire qui permet d’obtenir des ovoproduits : les blancs et les jaunes sont séparés, filtrés, puis pasteurisés, voire déshydratés avant d’être expédiés. Les coquilles sont récupérées pour être utilisées en amendement des sols afin de produire l’alimentation nécessaire à la filière avicole.

 

L’Ouest de la France est une grande zone de production aviaire liée à son histoire agricole et à sa géographie, ainsi le périmètre économique du territoire se dessine. Sans production aviaire, l’économie du territoire représentant des milliers d’emplois, devient exsangue.

 

En perdant leur matière première, les industries agroalimentaires ne peuvent fonctionner. Sans production pas de ventes. Sans ventes pas de salaires. Sans salaires, One Health s’effondre. Le dépeuplement humain guette alors le territoire.

 

Que faire ? Repenser ou subir ? Subir c’est accepter qu’à Noël il y aura la trêve des pâtissiers, faute d’ovoproduits disponibles. Repenser c’est intégrer la santé économique à One Health.

 


[1] Qui consiste à ne jamais revenir sur ses pas en élevage

[2] Note de Service du 07/08/2006 du ministère de l’agriculture et de l’alimentation DGAL/SDSSA/N2006-8200