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Points de vue

Temps de lecture : 2 min

08/09/2026

« Souveraineté alimentaire : le choc de l’été 2026 »

L’été 2026 restera longtemps dans la mémoire collective comme celui de tous les excès et de tous les superlatifs. Une sécheresse qui s’éternise, pire qu’en 1976. Des records de chaleur à répétition, pire qu’en 2003. Des feux de forêt géants, aux portes de nos villes, des populations évacuées et des maisons brûlées, pire qu’en 2022.

Jamais non plus les récoltes n’auront été aussi précoces. Si les céréales d’hiver et les colzas, moissonnés tôt, ont été relativement épargnés, la situation est bien plus préoccupante pour de nombreuses autres productions. Les cultures de printemps – maïs et tournesol – ont souffert, tout comme, plus encore, les fruits et légumes, pour lesquels les coups de chaleur cumulés au manque d’eau auront été fatals. Pour les pommes de terre et les betteraves, les perspectives ne sont guère plus optimistes. Quant aux éleveurs, ils ont déjà dû entamer les réserves de fourrages prévues pour l’hiver.

Dans ce contexte particulièrement difficile, la loi d’urgence agricole, enfin votée et promulguée, apporte une petite bouffée d’oxygène dans un océan d’inquiétude. Car les entreprises agricoles, comme toutes les autres entreprises, ont besoin, pour vivre et se développer, d’un environnement favorable, stable et sûr.

Pourquoi continuer à nous imposer des contraintes franco-françaises alors qu’une part toujours croissante de notre alimentation est achetée à des concurrents, européens ou non, qui se gardent bien de s’appliquer les règles et les normes qui entravent notre propre capacité à produire ?

Derrière cette question se joue celle, essentielle, de notre souveraineté alimentaire. « Un pays qui n’est pas capable de se nourrir n’est pas un grand pays » aurait dit un jour le Général De Gaulle.

Et cette souveraineté passe nécessairement par une autre question devenue centrale : celle de l’eau. Bien plus qu’une marchandise gratuite ou qu’une ressource naturelle qui serait injustement accaparée par les agriculteurs, l’eau est avant tout une composante essentielle de notre alimentation. Elle est même une forme d’assurance-vie : la garantie de notre autonomie alimentaire. Pas d’eau, pas de nourriture.

Après avoir connu un hiver, paraît-il, parmi les plus arrosés depuis soixante ans, suivi d’une sécheresse estivale inédite, certains s’offusquent encore que l’on puisse envisager de stocker de l’eau. Éviter que nos rivières débordent lorsqu’il pleut trop et disposer de ressources pour irriguer lorsque l’eau vient à manquer : et si c’était cela, tout simplement, le principe de précaution ?

Alors que l’été 2026 s’éloigne, sans grands regrets, la rentrée s’annonce particulièrement riche pour Agridées. Plus que jamais, nous comptons sur votre participation nombreuse pour nourrir et faire avancer nos travaux de réflexion.

Les sujets ne manquent pas : autonomie énergétique des territoires, enjeux des ressources humaines en agriculture, apports de l’intelligence artificielle pour le monde agricole ou encore défis auxquels sont confrontées les filières agricoles des zones intermédiaires fragilisées.

Et, pour ouvrir cette nouvelle saison de réflexion et de débats, je vous donne rendez-vous le 24 septembre prochain pour notre conférence de rentrée, consacrée à une question particulièrement délicate et stratégique : celle de l’éventuelle intégration de l’Ukraine dans l’Union européenne.

Bonne rentrée à tous !