Bioéconomie : entreprises agricoles et société, une urgence partagée Publié le 23 octobre 2018 par agriDées

 

La bioéconomie est l’économie biosourcée, qui produit, valorise, transforme la biomasse dans des démarches d’économie circulaire et en générant de nouvelles chaînes de valeurs.

La bioéconomie est un système qui décloisonne et crée des synergies entre les filières agricoles, forestières et d’autres industries (telles que l’énergie) pour mieux valoriser la biomasse. Championne des « en même temps », la bioéconomie se doit de faire des arbitrages entre les différentes possibilités de valorisation et transformation de la biomasse.

Ce doit être l’objet des stratégies et politiques publiques européennes, nationales et régionales, aujourd’hui foisonnantes faute d’objectif clair. La compétitivité économique des acteurs doit être le premier objectif afin qu’ils s’y engagent. Suivent la durabilité environnementale (lutte contre le changement climatique, gestion des déchets en particulier) et la durabilité sociale (liens entre les acteurs des territoires et les consommateurs).

L’agriculteur, en tant que chef d’entreprise agricole, est un maillon fort de la bioéconomie. Producteur de produits et d’énergie biosourcés par nature, ses actions doivent être encouragées, notamment en rémunérant ses actions à l’aide de Paiements pour Services Environnementaux (PSE). Ceux-ci pourraient être financés par des entreprises dans le cadre de leur Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE), ou par les collectivités locales. La bioéconomie implique de nombreuses innovations, non seulement technologiques, mais aussi organisationnelles : créer des plateformes régionales, nationales et européennes, réunissant les acteurs de la recherche, de la production, de la transformation de la biomasse et ceux de la consommation de produits et services biosourcés, est indispensable. Pour que la bioéconomie devienne plus efficace, il est urgent de lever certains freins réglementaires et de changer d’échelle pour valoriser de plus grandes quantités de coproduits.

 

NOS PROPOSITIONS

 

1. Connecter et mieux accompagner les acteurs des territoires

Pour les Conseils régionaux, les Chambres d’Agriculture, de Commerce et d’Industrie, créer des
plateformes accueillant les acteurs de l’offre et de la demande en produits et services biosourcés. Mettre en place un jeu d’indicateurs et un arbre de décision pour aider ces acteurs dans leurs choix de valorisation de la biomasse. Choisir des produits biosourcés différenciants qui répondent à d’autres demandes que leurs alternatives issues du carbone fossile.

 

2. Rémunérer via les PSE les agriculteurs qui s’engagent dans la bioéconomie

Rémunérer les chefs d’entreprise agricole pour leur engagement dans la bioéconomie à l’aide de Paiements pour Services Environnementaux (PSE) provenant d’entreprises privées dans le cadre de leurs démarches de Responsabilité Sociétale d’Entreprise ou de collectivités locales.

 

3. Stimuler l’innovation à l’aide d’outils dédiés

Créer un réseau de living labs et une programmation de recherche dédiés à la bioéconomie dans le budget des instituts techniques agricoles. Stimuler l’innovation des entreprises en nouvelles solutions biosourcées (biostimulants, biocontrôle, fertilisants biosourcés) à l’aide du Crédit d’Impôt
pour la Recherche. Mettre en place une nouvelle Association de la Chimie de l’Animal sur le modèle de l’Association Chimie Du Végétal (ACDV).

 

4. Changer d’échelle en levant les freins réglementaires

Adapter la réglementation des Installations Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE) pour lever les freins en termes de gestion des déchets. Changer le statut de déchets à coproduits pour les matières telles que les digestats de méthaniseurs et certaines matières issues des industries agroalimentaires.

 

 

Note de think tank - Bioéconomie
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Note d'analyse Bioéconomie version courte
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