3 questions à
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11/02/2026
Jérôme Despey Président du CENECA, du Salon International de l’Agriculture et du SIA’PRO
SIA’PRO publie son premier Observatoire des Tendances de l’Innovation Agricole. Ce support aborde les enjeux du secteur au prisme des solutions et des innovations pour repenser sa stratégie d’entreprise, se diversifier et anticiper les changements, coupler agronomie et technologies pour mieux produire tout en vivant bien, ensemble, dans et avec son territoire. Cet Observatoire présente un panorama de la dynamique agricole, tout en bénéficiant de conseils d’experts.
Décryptage avec Jerôme Despey, président du CENECA, du Salon International de l’Agriculture et du SIA’PRO.
1/ Quelle est la vocation spécifique de SIA’PRO : montrer l’agriculture de demain, répondre aux besoins immédiats des agriculteurs, ou faire le lien entre les deux ?
SIA’PRO a précisément été pensé pour faire le lien entre ces deux dimensions. Notre vocation n’est pas de projeter une agriculture idéalisée ou hors sol, mais de partir des réalités très concrètes des agriculteurs pour leur donner accès à des solutions immédiatement activables, tout en les aidant à anticiper les transitions à venir.
En synergie avec le Salon International de l’Agriculture, SIA’PRO est le rendez-vous 100 % professionnel, centré sur le concret, les usages et les décisions. C’est un salon qui éclaire, qui outille et qui accompagne, quels que soient la filière, le territoire ou la taille de l’exploitation. À chaque agri, sa solution : c’est cette promesse qui guide SIA’PRO.
2/ Pourquoi avoir créé un Observatoire des tendances de l’innovation agricole, et à quels besoins concrets du monde agricole répond-il ?
Nous avons créé cet Observatoire parce que l’agriculture est aujourd’hui un laboratoire d’innovations et un miroir des grandes transitions économiques, environnementales et sociales.
Cet Observatoire vient répondre à un besoin de lisibilité et de compréhension dans un contexte agricole souvent perçu comme complexe ; l’agriculture est aujourd’hui traversée par de profondes mutations, qui intéressent évidemment les professionnels, mais aussi le grand public, les journalistes, et l’ensemble des acteurs qui s’intéressent à l’avenir de nos systèmes agricoles. L’Observatoire a été pensé comme un document accessible, pédagogique, capable de mettre en lumière les grandes tendances de l’innovation agricole en donnant des clés de lecture claires et concrètes. Il permet de mieux comprendre ce qui se joue réellement dans les exploitations, au-delà des idées reçues, en montrant une agriculture en mouvement, ancrée dans le réel.
Il fait également le lien direct avec le SIA’PRO : les conférences, tables rondes et temps d’échanges du salon viennent approfondir, illustrer et incarner ces tendances, en donnant la parole à des experts, des entreprises et des acteurs de terrain. L’Observatoire est ainsi à la fois un outil de décryptage et un fil conducteur du salon, qui structure les débats et met en perspective les solutions présentées sur place.
3/ Comment définissez-vous l’innovation agricole dans cet Observatoire : s’agit-il uniquement de technologies, ou intégrez-vous les innovations organisationnelles, sociales et économiques ? Quelles sont les grandes tendances qui se dégagent de cette première édition : numérique, robotique, transition énergétique, gestion de l’eau, santé des sols, adaptation au changement climatique ?
Nous avons volontairement une définition large et transversale de l’innovation agricole. Elle ne se limite absolument pas à la technologie, même si le numérique, l’IA ou la robotique en font évidemment partie.
L’innovation ne se limite pas à la technologie : elle passe aussi par de nouveaux modèles économiques, des organisations collectives, des stratégies de diversification, de financement ou de commercialisation, et par des innovations sociales et territoriales.
Ce Observatoire met en lumière 12 tendances majeures qui traduisent cette diversité autour de plusieurs axes, dont :
- le numérique au service des circuits courts et de la décision,
- la robotique et l’IA au service du bien-être animal et de l’éleveur,
- la gestion de l’eau et de la fertilité biologique des sols,
- l’adaptation au changement climatique à travers de nouvelles cultures ou pratiques,
- la transition énergétique, notamment l’autoconsommation collective,
- mais aussi les enjeux de financement, de diversification para-agricole et de relations avec les territoires.
Toutes ces tendances sont traversées par des défis communs : la rentabilité, la transmission et l’adaptation au réchauffement climatique.
4/ Si vous deviez résumer en une phrase ce que révèle cet Observatoire sur l’agriculture française aujourd’hui, quelle serait-elle ?
L’Observatoire révèle une agriculture française en pleine mutation, lucide sur ses contraintes, mais profondément créative, pragmatique et engagée dans la recherche de solutions durables, économiquement viables et adaptées aux réalités du terrain.

Et découvrez l’article de Gabrielle Dufour, Responsable Énergies et Durabilité des Systèmes, intitulé « L’autoconsommation collective progresse sur les territoires ».