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Temps de lecture : 3 min

17/12/2021

Congrès 2021 de La Coopération Agricole : pour une croissance confiante

La Coopération Agricole a tenu son congrès annuel le 15 décembre 2021, en organisation digitale, sur le thème « Alimentation et société : quel pacte pour demain ? ». La veille, le président Dominique CHARGÉ avait tenu une conférence de presse qui donnait le ton en émettant, dans la perspective des élections présidentielles, un ensemble de constats et de propositions au sein d’un document intitulé « Produire local, Agir global – Pour une souveraineté alimentaire par une croissance responsable ».

 

Deux sujets ressortent avec force des débats :

  • Celui de l’objectif réaffirmé de la production et, fondamentalement, de la fonction nourricière de l’agriculture, avec la volonté de produire plus, mieux et durable ;
  • Et celui de la construction de la confiance, au sens large, vis-à-vis de l’Etat, du Droit, de la Science mais aussi au sein des coopératives, entre opérateurs de la chaîne et bien entendu avec les consommateurs et la société. Avec les fameuses injonctions contradictoires sociétales.

Une première table-ronde intitulée « Produire de qualité : du rêve à la réalité » a débuté avec les résultats d’un sondage qui interpelle. Parmi les personnes interrogées à propos du lien entre manger local et produire local, autrement dit de l’acceptation des quelques « contraintes » de voisinage avec l’activité agricole, 74% ont répondu positivement en assumant la cohérence du manger local avec le produire local, 26% restent dans leur tour d’ivoire et souhaitent majoritairement manger local sans relation avec la production telle qu’elle est dans la vie réelle. Sur la base de ces constats un débat s’est tenu sur le poids des normes, les difficultés de création de valeur, la pluralité des objectifs sociétaux…et la nécessité du dialogue. D’ailleurs entre La Coopération Agricole soulignant que la baisse des prix ne constitue pas une finalité, et une association de consommateurs (CLCV) répondant que la hausse des prix n’est pas une fatalité, il y a eu dialogue ! Hervé PILLAUD en a ainsi conclu qu’il faut « consommer local mais produire global ».

Une seconde table-ronde s’est intéressée au thème « Produire durable : assumer les contradictions ». Là aussi un sondage a donné le « la « de la pensée de nos concitoyens pour qui, à 40%, la science n’est pas un atout pour produire durable. Dit autrement, la science a partie liée avec une image négative de productivisme. Un lien de confiance doit donc être rétabli entre agriculteurs et consommateurs, par la pédagogie, alors que le plus souvent la surtransposition normative française (Gaspard KOENIG-Philosophe) ou les délais d’application très courts de nouvelles lois (AGEC par exemple) mettent du sel sur les plaies. Le rôle du Législateur devrait être d’assurer la compétitivité et de soutenir l’innovation (Sophie PRIMAS-Sénatrice).

 

La conclusion du Congrès s’est déroulée sous forme d’un échange entre Dominique CHARGÉ et le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Julien DENORMANDIE. Le premier a acté la nécessaire transformation du modèle économique des coopératives dans un monde qui change, tout en posant la question des signes de confiance à recevoir dans ce moment de transition. Il a par ailleurs annoncé la création d’un Comité des parties prenantes afin de mieux répondre aux attentes fragmentées de la société. Le second a reconnu que « notre société a perdu la notion de valeur de l’alimentation » et qu’une bonne partie des injonctions contradictoires des consommateurs provient de cette situation, notamment due à la LME. Le rôle des Pouvoirs Publics est de « libérer, favoriser la création de valeur et de la croissance », par l’innovation, la science, l’investissement. Il a souligné les relations de confiance entre La Coopération Agricole et son ministère. Mais il a aussi tenu à rappeler face aux critiques de surtransposition ou d’excès réglementaires que le Droit est également produit par la jurisprudence (cf. les décisions du Conseil d’Etat sur les ZNT ou Natura 2000…), ou quand les filières démontrent leur incapacité à prendre en charge solidairement les évolutions (broyage des poussins mâles par exemple), si ce n’est même à jouer collectif (Egalim 1 suivi d’Egalim 2).

 

On pourrait dire, la confiance est une exigence à partager. Un bon thème de congrès coopératif.