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Temps de lecture : 2 min

04/11/2021

Institut Montaigne : Voyage dans l’agriculture de demain

L’Institut Montaigne vient opportunément de dévoiler le 28 octobre 2021 un rapport intitulé « En campagne pour l’agriculture de demain ». C’est la première fois depuis 15 ans que ce think tank élabore des réflexions sur l’agriculture, en l’occurrence la souveraineté alimentaire durable, signifiant ainsi l’importance du moment et des enjeux. Agridées a fait partie des organisations consultées durant les travaux.

Il ne serait pas raisonnable de chercher à synthétiser un opus de 180 pages. Le Groupe de Travail, sous la houlette se son président l’ancien ministre de l’Agriculture Hervé Gaymard, après avoir souligné que l’agriculture devient un sujet grand public tant son impact est majeur concernant de nombreuses évolutions de notre société, propose de s’attaquer à six grands chantiers :

-La cohérence des politiques publiques, et notamment entre la PAC et la politique commerciale ;

-La compétitivité des filières agricoles ;

-Le revenu agricole, notamment par la diversification, et l’attractivité des métiers;

-L’accès et la durabilité des facteurs de production ( foncier, eau, innovation…);

-L’accompagnement aux modes de production durable;

-La transition alimentaire;

Le tout pour redonner un cap et du souffle à une politique agricole durable dont la France peut être un porte-drapeau.

Avant de s’adonner à l’étude détaillée de ce rapport qui fourmille de données et donne un cap, trois points d’intérêt, choisis subjectivement, pourraient contribuer à lancer le questionnement des futurs lecteurs :

-La stratégie « Farm to fork » dans laquelle s’imbriquera la nouvelle PAC vise à la décarbonation globale des activités. Son impact décroissant sur l’agriculture constitue un sujet de débats et de controverses. L’application à la Ferme Europe permettrait à cette dernière de réduire ses émissions de GES de 29% a priori, en réalité seulement de 15% du fait de la hausse des importations avec leur composante carbone. Attention aux effets antagonistes des politiques.

-La démographie agricole et le renouvellement générationnel constituent un profond défi. Un agriculteur français sur deux partirait en retraite dans les dix ans, d’ores et déjà un agriculteur sur quatre quitte sans remplaçant. Les anciennes idées de productivité devraient peut-être être réanalysées à l’aune de l’attractivité des métiers (dont les revenus). la France agricole manque de bras, les compétences devraient pouvoir être réassurées tout au long de la vie. Le capital humain trop absent des nombreux discours sur les transitions ?

-La transition alimentaire est certes une affaire d’évolution de l’offre, d’innovation, de pratiques durables, d’information aux consommateurs. C’est aussi une question de régulation et d’organisation, parfois de prix. Et tout ce qui facilite la reconnaissance et la diversification des revenus agricoles est bon. Il faudra mettre un « s » à création de valeurs.

La France va exercer la présidence de l’Union européenne au premier semestre 2022. Avec ce rapport en miroir elle dispose d’un viatique supplémentaire.

Bonne lecture à tous.