La Distribution responsable s’affichePublié le 19 octobre 2017 par Yves LE MORVAN

Patrick Bernasconi, Président du CESE

Le regard porté sur la Grande Distribution n’est pas toujours amène. Aussi il est intéressant de mettre en lumière les actions des enseignes en matière de RSE, et plus éclairant encore d’en mesurer les résultats. La Fédération du Commerce et de la Distribution (FCD) et la Chaire Grande Consommation de l’ESSEC, avec l’appui de PWC, ont présenté le 17 octobre 2017 au CESE la 3ème édition des indicateurs RSE collectés par l’Observatoire de la Distribution responsable. Le rapport 2017 comprend l’évolution des données 2014-2016 tant en matière d’engagements sociétaux qu’environnementaux ou de politique sociale.

Les 7 enseignes participant à l’Observatoire (Auchan, Carrefour, Casino, Cora, Metro, Monoprix, Système U) affichent des résultats sur 2 ans qui soulignent l’impact de la politique de RSE dans les entreprises, tant dans le management interne que dans le vivre ensemble sociétal. Ainsi en matière environnementale elles ont réduit de 7% la consommation d’eau par m2 de surface de vente, ou de façon plus critique abaissé de 43% les émissions de CO2 liées aux fluides frigorigènes. En matière sociale la Distribution montre sa singularité, avec une hausse de 8% des effectifs, 88% des salariés en CDI, et 1/3 des cadres issus de la promotion interne. En matière sociétale, par exemple 149 millions de repas ont été offerts en 2016 aux associations d’aide alimentaire d’urgence.

Dans l’esprit de tous, « Grande Distribution » rime avec « consommation et alimentation ». Sur ce plan le rapport confirme deux grandes tendances pour les enseignes, l’explosion du bio et le renforcement des liens avec les PME et le territoire. Ainsi, de 2014 à 2016, l’augmentation  du nombre de références bio est de 40%, et de 11% pour les références issues du commerce équitable. De même, au titre de 2016, il est constaté que 84% des références de marques distributeurs (MDD) sont issues de PME, dont 77% sont françaises.

Ces tendances sont inscrites également dans les réalités de la consommation des PGC et produits frais sur les 9 premiers mois de l’année 2017 selon Vincent Cornu, Directeur chez Nielsen. Sur cette période la valeur de ces ventes alimentaires a crû de 1,1%, non pas pour des raisons de volume, ou démographiques, mais grâce au mix produit. Le bio et le territoire prennent toute leur place dans la composition de cette croissance, tirée par l’ouverture de nouveaux magasins et le drive.