Exportation du blé français, premier bilan de la campagne 2018/2019Publié le 24 juillet 2019 par Yves LE MORVAN

agridées

Les chiffres de la campagne 2018/2019 en blé tendre, principale céréale produite en France, ne sont pas encore définitifs mais les prévisions proposées par FranceAgriMer en juillet 2019 se rapprochent d’un bilan final. Les volumes exportés s’avèrent satisfaisants, à 17,4 MT en grains, comme l’an passé. Cependant l’évolution de la concurrence sur « nos » marchés, la structuration de notre portefeuille d’acheteurs et le déroulement de la campagne méritent l’analyse. France Export Céréales, lors de sa journée du 20 mars 2019 s’était déjà posé la question « Campagne 2018/2019 : répit ou trompe l’œil ? ».

 

 

A partir d’une collecte très moyenne en volume, 31,4 MT, mais bonne en qualité, la France aura donc exporté sur la campagne 2018/2019 qui vient de s’achever 17,4 Mt de blé tendre en grains, soit l’équivalent de la campagne 2017/2018. Il faut remarquer que les exportations vers les pays-tiers retrouvent un certain lustre à 9,7 MT, soit +20%, alors que les ventes vers l’Union européenne faiblissent à 7,6 MT, soit -18,5%. Les ventes vers les pays-tiers se sont animées tardivement, plus encore que d’habitude.

 

Dans un marché mondial en croissance tendancielle, l’offre concurrentielle s’est affirmée. La Russie est le leader mondial, seul pays pouvant prétendre vendre 35 à 40 MT de blé à l’exportation, soit 10 à 15 MT de plus que les autres principaux exportateurs. L’Ukraine est désormais bien présente également, l’Argentine réapparait…mais en outre, face à la France dont les volumes stagnent, la concurrence communautaire se densifie. Roumanie, Bulgarie, Hongrie, Pays Baltes…Allemagne hors aléa climatique de l’an passé, mais qui désormais est à l’abri des phénomènes climatiques ?, renforcent leur présence sur des marchés que la France recherche, par exemple en Italie.

 

Face à cette concurrence accrue, la France a notamment répondu par une concentration remarquée de ses exportations. Vers les pays-tiers (9,7 MT au total) l’Algérie représente 5,4 MT, le Maroc 1,3 MT, l’Egypte 0,5 MT. Vers l’Union européenne (7,6 MT au total) le Bénélux représente plus de 4 MT. Cette concentration des ventes françaises a finalement été une réussite en 2018/2019, cependant il n’échappe à l’esprit de personne que cela porte également les germes d’une fragilité future.

 

Les efforts de la filière céréalière française pour mieux segmenter son offre qualitative et répondre aux souhaits technologiques des clients, mieux organiser les relations commerciales et logistiques entre les différents opérateurs de la chaîne céréalière, renforcer sa présence sur un panel élargi de marchés sont encore à venir. L’Interprofession contribue à cette prise de conscience collective, France Export Céréales éclaire le débat (Cf l’intervention conjointe de Rémi Haquin et de Margaux Verdier « Trouver une place dans le nouveau contexte de marché », journée du 20/03/19). Pour garder bon pied, bon œil à l’avenir.

 

Pour réflexion : Voir la note “Filière céréalière française : construire une stratégie d’exportation” publiée en janvier 2019.

 

 

 

Annexe : Intervention France Export Céréales (20/03/2019)

 

France Export Céréales 2019
1.5 MiB
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