France Export Céréales : 12e Journée EXPORTPublié le 30 mars 2021 par Yves LE MORVAN

France Export CéréalesFrance Export Céréales a organisé le 24 mars 2021 sa journée annuelle d’information sur le thème « Une filière réactive, à l’écoute de ses clients ». C’était le moment pour son Président, Philippe HEUSELE, de revenir sur le déroulement de la campagne 2019/20, très impactée à partir de mars 2020 par la crise COVID-19 et les mesures prises de confinement. Et d’analyser ensuite le profil de la campagne 2020/21, avant de se projeter vers l’avenir avec l’appui de Sébastien ABIS.

 

En 2019/20 à partir d’une production record en céréales à paille, la France a montré son savoir-faire  en commercialisant plus de 34 Millions de Tonnes (MT) de céréales à l’exportation (dont 21 MT en blé tendre), tant vers les pays-tiers que vers l’Union européenne. Et au total 36 Millions de tonnes avec les produits de première transformation. Il faut souligner que de mars à juin 2020, en pleine crise de la COVID, dont personne n’avait imaginé la violence, 8,3 MT de blé tendre sur le total de 21 MT ont pu être  exportées, au grand soulagement de pays importateurs qui craignaient des ruptures de logistique. A l’identique de ce qui s’est passé alors sur le marché intérieur, toutes les composantes de la filière céréalière ont tenu leurs engagements internationaux, accréditant la confiance mise en elle.

 

La campagne en cours 2020/21 présente une similitude avec la fin de la précédente, la crise COVID perdure et les opérateurs savent s’organiser. Par contre les disponibilités sont très inférieures en céréales à paille qui ont été affectées par des aléas climatiques, la production de blé tendre étant amputée de 10 MT, étant passée de 39 à 29 MT. Les deux maîtres mots sont constance et confiance. Constance car même avec un disponible réduit la filière française est restée présente sur ses marchés clés dans les pays tiers : Maghreb, Afrique sub-saharienne, Egypte, Chine…Confiance car elle y a entretenu son capital confiance auprès de pays importateurs qui ont besoin de visibilité dans leur approvisionnement.

 

Cependant les volumes sont une chose, l’adaptation des qualités aux usages une autre.  Yann LEBEAU (Bureau de Casablanca, France Export Céréales -FEC) a ainsi souligné la nécessité d’une offre segmentée pour l’Afrique sub-saharienne du fait de la multiplicité des utilisations (beignets, pizzas, pâtes…et bien sûr baguettes). Roland GUIRAGOSSIAN (Bureau du Caire, FEC) a insisté sur la teneur en protéines et le gluten humide pour intéresser les importateurs privés égyptiens. LI Zhao Yu (Bureau de Beijing – FEC) a requis l’attention des exportateurs à propos des aspects sanitaires pour la Chine qui, à ce stade, constitue le principal marché du blé français hors UE. Autre exemple, cette fois dans l’Union européenne, les semouliers italiens ont rappelé leurs demandes d’un blé dur « sans pesticides ».

 

Et l’avenir ! Comment la France peut-elle demeurer un grand pays exportateur de blé ?

Bien entendu la future PAC aura un impact déterminant sur des aspects structurants de l’offre: les volumes et les qualités de la production. Néanmoins d’autres éléments stratégiques doivent se lire chez les pays importateurs : démographie, géopolitique et organisation économique intérieure. Ainsi le boom démographique de l’Afrique sub-saharienne entraîne une forte croissance de la consommation – 5% par an – et un important développement des capacités de la meunerie, multipliées par deux entre 2010 et 2020. De même peut-on relever le souhait géopolitique des acheteurs du sud de la Méditerranée de préserver un éventail de fournisseurs afin de ne pas se lier avec la seule Russie. Enfin le basculement, certes lent mais progressif, d’acheteurs publics vers des importateurs privés modifiera les conditions d’achat.

 

Philippe HEUSELE en a conclu que l’exportation n’est pas un débouché mais une somme de marchés, qui demandent à être écoutés en tant que clients, avec des souhaits de présence continue et d’échanges technologiques. France Export Céréales y prouve toute son utilité.

 

L’exportation de céréales, un point fort de l’économie française, à condition de rester compétitif.

 

Le Colloque s’est achevé avec une intervention de Franck RIESTER, Ministre du Commerce extérieur et de l’Attractivité, qui a vanté les résultats à l’exportation de la filière céréalière, son apport au commerce extérieur, et a souligné que « acheter français, c’est acheter durable ».

 

Pour en savoir plus : 

Voir le replay de la journée : https://www.youtube.com/watch?v=DwLm5ni6Cfc